Dimanche 19 janvier 2020 | Dernière mise à jour 19:15

Afrique du Sud Le président Zuma réussit à conserver son poste

Le chef de l'Etat sud-africain Jacob Zuma, empêtré dans des scandales à répétition, a survécu mardi à une nouvelle motion de défiance.

Pour la quatrième fois depuis 2015, Jacob Zuma a donc réussi à limiter la contestation interne et à conserver son poste, malgré les scandales de corruption.

Pour la quatrième fois depuis 2015, Jacob Zuma a donc réussi à limiter la contestation interne et à conserver son poste, malgré les scandales de corruption. Image: Archives/photo d'illustration/Keystone

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Le Parlement sud-africain a rejeté mardi par 198 voix contre 177 la motion de défiance déposée par l'opposition contre le président Jacob Zuma.

L'enjeu était de taille: si la défiance avait été votée, Jacob Zuma aurait dû démissionner de la présidence, poste qu'il occupe depuis 2009, et son gouvernement serait tombé. «Nous avons prouvé une nouvelle fois que l'ANC est le parti du peuple», a clamé le président Zuma devant le parlement peu après l'annonce des résultats du vote.

«Le choix de la corruption et du vol»

Le principal parti d'opposition, l'Alliance démocratique (DA), a fait part de sa déception: «La majorité de l'ANC a choisi la corruption et le vol plutôt que les intérêts du pays».

L'opposition, qui avait déposé la motion, avait un temps pensé rallier suffisamment de députés de l'ANC pour faire chuter le chef de l'Etat, critiqué dans ses propres rangs. La décision surprise de la présidente du parlement d'organiser le vote à bulletins secrets, comme le réclamait l'opposition, avait suscité beaucoup d'espoir.

Mais seules quelques dizaines de députés de l'ANC ont finalement franchi le pas de voter la défiance, insuffisant pour pousser le président vers la sortie.

Guerre de clans à l'ANC

Ce vote constituait un test important sur l'unité de l'ANC, en proie à une guerre de clans. Depuis des mois, des voix s'élèvent publiquement au sein du parti contre Jacob Zuma.

Celui-ci accumule les déboires et multiplie les scandales: récession, chômage record (27,7%), abus de biens sociaux, remaniement gouvernemental controversé, suspicion de favoritisme envers une richissime famille d'hommes d'affaires, revers historique de l'ANC aux municipales de 2016, etc.

Avant le vote, des vétérans du parti, dont des camarades de lutte de Nelson Mandela, avaient dénoncé «le comportement rapace de ceux au pouvoir», appelant à mots couverts à voter en faveur de la motion de défiance.

«Petit succès»

L'échec de cette motion «représente un petit succès pour Jacob Zuma», a commenté l'analyste Daniel Silke. L'homme, 75 ans, a survécu à quatre motions de défiance depuis 2015, neuf depuis 2009.

Mais «la question de l'avenir de Zuma va continuer de miner le parti jusqu'à ce qu'il s'en aille à la fin de son mandat (en 2019) ou avant», a ajouté Daniel Silke.

La «relative mutinerie» dans les rangs de l'ANC, avec la défection mardi de plusieurs députés de la majorité qui ont voté la défiance, «va se répercuter au sein de l'ANC dans les prochains mois», a-t-il prédit.

Bataille pour la succession

En décembre, l'ANC doit élire son nouveau chef, qui remplacera Jacob Zuma à la tête du parti. La bataille a déjà commencé entre pro-Zuma et réformistes pourfendeurs de la corruption.

Deux noms figurent parmi les favoris: l'actuel vice-président Cyril Ramaphosa, chef des frondeurs anti-Zuma, et Nkosazana Dlamini-Zuma, l'ancienne patronne de l'Union africaine (UA), qui a le soutien du chef de l'Etat, son ex-mari. Le vainqueur est assuré de devenir président en 2019 si l'ANC remporte les élections générales.

Sur les marchés des changes, le rand sud-africain s'est déprécié de plus de 1% face au dollar à l'annonce du succès de Zuma. Les investisseurs estiment qu'il est une charge qui pèse sur l'économie sud-africaine. (afp/nxp)

Créé: 08.08.2017, 11h55

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