Dimanche 16 juin 2019 | Dernière mise à jour 14:12

Crimes contre l'humanité Procès en France d'un Rwandais accusé de génocide

Vingt ans après le génocide au Rwanda, la France, souvent accusée d'avoir soutenu le régime génocidaire, a commencé mardi à juger un ancien officier rwandais pour son rôle dans ce drame.

L'ancien officier est accusé d'avoir incité, organisé et aidé, notamment en organisant des barrages et en armant les miliciens qui les tenaient, les massacres qui ont fait quelque 800 000 tués en 100 jours, entre avril et juillet 1994.

L'ancien officier est accusé d'avoir incité, organisé et aidé, notamment en organisant des barrages et en armant les miliciens qui les tenaient, les massacres qui ont fait quelque 800 000 tués en 100 jours, entre avril et juillet 1994. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

L'ancien officier est jugé pour complicité de génocide et de crimes contre l'humanité et risque la prison à vie.

Pascal Simbikangwa, 54 ans, qui nie les accusations, est arrivé dans le box en verre des accusés assis sur un petit fauteuil roulant, un accident en 1986 l'ayant laissé paraplégique.

L'accusé s'est présenté sous son autre nom, David Senyamuhara Safari, sous lequel il avait été arrêté en 2008 dans l'île française de Mayotte.

«J'ai été capitaine dans l'armée rwandaise puis dans les services de renseignement», a dit à la cour cet homme.

Pas extradé

Pascal Simbikangwa est jugé en vertu du principe de «compétence universelle» de la justice française, lui permettant de poursuivre des personnes recherchées pour des faits de crimes contre l'humanité commis à l'étranger.

La justice française a refusé d'extrader cet ancien capitaine hutu vers le Rwanda.

Il est accusé d'avoir incité, organisé et aidé, notamment en organisant des barrages et en armant les miliciens qui les tenaient, les massacres qui ont fait quelque 800 000 tués en 100 jours, entre avril et juillet 1994.

Le procès, exceptionnellement filmé pour l'Histoire, doit durer six à huit semaines. Après la sélection du jury, la première journée de mardi devait être consacrée au résumé des accusations et au début de l'interrogatoire de l'accusé.

Dizaines de témoins prévus

Les deux premières semaines d'audience seront principalement consacrées à retracer le contexte ayant conduit, il y a deux décennies, au massacre de centaines de milliers de Tutsi, ainsi que de Hutu modérés. Ils avaient été tués par les milices endoctrinées et armées par le régime du président hutu Juvénal Habyarimana, dont l'assassinat le 6 avril avait été l'événement déclencheur du génocide.

Pascal Simbikangwa reconnaît volontiers sa proximité avec le premier cercle du pouvoir hutu, «l'akazu» (petite maison), dont de nombreux responsables ont été condamnés pour leur rôle dans le génocide.

Mais il réfute toute implication dans les massacres et ses avocats, Alexandra Bourgeot et Fabrice Epstein, dénoncent un dossier fragile où «les seules accusations, ce sont des témoignages». La justice a d'ailleurs renoncé à le poursuivre pour génocide, ne retenant que la complicité.

La cour entendra une trentaine de témoins rwandais sur les faits, dont par visioconférence certains détenus condamnés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) ou la justice rwandaise et d'autres que la justice fera venir du Rwanda. (ats/afp/nxp)

Créé: 04.02.2014, 11h27

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.