Lundi 9 décembre 2019 | Dernière mise à jour 19:05

Amérique latine Vers des élections «très vite» en Bolivie

Le gouvernement par intérim a promis dimanche la convocation rapide d'élections alors que les tensions restent vives en Bolivie.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

La présidente bolivienne par intérim, Jeanine Añez, a annoncé dimanche la convocation d'élections «transparentes» «très vite», alors que la situation restait tendue dans le pays, entre un pouvoir qui parle de désescalade et l'ex-président Evo Morales qui évoque des «crimes contre l'humanité».

«Nous donnerons très vite des nouvelles sur notre mandat principal: la convocation d'élections transparentes», a déclaré Jeanine Añez dans un discours au siège du gouvernement à La Paz. Elle n'a pas fourni d'autres précisions, mais dit que l'annonce à venir chercherait «à récupérer la crédibilité démocratique de notre pays».

Jeanine Añez, une parlementaire de droite de 52 ans, a accédé à la présidence mardi, en tant que deuxième vice-présidente du Sénat, alors que les occupants des fonctions supérieures à la sienne prévues pour remplacer le président avaient démissionné de leur mandat.

Evo Morales, qui était le chef de l'État depuis 2006, avait démissionné le dimanche précédent, lâché par l'armée, et s'est ensuite exilé au Mexique. Le dirigeant socialiste affrontait des protestations de l'opposition, qui l'ont accusé d'avoir mis en place une fraude à l'élection du 20 octobre, où il s'est dit élu dès le premier tour.

Jeanine Añez a eu un entretien avec un représentant de l'Union européenne, Leon de la Torre, qui s'est dit optimiste en raison d'«avancées dans la table ronde» avec des partisans d'Evo Morales, sans préciser lesquels. Selon la Constitution, c'est le Congrès qui doit élire les sept membres du nouveau Tribunal suprême électoral (TSE).

Des parlementaires du côté du parti d'Evo Morales, le MAS, qui détient la majorité dans les deux chambres, ont proposé aux autres groupes politiques une réunion lundi afin de «pacifier ce pays», selon la députée MAS Betty Yañiquez.

Bilans différents

En attendant, les tensions restent vives. Depuis fin octobre et le début de la crise dans ce pays andin, au moins 23 personnes ont trouvé la mort dans des violences, selon la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH).

Le foyer le plus intense se concentre dans la région de Cochabamba (centre), fief d'Evo Morales. Vendredi, neuf cultivateurs de coca pro-Morales sont morts dans des heurts avec les forces de l'ordre à Sacaba, près de Cochabamba, selon un bilan fourni par la CIDH samedi.

Dans un tweet dimanche, Evo Morales a exhorté le «gouvernement de facto» à identifier les «auteurs intellectuels et matériels des 24 morts en 5 jours par la répression policière et militaire», avançant donc un autre bilan. «Je dénonce devant la communauté internationale ces crimes contre l'humanité qui ne doivent pas rester impunis», a-t-il ajouté depuis son exil mexicain.

Le gouvernement de Jeanine Añez a avancé de son côté un bilan de 5 morts.

Dimanche, le nouveau chef de la police bolivienne, le colonel Rodolfo Montero, a affirmé que «quelques heurts» avaient encore lieu à Cochabamba, mais que leur «intensité» allait «en diminuant». «Le nombre de foyers de conflit s'est réduit de moitié» par rapport au début de la semaine, a renchéri le ministre de l'Intérieur par intérim et ancien sénateur de droite Arturo Murillo. Cet ex-sénateur de droite a également évoqué l'idée que les producteurs de coca s'affrontaient eux-mêmes afin d'augmenter le nombre de victimes, car au moins un mort «apparaît avec une balle dans la nuque».

Pénuries

Depuis mardi, les partisans de l'ex-président manifestent tous les jours, notamment à La Paz. Le blocage de la route qui relie la capitale administrative au centre et à l'est du pays, où se concentre la production agricole entraîne des pénuries.

Pour soulager La Paz, le gouvernement a envoyé 35 tonnes de viande par avion depuis le centre de la Bolivie. Et le chef de cabinet de la présidence, Jerjes Justiniano, a promis dimanche l'envoi de 25 tonnes de poulet dans les prochains jours. Il y a un manque de carburant également avec le blocage de la raffinerie de Sanketa, près d'El Alto, qui fournit toute la région de La Paz en essence et en gaz.

Six syndicats de producteurs de coca de la région du Chapare, fief d'Evo Morales, ont exigé samedi soir la démission de Jeanine Añez «dans un délai de 48 heures».

Par ailleurs, les quatre membres de la brigade médicale cubaine détenus depuis mercredi à La Paz ont été relâchés dimanche et renvoyés à Cuba. (afp/nxp)

Créé: 18.11.2019, 02h50

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.