Samedi 11 juillet 2020 | Dernière mise à jour 09:08

Émeutes Trump dit s'être rendu dans son bunker pour l'«inspecter»

Le président américain a nié être allé dans son abri sécurisé à cause des manifestations devant la Maison-Blanche.

Donald Trump a qualifié l'info du «New York Times» de «Fake News».

Donald Trump a qualifié l'info du «New York Times» de «Fake News». Image: AFP

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Le président américain Donald Trump a nié mercredi avoir été escorté dans un bunker sécurisé en raison des manifestations à l'extérieur de la Maison-Blanche, assurant s'être rendu sur place simplement pour une inspection.

«Fake news»

Selon le «New York Times», Donald Trump a été mis à l'abri vendredi soir par le Secret Service lors d'une manifestation devant sa résidence officielle. «C'était une fausse information», a assuré M. Trump dans l'émission de radio de Brian Kilmeade, animateur de Fox News. «C'était durant la journée», a-t-il affirmé, précisant qu'il s'était rendu sur place «deux ou trois fois» au cours de ces derniers jours, mais à chaque fois pour des «inspections». «Tout un groupe de gens est venu avec moi», a-t-il ajouté.

C'est dans ce bunker sécurisé que le vice-président Dick Cheney avait été évacué après les attentats du 11 septembre 2001.

Le ministre de la Défense contre l'intervention de l'armée

En désaccord apparent avec Donald Trump, le secrétaire américain à la Défense s'est dit mercredi opposé à l'idée de déployer l'armée dans les grandes villes des Etats-Unis pour juguler le vaste mouvement de protestation qui s'exprime contre le racisme et les brutalités policières. Lundi, alors que la situation dégénérait en émeutes dans de nombreuses villes, le président Trump avait menacé de déployer les troupes «pour régler rapidement le problème», des propos immédiatement dénoncés par l'opposition qui y avait vu une dérive autocratique.

«Je ne suis pas favorable à décréter l'état d'insurrection», qui permettrait au président de déployer des soldats d'active face à des citoyens américains, et non des réservistes de la Garde nationale comme c'est actuellement le cas, a déclaré M. Esper mercredi.

A Washington, où le couvre-feu n'avait pour l'instant pas été reconduit pour mercredi soir, un important dispositif policier était déployé au petit matin pour boucler l'accès à la Maison Blanche. La veille, des milliers de manifestants avaient protesté, dans le calme, contre la mort de George Floyd, un Noir américain tué par un policier lors de son interpellation le 25 mai à Minneapolis, et plus largement contre le racisme et les violences policières aux Etats-Unis. «No justice, no peace» (Pas de justice, pas de paix) ou «Hands up! Don't shoot!» (Mains en l'air! Ne tirez pas!), scandaient les manifestants, plutôt jeunes et toutes origines confondues.

Beaucoup plus calme

Beaucoup d'entre eux sont restés après le couvre-feu alors que la situation était beaucoup plus calme que les deux derniers jours; notamment lundi soir quand les abords de la Maison Blanche ont été évacués manu militari pour permettre à Donald Trump de sortir dans la rue et poser avec un exemplaire de la Bible devant la petite église qui fait face au centre du pouvoir exécutif américain. Le président a semblé vouloir faire acte de bravoure après les informations sur sa visite au bunker.

A New York, où le couvre-feu a été prolongé jusqu'à dimanche, la situation était également plus calme mardi soir, après des images de violence qui ont fait le tour du monde en tout début de semaine. Dans le quartier de Brooklyn, plusieurs centaines de personnes ont bravé les ordres intimant de rester à la maison. Aaron, un étudiant de 20 ans, a expliqué à l'AFP être contre cette mesure. «Pour eux, il ne faut surtout pas que les gens manifestent contre le meurtre d'un gars sur le cou de qui on a mis un genou pendant huit minutes», a-t-il dit, en référence à la mort de George Floyd.

9000 arrestations

Au total, la police a procédé ces derniers jours à plus de 9000 arrestations dans tout le pays, selon une estimation reprise par les médias américains. Pour des actes de violences, des dégradations, ou pour non-respect du couvre-feu. A Minneapolis, épicentre des manifestations, la situation se calmait progressivement après de lourdes tensions.

AJ Channer, chanteur du groupe Fire from the Gods, a expliqué à l'AFP pourquoi il manifestait. «Ma guerre n'est pas contre la police, ma guerre est contre le système qui permet cette police», a-t-il dit. »Cette immunité que la police semble avoir« alors que «vous êtes toujours un être humain, vous êtes toujours un Américain et vous devriez donc être poursuivi dans la pleine force de la loi»".

Policier inculpé

Derek Chauvin, le policier qui a tué George Floyd lors de son interpellation, a été arrêté et inculpé d'homicide involontaire. Les trois autres agents qui l'ont laissé faire ont été renvoyés de la police mais ne sont pour l'instant pas poursuivis par la justice. (afp/Le Matin)

Créé: 03.06.2020, 16h47

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