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Diplomatie Abe et Trump parleront de Pyongyang

Les deux dirigeants iront en Floride «discuter de la campagne internationale destinée à maintenir une pression maximale sur la Corée du Nord».

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Le Premier ministre japonais Shinzo Abe se rend mardi aux Etats-Unis où il tentera de tirer parti de la relation privilégiée qu'il s'est efforcé de construire avec Donald Trump. L'objectif de la rencontre est notamment de s'assurer que les questions chères au Japon figurent à l'ordre du jour alors qu'un ballet diplomatique sur la Corée du Nord est actuellement en cours.

Peu de dirigeants ont courtisé M. Trump avec autant d'assiduité que Shinzo Abe. Il a été le premier à se précipiter en novembre 2016 pour rencontrer le président tout juste élu avant même qu'il prenne ses fonctions. Les deux grands amateurs de golf s'étaient aussi tapé dans les mains sur le gazon en novembre dans un club des alentours de Tokyo où l'hôte japonais avait prévu burgers et ketchup au déjeuner pour plaire à son invité.

«Le président Trump a rencontré le Premier ministre Abe plus souvent que n'importe quel autre dirigeant», a souligné à Washington un haut responsable de l'administration américaine. La Maison Blanche a précisé que les deux hommes vont en Floride «discuter de la campagne internationale destinée à maintenir une pression maximale sur la Corée du Nord» pour qu'elle renonce à ses programmes nucléaire et de missiles.

En marge

Le Japon a été pris de court lorsque Donald Trump avait fait annoncer par Chung Eui-yong, conseiller national sud-coréen à la Sécurité, le 8 mars devant la Maison Blanche, que le 45e président des Etats-Unis avait accepté l'invitation du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un à le rencontrer.

Depuis, Kim Jong-Un a vu le président chinois Xi Jinping et un sommet est prévu avec la Corée du Sud, outre sa rencontre annoncée avec le président américain. Tokyo reste en marge. Le Japon est pourtant dans la ligne de mire des menaces de la Corée du Nord qui a fait voler deux missiles au-dessus de son territoire et a parlé de le faire «couler».

«Si l'image d'Abe au Japon a bénéficié» de ses efforts pour s'attirer les bonnes grâces de Trump, «ceux-ci n'ont pas produit suffisamment d'effets», résume Rieko Nakabayashi, ancienne parlementaire et spécialiste des questions américano-japonaises à l'Université Waseda de Tokyo.

Aussi menacé

Le ministre japonais des Affaires étrangères Taro Kono a effectué une rare visite à Séoul ce mois-ci pour essayer d'obtenir que des questions chères au Japon figurent à l'ordre du jour des discussions entre les deux Corées.

«Pour Abe, il est important de montrer que sa stratégie qui a été de coller à Trump produit des résultats. Au niveau du processus il est hors du coup, c'est très déstabilisant pour le Japon. Mais la machine se remet en route», note une source diplomatique occidentale.

Le Japon peut craindre que l'attention se concentre sur les missiles intercontinentaux développés par la Corée du Nord et qui menacent les Etats-Unis, mettant au second plan ceux de courte et moyenne portée susceptibles d'attendre l'archipel nippon.

Ressortissants enlevés

M. Abe devrait chercher l'assurance de l'engagement américain envers la sécurité des alliés d'Asie du Nord-Est, Corée du Sud et Japon, et du maintien du «bouclier nucléaire» en place depuis des décennies. «Ce n'est pas une offensive de charme mais une défensive de charme», dit Asuka Matsumoto, professeure invitée à l'Ecole des études internationales avancée de l'Université Johns Hopkins à Washington.

Le Premier ministre insiste pour que la question des ressortissants japonais enlevés par la Corée du Nord dans les années 1970 et 1980 soit aussi sur la table des échanges avec Pyongyang, ce que la plupart des analystes estiment peu probable. Donald Trump «a rencontré des proches des enlevés et a été très ému par leurs témoignages», a cependant déclaré le haut responsable de l'administration américaine.

Commerce et Syrie

Le commerce devrait également être au menu des discussions de Floride. A sa grande déception, le Japon n'est pas sur la liste des pays exemptés des taxes décidées par M. Trump sur l'acier et l'aluminium.

La question de l'accord de libre-échange transpacifique refait surface. Faisant volte-face, Donald Trump a dit jeudi soir envisager de rejoindre sa nouvelle version si elle est «meilleure», après s'être retiré du traité initial.

La situation en Syrie où les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont lancé des frappes ciblées contre le régime de Bachar el-Assad samedi pourrait éclipser les discussions nippo-américaines. Tokyo «soutient la détermination» des trois pays contre l'arme chimique, a réagi samedi Shinzo Abe. (ats/nxp)

Créé: 16.04.2018, 07h21

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