Dimanche 17 novembre 2019 | Dernière mise à jour 23:32

Liban Nombreuses routes bloquées à Beyrouth

La colère des Libanais contre le gouvernement, qui dure depuis cinq jours, continue ce lundi. De nombreuses routes sont coupées dans le pays.

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Confronté à une mobilisation populaire sans précédent, le gouvernement libanais tente de reprendre la main, lundi, en s'attelant à des réformes. Mais sa tâche s'annonce ardue tant la colère est grande contre une classe politique qui a laissé couler le pays.

Alors que les rues du Liban résonnent depuis cinq jours des chants des manifestants exprimant leur ras-le-bol dans un élan d'unité jamais vu, un conseil des ministres extraordinaire a débuté en présence du premier ministre Saad Hariri et du président Michel Aoun. L'objectif, selon la presse libanaise, est de susciter un choc en promettant la mise en œuvre de réformes rendues impossibles durant des années par les divisions et les bisbilles politiciennes.

Pendant ce temps, le quotidien a continué de se dégrader pour les Libanais, toujours confrontés à d'incessantes coupures d'eau et d'électricité trente ans après la fin de la guerre civile (1975-1990).

Le journal francophone «L'Orient Le Jour» a résumé l'enjeu de la réunion: «Ce plan qui prévoit en principe des mesures concrètes et rapides suffira-t-il à calmer les protestataires et les pousser à rentrer chez eux?» Pour le quotidien anglophone «The Daily Star», «le Liban est face à deux options: les réformes ou le précipice». «Le peuple écrit l'histoire», assure de son côté le journal «Al-Jomhouriyya».

Routes coupées

Les contestataires semblent en tout cas plus déterminés que jamais. Lundi matin, des manifestants ont coupé de nombreuses routes à travers le pays pour empêcher les employés d'aller au travail, tandis que les appels à descendre dans la rue se multipliaient sur les réseaux sociaux. Banques, universités et écoles sont restées fermées, paralysant à nouveau le pays.

Dimanche, ils étaient des centaines de milliers dans les rues de tout le pays, du sud à majorité chiite aux villes chrétiennes ou druzes de l'est.

Dans une ambiance festive, le centre de Beyrouth est resté noir de monde jusque tard dans la nuit. La foule scandait en dansant ses slogans favoris, en premier lieu «Révolution, révolution!» repris du Printemps arabe.

Également très repris, un autre se veut tout aussi menaçant: «Tous, cela veut dire tous!» Une manière de signifier que l'ensemble de la classe politique doit être remplacée et que des mesures sans portée ne suffiront pas.

«Très injuste»

Selon des sources gouvernementales, le plan concocté par Saad Hariri a reçu dimanche l'approbation des partis de la coalition gouvernementale, dominée par le Mouvement patriotique libre proche de Michel Aoun et le Hezbollah pro-iranien. Le premier ministre avait menacé vendredi de manière voilée de démissionner en cas d'échec mais, selon la presse libanaise, Paris et Washington sont montés au créneau pour l'en dissuader.

Parmi la vingtaine de mesures attendues, le gouvernement devrait promettre de ne plus imposer de nouvelles taxes et de lancer un important programme de privatisations pour tenter de relever des infrastructures déliquescentes.

En ouvrant la réunion du gouvernement, Michel Aoun, dont le gendre, le chef de la diplomatie Gebran Bassil, est particulièrement conspué par les manifestants, a reconnu que les manifestants exprimaient «la douleur du peuple» mais jugé «très injustes les accusations de corruption généralisées». (ats/nxp)

Créé: 21.10.2019, 12h31

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