Vendredi 6 décembre 2019 | Dernière mise à jour 19:36

Hong Kong Pékin qualifie la loi approuvée par Trump d'«abomination absolue»

La promulgation par le président américain d'une loi soutenant les manifestations pro-démocratie à Hong Kong a provoqué une vive réaction des autorités chinoises.

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Crise politique à Hong Kong

Crise politique à Hong Kong Les manifestants pro-démocratie augmentent la pression sur les autorités pro-Pékin.

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Pékin a réagi avec colère jeudi à la promulgation par le président américain Donald Trump d'une loi soutenant les manifestations pro-démocratie à Hong Kong, qualifiant ce texte d'«abomination absolue» et menaçant Washington de «représailles», en pleine guerre commerciale entre les deux pays.

La résolution, approuvée la semaine dernière par le Congrès et promulguée mercredi par Donald Trump, «dissimule de sinistres intentions», a dénoncé le ministère chinois des Affaires étrangères dans un communiqué, sans préciser quelles mesures Pékin pourrait prendre. Le régime communiste a accusé le texte de «soutenir effrontément les actes commis contre d'innocents citoyens qui ont été frappés, blessés et brûlés (...) par des criminels violents».

Pékin a indiqué jeudi avoir convoqué l'ambassadeur des Etats-Unis en Chine, appelant Washington à «ne pas mettre en oeuvre» la loi promulguée la veille par Donald Trump. Le vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Le Yucheng, a fait part à l'ambassadeur Terry Branstad de la «ferme opposition» de son pays et exhorté les Etats-Unis à «corriger leur erreur» afin de ne pas «nuire davantage aux relations et à la coopération sino-américaines», a indiqué le ministère dans un communiqué.

De son côté, un responsable du gouvernement hongkongais a estimé que cette résolution «s'immisce manifestement dans les affaires intérieures de Hong Kong» et envoie «un mauvais message aux manifestants».

Les sénateurs américains approuvent

Donald Trump a promulgué mercredi l'«acte de 2019 sur les droits humains et la démocratie à Hong Kong» après avoir longuement hésité. Il craignait de se mettre à dos les autorités chinoises, avec qui il cherche à sceller un accord commercial depuis des mois.

Cette résolution, qui menace de suspendre le statut économique spécial accordé par Washington à l'ancienne colonie britannique si les droits des manifestants ne sont pas respectés, avait été approuvée une semaine plus tôt à une écrasante majorité par le Congrès.

Des sénateurs des deux bords politiques ont immédiatement salué la décision du chef de la première puissance mondiale. «Les États-Unis (...) se tiennent aux côtés des manifestants alors qu'ils marchent vers leur autonomie, pour leur démocratie et pour leurs droits humains», a écrit Ben Cardin, élu démocrate du Maryland. «J'applaudis le président Trump pour promulguer cette législation essentielle en loi», a abondé le républicain Marco Rubio.

Hong Kong, territoire semi-autonome chinois, connaît depuis bientôt six mois un mouvement de contestation d'une ampleur inédite depuis sa rétrocession à la Chine en 1997. Après l'adoption de cette résolution au Congrès le 20 novembre, Pékin avait vivement réagi, allant jusqu'à convoquer l'ambassadeur des États-Unis pour protester.

Le Congrès avait également approuvé une mesure interdisant la vente à la police hongkongaise de gaz lacrymogène, balles en caoutchouc et autres équipements destinés à réprimer les manifestations. Une résolution également promulguée par Donald Trump.

Accord commercial en péril ?

Sur le front commercial, la question est de savoir si cette décision de Donald Trump va mettre en péril les tractations délicates menées par Washington et Pékin. Les deux premières puissances mondiales se livrent depuis mars 2018 une guerre commerciale à coup de hausses de taxes douanières.

Les deux pays ont envoyé ces derniers jours des signaux positifs quant à la conclusion avant la fin de l'année d'un accord commercial partiel, dit de «phase un». «Nous sommes dans la dernière ligne droite avant de parvenir à un accord très important», avait avancé hier Donald Trump. L'ancien magnat de l'immobilier new-yorkais a en tout cas toujours cherché à soigner ses relations avec son homologue chinois Xi Jinping.

«J'ai signé ces résolutions par respect pour le Président Xi (Jinping), la Chine, et le peuple de Hong Kong», a dit Donald Trump dans un communiqué justifiant sa décision. «Elles sont promulguées avec l'espoir que les leaders et représentants de la Chine et de Hong Kong seront en mesure de régler à l'amiable leurs différences», a précisé le locataire de la Maison Blanche.

Équation délicate

Signe de l'équation délicate dans laquelle il se trouvait, le 45e président des États-Unis était resté vague ces derniers jours sur ses intentions. Il avait d'un côté assuré être «avec» les manifestants pro-démocratie tout en assurant avoir confiance en Xi Jinping pour résoudre la crise.

Hong Kong est lié à Washington par un statut économique spécial qui permet au territoire d'être exonéré des restrictions s'appliquant à la Chine continentale. Le texte conditionne le maintien de ce statut spécial à la validation annuelle par l'administration d'une situation jugée convenable en matière de respect des droits de la part des autorités hongkongaises.

À Hong Kong, les manifestations à répétition se transforment régulièrement en affrontements violents entre la police et les manifestants, souvent jeunes. Dimanche, Pékin et les autorités de Hong Kong ont subi un revers cinglant après la large victoire du camp pro-démocratie lors d'élections locales.

Le mouvement a débuté en juin à la suite du rejet d'un projet de loi visant à autoriser les extraditions vers la Chine continentale. Celui-ci a depuis été suspendu, mais les manifestants ont élargi leurs revendications. Ils exigent le suffrage universel complet pour les élections hongkongaises, ainsi qu'une enquête indépendante sur les violences policières. (ats/nxp)

Créé: 28.11.2019, 08h54

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