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Israël Sharon, un «criminel» pour les Palestiniens

L'implication d'Ariel Sharon dans le massacre de Sabra et Chatila, à Beyrouth en 1982, aurait dû le conduire devant la justice internationale estiment les Palestiniens.

Ariel Sharon est décédé le 11 janvier 2013

Ariel Sharon est décédé le 11 janvier 2013 Image: AFP

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Les dirigeants palestiniens ont qualifié l'ex-Premier ministre israélien Ariel Sharon, décédé samedi, de «criminel» et déploré qu'il n'ait pas été traduit devant la justice internationale.

Human Rights Watch (HRW) a également jugé dans un communiqué «regrettable que Sharon aille vers sa tombe sans répondre devant la justice de son rôle à Sabra et Chatila (à Beyrouth en 1982, ndlr) et d'autres violations» des droits de l'Homme. «Sharon était un criminel, responsable de l'assassinat d'Arafat et nous espérions qu'il comparaisse devant la Cour pénale internationale (CPI) en tant que criminel de guerre», a déclaré à l'AFP Jibril Rajoub, un haut responsable du Fatah, le mouvement du dirigeant historique palestinien.

Responsable de la mort d'Arafat?

Jusqu'à la mort en novembre 2004 de Yasser Arafat, qu'il avait fait assiéger par les chars israéliens depuis décembre 2001, Sharon avait multiplié les menaces à son encontre, nourrissant les soupçons d'un empoisonnement, qu'Israël a toujours nié. Un porte-parole du Hamas, au pouvoir à Gaza, Sami Abou Zouhri a qualifié dans un communiqué la mort de Sharon d'«exemple pour tous les tyrans».

«Notre peuple vit un moment historique avec la disparition de ce criminel aux mains couvertes de sang des Palestiniens et de leurs dirigeants», a dit le porte-parole du mouvement islamiste, dont le fondateur et chef spirituel, cheikh Ahmad Yassine, a notamment été assassiné en 2004 par l'armée israélienne sur ordre de Sharon.

Sabra et Chatila: responsabilité indirecte

En tant que ministre de la Défense, Sharon avait été contraint à la démission par une commission d'enquête israélienne ayant conclu à sa «responsabilité indirecte» mais personnelle dans le massacre de centaines de civils palestiniens par ses alliés phalangistes chrétiens libanais dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila, à Beyrouth en 1982.

Selon la directrice pour le Moyen-Orient de HRW, Sarah Leah Whitson, «pour les milliers de victimes de violations, la disparition de Sharon sans qu'il ait comparu en justice amplifie leur tragédie». «Sa disparition est un triste rappel supplémentaire que des années d'impunité de fait n'ont rien fait pour faire avancer la paix entre Israéliens et Palestiniens», a-t-elle ajouté.

La commission d'enquête israélienne avait établi que c'était Sharon qui avait pris la décision de laisser les phalangistes pénétrer à Sabra et Chatila, estimant qu'il ne pouvait pas ignorer les risques d'un massacre, souligne HRW. (afp/nxp)

Créé: 11.01.2014, 16h51


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