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Russie Poutine va libérer Khodorkovski

Le président russe Vladimir Poutine a déclaré jeudi qu'il s'apprêtait à gracier l'ex-magnat du pétrole et critique du Kremlin Mikhaïl Khodorkovski, emprisonné depuis plus de dix ans.

Mikhaïl Khodorkovski devait en principe être libéré dans moins d'un an, en août 2014.

Mikhaïl Khodorkovski devait en principe être libéré dans moins d'un an, en août 2014. Image: AFP

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Vladimir Poutine a déclaré qu'il allait gracier Mikhaïl Khodorkovski.

Lors de sa conférence de presse annuelle, le chef de l'Etat a également adopté un ton paternaliste sur l'Ukraine.

Vladimir Poutine a annoncé de manière inattendue la grâce de Mikhaïl Khodorkovski juste après sa conférence de presse. Il a expliqué que l'ex-magnat du pétrole avait récemment écrit une demande de grâce, ce qu'il avait refusé de faire jusque-là.

«Il a déjà passé plus de dix ans en détention, c'est une punition sérieuse. Il invoque des circonstances d'ordre humanitaire - sa mère est malade - et j'estime que l'on peut prendre cette décision», a déclaré Vladimir Poutine. Il a indiqué que le décret serait signé «très prochainement».

Mikhaïl Khodorkovski, 50 ans, devait en principe être libéré dans moins d'un an, en août 2014. Le parquet avait toutefois indiqué récemment enquêter sur plusieurs autres affaires criminelles le concernant.

Le président russe a également confirmé que les deux militantes emprisonnées du groupe punk «Pussy Riot» seraient libérées en vertu de l'amnistie que vient de voter le Parlement.

Pas de successeur évoqué

Plus tôt, pendant sa conférence de presse, Vladimir Poutine n'avait pas dit un mot de cette grâce, mais avait laissé entendre qu'il ne fallait pas craindre un troisième procès. Lors de cet exercice, Vladimir Poutine a voulu montrer qu'il tenait fermement en mains les rênes du pouvoir.

Alors qu'un journaliste lui demandait s'il avait déjà en tête le nom de son éventuel successeur, il a répondu: «Je n'ai rien dit et il n'y a rien à dire». Il a également éludé une question sur les chances de son Premier ministre, Dmitri Medvedev, qui fut président lorsque lui-même était chef du gouvernement, de prendre sa suite, se montrant parfois sévère sur ce dernier.

Le président, 61 ans, qui dans le passé n'avait pas exclu de briguer un quatrième mandat lors de la prochaine élection présidentielle en 2018, a toutefois affirmé qu'il n'avait pas l'intention de rester au pouvoir à vie.

Ton paternaliste

Sur l'Ukraine, il a aussi adopté un ton paternaliste. «Nous disons souvent que c'est un peuple frère, un pays frère, alors nous devons agir comme des parents proches et soutenir le peuple ukrainien qui est dans une situation difficile», a-t-il dit. Il était interrogé sur les 15 milliards de dollars et une diminution d'un tiers du prix du gaz accordés mardi par la Russie à Kiev.

Pour sa part, le président ukrainien Viktor Ianoukovitch a défendu ces accords et dénoncé les «tentatives anticonstitutionnelles de prise du pouvoir», dans une conférence de presse à Kiev. Il a souligné que cette aide permettrait de relancer l'économie ukrainienne et n'empêcherait en rien Kiev de poursuivre sur la voie de l'intégration européenne.

«Il est très important qu'il n'y ait pas d'ingérences dans nos affaires intérieures», a-t-il ajouté, après que plusieurs responsables européens ont apporté leur soutien aux manifestants qui occupent le centre de la capitale ces dernières semaines.

Missiles pas déployés

Vis-à-vis des Occidentaux, Vladimir Poutine s'est voulu rassurant, indiquant que la Russie n'avait pas déployé de missiles nucléaires Iskander dans l'enclave occidentale de Kaliningrad comme l'affirmait un journal allemand. Mais il a assorti cette mise au point d'un avertissement : cette décision n'a pas été prise «pour l'instant», a-t-il dit.

Le président russe a par ailleurs estimé que l'espionnage pratiqué par les Etats-Unis était une «nécessité» pour lutter contre le terrorisme. Il a toutefois exprimé son admiration pour l'ex-consultant de l'Agence de renseignement américaine (NSA) Edward Snowden.

Alors que la conférence de quatre heures tournait parfois à une présentation de doléances de la part de journalistes de médias des endroits les plus retirés de Russie, qui lui exposaient des problèmes locaux, Vladimir Poutine prenait des notes et promettait de régler tel ou tel problème, demandant à l'occasion des précisions.

Vladimir Poutine a également de nouveau défendu «les valeurs morales traditionnelles» en Russie. «Il est important pour moi non pas de critiquer les valeurs occidentales, mais de défendre notre population contre certaines pseudo-valeurs que nos concitoyens ont beaucoup de mal à accepter». (afp/nxp)

Créé: 19.12.2013, 13h52

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