Lundi 24 février 2020 | Dernière mise à jour 12:07

Procès Weinstein Une psy démonte les «mythes» sur le viol

Appelée à témoigner lors du procès du producteur de cinéma Harvey Weinstein, une psychiatre a battu en brèche certains faits.

Harvey Weinstein face à la justice.

Une liste rouge

Lors de son audition, le détective privé Sam Anson a expliqué avoir reçu un courrier électronique d'Harvey Weinstein mi-août 2017. Soit un peu moins de deux mois avant la publication des révélations du «New York Times» et du «New Yorker».

Le message contenait une «liste rouge» de personnes sur lesquelles l'ancien patron du studio Miramax demandait au privé d'enquêter. Il l'a également appelé pour préciser sa requête.

«Il disait qu'il s'inquiétait de la préparation d'articles évoquant son comportement sexuel de manière négative», a témoigné Sam Anson, qui a assuré ne pas avoir donné suite à cette demande.

Dans cette liste figuraient notamment, selon l'enquêteur, les noms des actrices Annabella Sciorra et Rose McGowan, qui affirment chacune avoir été violées par Harvey Weinstein.

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Les victimes de viol connaissent généralement leur agresseur et restent souvent en contact avec lui après l'agression, contrairement à des idées largement répandues, a témoigné vendredi une psychiatre au procès du producteur de cinéma Harvey Weinstein.

Le docteur Barbara Ziv, qui avait témoigné au procès qui a débouché sur la condamnation de la star de la télé américaine Bill Cosby, était appelée à témoigner par la procureure de Manhattan, pour démonter «certains mythes» sur les agressions sexuelles, au troisième jour de ce procès emblématique du #MeToo.

L'experte a souligné que la plupart des agressions sexuelles étaient commises par une connaissance de la victime, non par un inconnu. Une autre idée fausse largement répandue, selon cette experte qui a témoigné à plus de 200 procès, est que les victimes signalent généralement leur agression à la police ou à des amis.

Perpétuité

Harvey Weinstein, 67 ans, longtemps figure vénérée d'Hollywood, risque la perpétuité pour avoir possiblement agressé sexuellement deux femmes, une ex-assistante de production en 2006 et une jeune actrice en 2013.

Les avocats de la défense ont cité de multiples échanges entre Harvey Weinstein et la femme présumément violée en 2013, Jessica Mann, montrant selon eux qu'ils avaient «une relation d'amour» après le viol présumé et insinuant qu'elle n'avait donc pas pu être violée.

Lors du témoignage jeudi de l'actrice Annabella Sciorra, qui accuse Harvey Weinstein de l'avoir violée en 1993, la défense a essayé de saper sa crédibilité en montrant qu'elle n'en avait pas parlé pendant des années, et qu'elle avait continué à croiser Harvey Weinstein pendant des années sans le confronter. «C'est la norme que de rester en contact», a souligné Barbara Ziv. «Ces contacts peuvent aller de SMS ou courriels jusqu'à continuer à avoir une relation».

«Ce n'est pas habituel»

Les victimes restent souvent silencieuses sur leur agression, car elles ont une sorte d'affection pour leur agresseur, selon l'experte. Et l'agresseur a parfois la capacité de leur faire perdre amis et emploi.

Dans un contre-interrogatoire, l'avocat de la défense Damon Cheronis a demandé à Barbara Ziv s'il était possible qu'avec les années, «par honte», des femmes qualifient de viol ce qui avait été un rapport sexuel consensuel. «Tout est possible, (mais) ce n'est pas habituel», a répondu Barbara Ziv.

Au total, plus de 80 femmes, parmi lesquelles des vedettes comme Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow ou Léa Seydoux, ont accusé Harvey Weinstein de harcèlement et d'agressions sexuelles depuis octobre 2017. Mais la plupart des faits sont anciens et prescrits. (afp/nxp)

Créé: 24.01.2020, 19h40

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