Samedi 28 mars 2020 | Dernière mise à jour 16:26

Venezuela Vers de nouvelles actions des USA contre Maduro

Le secrétaire d'État américain a appelé à en «finir avec la tyrannie» de celui qu'il ne considère plus comme le président du Venezuela.

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Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a annoncé lundi de nouvelles actions en faveur de l'opposition vénézuélienne et appelé la communauté internationale à «continuer de soutenir» les efforts engagés pour en «finir avec la tyrannie» de Nicolas Maduro.

En visite à Bogota, première escale d'une tournée en Amérique latine et dans les Caraïbes, Mike Pompeo a renouvelé le soutien de Washington aux adversaires du chef de l'État chaviste, dont le chef du parlement vénézuélien Juan Guaido, avec lequel il s'est entretenu.

«Je m'attends à ce que les États-Unis mènent des actions permanentes pour continuer à soutenir le président Guaido et le peuple vénézuélien», a déclaré le secrétaire d'État américain.

«Un homme fantaisiste»

«Le monde doit continuer de soutenir les efforts du peuple vénézuélien pour revenir à la démocratie et en finir avec la tyrannie de Maduro, qui a un impact en Colombie et dans toute la région», a-t-il également affirmé, après avoir rencontré le président colombien Ivan Duque.

«C'est un homme fantaisiste, qui se trompe lui-même, qui vit de la guerre psychologique, qui vit de la fausseté, du mensonge», a réagi Nicolas Maduro à propos du secrétaire d'État américain, lors d'une rencontre avec des représentants cubains au palais présidentiel de Miraflores à Caracas.

Mike Pompeo participe à la troisième Conférence ministérielle continentale de lutte contre le terrorisme, qui s'est ouverte lundi à Bogota en présence de représentants de 25 pays de la région.

Guaido à Bruxelles et Davos

Bravant une interdiction de sortie du territoire vénézuélien, Juan Guaido, reconnu par les États-Unis, la Colombie et une cinquantaine d'autres pays comme président par intérim du Venezuela, a assisté aussi à cette conférence.

Il doit se rendre ensuite en Europe où il devrait rencontrer le chef de la diplomatie de l'Union européenne (UE), Josep Borrell, mercredi à Bruxelles, avant d'aller en Suisse pour participer jeudi au Forum économique mondial à Davos.

Le gouvernement vénézuélien a réagi en qualifiant ce déplacement d'«insignifiant». «C'est absolument insignifiant de la part d'un laquais qui va rencontrer ses maîtres en Colombie», a déclaré Diosdado Cabello, numéro deux du chavisme.

«Misère»

Mike Pompeo a assuré que les États-Unis, qui considèrent la réélection de Nicolas Maduro en 2018 comme frauduleuse, continueraient à travailler «pour rétablir la démocratie au Venezuela». Il a condamné la «misère infligée» par le gouvernement chaviste aux Vénézuéliens, dont environ 4,6 millions ont fui le pays ces dernières années, dont 1,6 million vers la Colombie voisine.

En dépit des efforts de l'opposition et des sanctions imposées par Washington, Nicolas Maduro se maintient au pouvoir, avec l'appui des forces de sécurité ainsi que de ses alliées russes, cubains et chinois.

Juan Guaido, réélu le 5 janvier à la tête du Parlement dans des conditions contestées par le pouvoir exécutif, a échoué l'an dernier à évincer le successeur du défunt président socialiste Hugo Chavez (1999-2013). Sa popularité a chuté de 63% en janvier 2019 à 38,9% en décembre, selon l'institut Datanalisis.

Le Hezbollah au Venezuela

Mike Pompeo a pour sa part appelé les alliés des Etats-Unis à mener des actions plus énergiques contre le Hebollah, inscrit par Washington sur la liste des organisations terroristes, jugeant «inacceptable» que des membres de cette milice chiite aient trouvé refuge au Venezuela.

«La Colombie, notre amie et alliée, a déclaré le Hezbollah organisation terroriste. J'espère que d'autres nations prendront des mesures similaires contre ce groupe et d'autres mouvements terroristes», a-t-il déclaré.

Au même moment, le Commandement sud des États-Unis a annoncé un exercice militaire commun de troupes américaines et colombiennes du 23 au 29 janvier. Bogota dénonce régulièrement la présence au Venezuela de guérilleros de l'Armée de libération nationale (ELN) et de dissidents de l'ex-rébellion marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).

Juan Guaido a affirmé lundi que la «dictature vénézuélienne» apportait en outre à l'ELN un «financement direct ou indirect avec l'or vénézuélien, qui peut être aujourd'hui qualifié d'or du sang». Ivan Duque a rompu les pourparlers de paix avec l'ELN à la suite d'un attentat à la voiture piégée qui a tué 22 cadets de la police il y a un an à Bogota. (afp/nxp)

Créé: 21.01.2020, 01h22

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