Mercredi 3 juin 2020 | Dernière mise à jour 11:57

Etats-Unis L'affaire Nassar provoque encore une démission

Accusée par des victimes du docteur Nassar d’avoir fermé les yeux, la directrice de la Fédération américaine de gym, à peine nommée, a démissionné.

Mary Bono n'aura passé que quatre jours à la tête de la Fédération américaine de gymnastique.

Mary Bono n'aura passé que quatre jours à la tête de la Fédération américaine de gymnastique. Image: AFP

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Mary Bono, nommée le 12 octobre directrice par intérim de la Fédération américaine de gymnastique (USAG) afin de faire oublier le scandale des abus sexuels liés à l'affaire Nassar qui secoue l'instance, a démissionné mardi, se disant victime «d'attaques personnelles» lancées par des gymnastes dont la star Simone Biles.

«C'est avec un profond regret, associé à un amour profond pour ce sport et au respect pour ceux/celles qui aspirent à devenir de grands gymnastes, que je présente ma démission», écrit dans un communiqué Mme Bono, qui avait remplacé provisoirement la directrice exécutive Kerry Perry, elle-même déjà forcée à la démission le 3 septembre sous la pression du Comité olympique américain (USOC) après seulement neuf mois en poste.

«Mon départ se produit après des attaques personnelles qui me laissent sans défense, et qui auraient pu constituer un handicap pour l'USAG si je devais rester», a ajouté l'ancienne membre du Congrès américain, faisant allusion à des critiques des gymnastes Simone Biles et Aly Raisman.

Dans une série de tweets, Raisman, double championne olympique par équipes, et surtout l'une des figures de proue du combat des victimes de l'ancien médecin de la Fédération Larry Nassar, condamné pour avoir abusé sexuellement de centaines de gymnastes pendant deux décennies, avait en effet critiqué le choix de Bono.

Elle avait notamment souligné que l'ancienne membre républicaine du Congrès était liée au cabinet d'avocat Faegre Baker Daniels, qui a défendu l'USAG dans l'affaire Nassar. «Pourquoi nommer quelqu'un associé au cabinet qui a aidé à couvrir les abus ?», avait interrogé la gymnaste de 24 ans, elle-même victime de l'ancien médecin de la sélection américaine de gym.

«Mes coéquipières et moi avons dénoncé les abus de Nassar à l'USAG en 2015. Nous savons que l'USOC et les avocats de chez Faegre Baker Daniels ont été avertis au même moment et pourtant Nassar a continué ses abus sur des enfants pendant 13 mois!?»

«Fière de mon travail»

Une autre victime de Nassar, Kaylee Lorincz, s'en était directement prise à Mary Bono sur Twitter. «Vous devez m'expliquer pourquoi vous et votre cabinet avez permis à Larry (Nassar, ndlr) d'abuser de moi en 2016 après avoir été tous parfaitement informés qu'il abusait des petites filles», a tweeté Lorincz.

Mardi, Mary Bono a défendu sa collaboration avec Faegre Baker Daniels: «Je suis fière de mon travail chez Faegre Baker Daniels et j'apprécie énormément le soutien apporté par le cabinet d'avocats à mon travail de prévention contre la drogue, au traitement et à la guérision des toxicomanes».

Concernant son passage éclair à la tête de l'USAG, l'ancienne membre du Congrès a affirmé qu'elle se voyait réussir dans sa tâche grâce à son expérience de jeune gymnaste ayant assisté en première ligne à ce qu'elle décrit comme un «comportement agressif d'un entraîneur».

«J'aurais tout donné pour m'assurer que personne, dans la gymnastique et selon ma propre expérience, ne devrait avoir à choisir entre abus (sexuels) et ambition (sportive), ou entre dénoncer (des méfaits) et promouvoir le succès», a-t-elle écrit dans son communiqué.

Dimanche, Simone Biles, 4 fois championne olympique et dont le sponsor principal est Nike, s'en était prise à Bono pour un tweet où l'ancienne représentante républicaine au Congrès avait publié une photo d'elle chaussant des chaussures de golf de la marque à la virgule, dont elle avait camouflé au feutre le logo. «Bouche-bée. Ne soyons pas inquiets, ce n'est pas que nous ayons besoin d'un président de la gymnastique intelligent, ou de sponsors...»

La présidente du Comité olympique américain (USOC), Sarah Hirshland, a jugé «malheureuses» les circonstances du départ de Mme Bono. «L'USOC est déterminé à travailler dur avec la direction de l'USAG afin de trouver le bon leader qui peut reconstruire la gymnastique afin qu'elle redevienne une organisation de classe mondiale que nous connaissons», a souligné Mme Hirshland. (afp/nxp)

Créé: 17.10.2018, 02h06

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