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Brésil Un syndicat demande la levée des barrages

Inquiet pour «la sécurité des chauffeurs», le principal syndicat des routiers du Brésil appelle à la levée des barrages routiers.

Depuis lundi, des barrages paralysent tout le Brésil, alors que les routiers protestent contre la hausse du prix du diesel. Tout le pays avance au ralenti depuis cinq jours. (Vendredi 25 mai 2018)

Depuis lundi, des barrages paralysent tout le Brésil, alors que les routiers protestent contre la hausse du prix du diesel. Tout le pays avance au ralenti depuis cinq jours. (Vendredi 25 mai 2018) Image: AFP

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L'un des principaux syndicats de transporteurs routiers du Brésil a appelé vendredi à lever les barrages qui paralysent le pays depuis lundi après que le gouvernement a haussé le ton en mobilisant l'armée pour dégager les grands axes. L'Association brésilienne des camionneurs (Abcam) s'est dite «inquiète de la sécurité des chauffeurs» et a demandé dans un communiqué «que les manifestations se poursuivent de façon pacifique, sans obstruer les voies», explique ce syndicat, qui revendique 600.000 routiers indépendants.

Le ministre de la Défense Joaquim Silva e Luna venait d'affirmer que l'armée agirait «de façon rapide, coordonnée et énergique (...) pour libérer la circulation dans des zones critiques» comme les raffineries et les aéroports. Le gouvernement a affirmé vendredi en fin de journée que 45% des barrages avaient déjà été levés. «La Police Routière Fédérale avait recensé 938 barrages, mais il n'en reste que 519», a assuré le ministre de la Sécurité publique Raul Jungmann.

Mais la situation demeurait extrêmement critique au cinquième jour de de cette grève pour protester contre la hausse des prix du diesel. Vols annulés, stations-service à sec, supermarchés à cours de produits frais: le Brésil était au bord du chaos. «Nous n'allons par permettre que la population n'ait pas accès à des produits de première nécessité (...), que les hôpitaux n'aient pas les médicaments nécessaires pour sauver des vies», a expliqué le président Michel Temer pour justifier l'intervention de l'armée.

«Négociations terminées»

Dans un communiqué conjoint, les leaders des principaux syndicats du pays ont affirmé que «la décision du gouvernement de mobiliser l'armée comme instrument de répression» revenait à «tenter d'éteindre l'incendie avec de l'essence».

Le maire de Sao Paulo, capitale économique du pays, a même décrété l'état d'urgence, une mesure extrême permettant notamment de réquisitionner du combustible. Jeudi, considérant que les autorités n'avaient «pas répondu aux attentes», l'Abcam avait décidé de quitter une réunion avec le gouvernement à l'issue de laquelle d'autres syndicats avaient signé un accord pour une trêve de 15 jours dans la grève contre la hausse des prix du diesel.

«Nous avons accepté les 12 revendications prioritaires des routiers, qui se sont engagés à mettre fin aux barrages immédiatement. Mais malheureusement une minorité radicale a continué de bloquer les routes», a souligné vendredi le président Temer, en référence aux sept heures de négociations de la veille.

Les aéroports à sec

«Une minorité a fait plus de bruit que la majorité. La baisse (de la mobilisation) n'est pas à la hauteur de ce que nous espérions, mais elle est réelle», a souligné vendredi le chef du gouvernement, Eliseu Padilha. «Les négociations sont terminées, maintenant, nous attendons que les termes de l'accord soient respectés», a-t-il ajouté.

Les problèmes majeurs d'approvisionnement causés par cette grève ont affecté l'ensemble de l'économie, dans cet immense pays qui n'a quasiment pas de réseau ferroviaire et où 60% du transport de marchandises s'effectue par la route.

À l'aéroport de la capitale Brasilia, plus de 30 vols ont été annulés, dont deux internationaux, les réserves de kérosène étant épuisées. Selon la société gestionnaire Infraero, dix autres aéroports du pays sont également à sec, y compris celui de Recife (nord-est).

Chaînes de montage à l'arrêt

Les exportations du pays sont en passe d'être fortement affectées, et l'industrie automobile, qui emploie 132.000 personnes, est déjà totalement à l'arrêt. Cette situation chaotique porte un rude coup à la crédibilité du gouvernement de centre droit de M. Temer, à moins de cinq mois de l'élection présidentielle d'octobre, et touche une économie qui a du mal à se remettre sur pied après la récession historique de 2015-2016.

«Cela montre à l'opinion publique et au marché, au Brésil et à l'étranger, que le gouvernement Temer est un gouvernement nain, sans aucun pouvoir», a affirmé à l'AFP l'analyste politique André César, du cabinet de consultants Hold. «On a été dévalorisés par ce gouvernement. Ils disaient que le Brésil ne s'arrêterait pas si les camions s'arrêtaient. On a prouvé que si», a affirmé à l'AFP Luiz Carlos, chauffeur de 47 ans, qui a garé son poids lourd devant une raffinerie de Duque de Caxias, près de Rio.

Selon la Confédération nationale des transports, le Brésil dispose d'une flotte de plus de 2,5 millions de poids lourds, dont 477.000 appartiennent à des chauffeurs routiers indépendants. Les prix du diesel ont fortement augmenté récemment en raison de la hausse du cours du pétrole et d'une nouvelle politique de tarifs de Petrobras, qui s'est alignée depuis la fin 2016 sur les cours internationaux. (afp/nxp)

Créé: 25.05.2018, 23h29

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