Mercredi 14 novembre 2018 | Dernière mise à jour 11:44

Russie Accusé de harcèlement sexuel, il démissionne

Ivan Kolpakov, fondateur du site d'informations Meduza, a démissionné de son poste de rédacteur en chef suite à une accusation d'harcèlement sexuel.

Image: Facebook

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Le site d'informations russophone indépendant Meduza a annoncé vendredi la démission de son rédacteur en chef à la suite d'accusations de harcèlement sexuel, embarrassante pour ce média qui avait largement couvert le mouvement #MeToo, souvent vu avec méfiance en Russie.

Ivan Kolpakov, l'un des fondateurs de ce site basé en Lettonie pour échapper aux pressions des autorités russes, et son rédacteur en chef depuis 2016, était accusé d'avoir eu un geste déplacé sur la conjointe d'un collègue lors d'une soirée.

«Il s'agit de la seule façon de mettre fin à la crise visant la rédaction et de minimiser les dommages causés à la réputation» de ce média, a déclaré M. Kolpakov, cité par Meduza. La direction de Meduza avait jusqu'ici décidé de maintenir à son poste Ivan Kolpakov, provoquant des rédactions indignées parmi ses lecteurs et au sein de la rédaction.

Selon Meduza, M. Kolpakov aurait eu, sous l'influence de l'alcool lors de la soirée d'anniversaire du site le 20 octobre, un geste déplacé envers la femme d'un des collaborateurs du média. Il a dit ne pas se souvenir exactement de ce qu'il s'était passé lors de cette soirée, mais n'a pas exclu qu'un tel incident a pu avoir lieu.

M. Kolpakov s'était ensuite excusé en personne auprès du collaborateur et par courrier auprès de la femme de celui-ci, selon la même source.

Harcèlement pas encore reconnu

Le mouvement #Metoo n'avait jusque là eu que très peu d'impact en Russie, pays que les autorités présentent comme champion des valeurs traditionnelles. Le seul cas de harcèlement sexuel ayant fait du bruit est celui de l'influent député Léonid Sloutski, accusé par plusieurs journalistes de harcèlement sexuel.

M. Sloutski, qui a accueilli les accusations avec un mépris marqué et s'est même félicité d'avoir «gagné en autorité» grâce au scandale, a fait l'objet d'une enquête de la commission d'éthique du Parlement, qui n'a pas relevé de «violations des règles» dans son comportement.

Le président Vladimir Poutine avait pour sa part critiqué #Metoo en affirmant que les cas concrets d'accusations de harcèlement sexuel devaient se régler devant les tribunaux et non servir de base à des «campagnes» politiques. (afp/nxp)

Créé: 09.11.2018, 14h26

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