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Syrie Pas d'enquête de l'OIAC avant mercredi

La Russie a expliqué que l'arrivée à Douma des enquêteurs de l'organisation en charge du contrôle des armes chimiques était repoussée à mercredi pour «des raisons de sécurité».

Les forces russes en plein contrôle des stocks de munition abandonnés par les troupes rebelles à Douma, ville de la Ghouta orientale située près de Damas. (Lundi 16 avril 2018)

Les forces russes en plein contrôle des stocks de munition abandonnés par les troupes rebelles à Douma, ville de la Ghouta orientale située près de Damas. (Lundi 16 avril 2018) Image: AFP

La défense aérienne abat des missiles au-dessus de Homs (médias officiels)

La défense aérienne syrienne «a abattu des missiles qui étaient entrés dans l'espace aérien (syrien) au-dessus de Homs», dans l'ouest de la Syrie, a annoncé mardi l'agence de presse officielle Sana. L'OSDH a fait état de fortes explosions entendues près de la base aérienne d'Al-Chaayrate dans la province de Homs, et dans la région de Qualamoun près de Damas où deux autres bases aériennes sont situées.

La télévision officielle syrienne a déclaré qu'il s'agissait d'une «agression», sans préciser qui selon elle était à l'origine de ces missiles. «Je ne suis pas au courant d'un tel incident», a affirmé un porte-parole de l'armée israélienne, interrogé par l'AFP sur des rumeurs selon lesquelles il pourrait s'agir d'une attaque israélienne.

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Les experts de l'Organisation internationale pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) n'avaient toujours pas pu entrer lundi dans la ville syrienne de Douma pour y enquêter sur l'attaque au gaz présumée du 7 avril, la Russie invoquant des «problèmes de sécurité» et assurant que leur arrivée aurait lieu mercredi.

La mission de l'OIAC «n'a pas encore été déployée à Douma», a annoncé lundi à La Haye le directeur de l'organisation, Ahmet Uzumcu, lors d'une réunion d'urgence des Etats membres du conseil exécutif. La Syrie et la Russie ont invoqué des «problèmes de sécurité», a-t-il ajouté.

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a nié toute mauvaise volonté, qualifiant les informations faisant état d'une «entrave» aux inspecteurs de l'OIAC de «sans fondement» et soulignant que la Russie était dès le début «pour une enquête impartiale».

Confirmation d'une arrivée mercredi

Confirmant des «problèmes de sécurité», et notamment le fait que les routes menant à Douma devaient encore être débarrassées des mines, l'ambassade de Russie auprès de l'OAIC a ensuite assuré que l'arrivée des experts à Douma était prévue mercredi.

La tension internationale ne faiblit pas après les frappes de représailles menées samedi par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni contre des sites militaires du régime de Bachar el-Assad, à la suite de l'attaque chimique présumée du 7 avril dans la ville alors rebelle de Douma, dans la Ghouta, aux portes de Damas.

Manipulation du site de Douma?

Les frappes occidentales, d'une ampleur inédite, sont intervenues malgré la présence en Syrie des enquêteurs de l'OIAC qui ont débuté dimanche leur mission dans le plus grand secret. Ces experts ont pour mandat d'enquêter sur l'utilisation éventuelle d'armes chimiques, mais pas d'en identifier les auteurs.

Leur travail s'annonce compliqué, plus d'une semaine après les faits, dans une zone passée depuis sous le contrôle du régime syrien et de la police militaire russe. Les derniers combattants rebelles de Douma ont quitté samedi la ville en ruines dans le cadre d'un accord de reddition signé le 9 avril, deux jours après l'attaque présumée. Les Etats-Unis soupçonnent par ailleurs la Russie d'avoir manipulé le site de Douma pour empêcher la découverte de preuves. «Les Russes pourraient avoir visité le site de l'attaque. Nous craignons qu'ils ne l'aient altéré dans l'intention de contrecarrer les efforts de la mission de l'OIAC pour mener une enquête efficace», a déclaré l'ambassadeur américain auprès de l'organisation, Ken Ward.

«Cela soulève de sérieuses questions sur la capacité de la mission d'enquête de faire son travail», a-t-il ajouté. Moscou, grand allié de Damas, s'est engagé à «ne pas s'ingérer» dans le travail de la mission de l'OIAC, officiellement invitée par les autorités de Damas. Le régime syrien nie que des armes chimiques aient été employées dans le drame de Douma, qui a fait au moins 40 morts et des centaines de blessés, selon les secouristes.

Réputation odieuse

Le Royaume-Uni a quant à lui exhorté l'OIAC à «demander des comptes aux auteurs de l'attaque». «Le régime syrien a une réputation odieuse d'utiliser des armes chimiques contre son propre peuple», a déclaré l'ambassadeur britannique à La Haye Peter Wilson. «Ne pas agir pour demander des comptes aux auteurs ne fera que créer le risque d'autres utilisations barbares d'armes chimiques, en Syrie et ailleurs», a poursuivi M. Wilson.

Dans la capitale syrienne, fief du régime, des milliers de personnes ont envahi lundi la place des Omeyyades, fermée à la circulation pour l'occasion, brandissant drapeaux syriens et portraits du président Assad pour dénoncer les frappes occidentales. Désormais, la priorité est le démantèlement total du programme chimique syrien, a déclaré l'ambassadeur français à La Haye, Philippe Lalliot.

Programme clandestin depuis 2013

«Les faits sont là et têtus. Ils résistent aux mensonges les plus grossiers et aux dénégations les plus absurdes», a-t-il lâché, ajoutant qu'il n'y avait plus de doutes: «la Syrie a conservé un programme chimique clandestin depuis 2013». Cette année-là, après l'attaque au gaz sarin de la Ghouta, qui déjà avait fait plusieurs centaines de morts, le régime de Bachar el-Assad avait fini par rejoindre l'OIAC sous la pression internationale, et pris l'engagement formel de déclarer tous ses stocks et de ne plus jamais utiliser d'armes chimiques.

Par ailleurs, Américains, Français et Britanniques ont présenté à l'ONU un nouveau projet de résolution sur la Syrie. Une première réunion, au niveau des experts des quinze pays membres du Conseil de sécurité, était prévue lundi à partir de 18H30 GMT. «Le but de cette résolution est clair: relancer une action collective pour le Conseil de sécurité sur le dossier chimique, pour protéger la population civile et travailler sur un règlement politique de la crise syrienne», a expliqué l'ambassadeur français à l'ONU, François Delattre. (afp/nxp)

Créé: 16.04.2018, 21h30


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