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Tunisie Un an après la fuite de Ben Ali, le peuple réclame son dû

Il y a une année exactement, le despote fuyait la Tunisie emporté par les prémices du Printemps arabe. Impatient mais aussi désabusé, le peuple désespère aujourd’hui de récolter les fruits de sa révolution.

Un an après la fuite du despote Ben Ali, les Tunisiens attendent donc toujours, impatiemment mais en même temps désabusés, de récolter les dividendes de leur révolution.

Un an après la fuite du despote Ben Ali, les Tunisiens attendent donc toujours, impatiemment mais en même temps désabusés, de récolter les dividendes de leur révolution. Image: AFP

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Le 14 janvier 2011, le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali fuyait la Tunisie après 23 ans de règne. Un an plus tard, le despote fait partie du passé d’un pays confronté à l’urgence sociale et à des défis démocratiques majeurs.

Premier tyran arabe chassé par son peuple, Zine El Abidine Ben Ali est toujours réclamé par les nouvelles autorités tunisiennes qui ont envoyé deux demandes d'extradition à l'Arabie Saoudite, où il a trouvé refuge. Cet appel est resté lettre morte à ce jour.

Jugé par contumace

Malgré cet exil forcé, Ben Ali a été jugé par contumace dans plusieurs dossiers notamment pour détournements, suite à la découverte dans son palais de Carthage d'un trésor constitué de liasses d'argent et de bijoux.

Un an après son départ, l’ancien président est cité par la justice tunisienne dans près de 200 dossiers judiciaires. A l'issue des premiers jugements déjà prononcés, le despote a déjà été condamné à 75 ans de prison.

Les membres du clan Ben Ali ne sont pas épargnés par les poursuites judiciaires. Sa femme Leïla Trabelsi a déjà, au moins, écopé de 35 ans d’emprisonnement pour détournement de fonds publics ainsi que d'une amende de 20 millions d'euros.

N’ayant pas réussi à fuir à temps dans les premières heures de la révolution tunisienne, une quarantaine de proches de l'ex-président dorment toujours en prison à Tunis. La plupart ont été condamnés pour tentative de fuite avec devises, lingots et autres diamants.

Menacés de représailles, les membres de la famille Ben Ali sont incarcérés dans une caserne. Parmi eux, trois frères de Leïla Trabelsi, deux s oeurs et son neveu Imed Trabelsi.

L'Arabie Saoudite ayant refusé à deux reprises l’extradition vers la Tunisie, Zine El Abidine Ben Ali et sa femme vivent aujourd’hui dans la ville de Jeddah. L’ancien despote écrirait ses mémoires, selon des sources proches du couple.

Manifestations symboliques

Pour marquer ce premier anniversaire du départ du tyran, les nouvelles autorités tunisiennes, sous l’impulsion du président Moncef Marzouki, ont prévu plusieurs manifestations symboliques, dont notamment un lâchement de ballons rouges, un défilé aux flambeaux de la population de la ville martyr de Sidi Bouzid. Une exposition de photos murales et de projections de films sur la révolution figurent également au programme du week-end.

Un certain nombre de dirigeants arabes devraient être présents, invité par le nouveau régime tunisien. Parmi eux, le président algérien Abdelaziz Bouteflika, le chef du gouvernement du Qatar Hamad bin Khalifa Al Thani, le chef du Conseil National de Transition (Cnt) de la Libye, Moustapha Abdeljalil et aussi le ministre marocain des Affaires étrangères, Saad-Eddine El Othmani.

Une ébauche de démocratie

Ces manifestations ont surtout pour but de donner une certaine légitimité au nouveau pouvoir. Mais les préoccupations du peuple tunisien sont plus terre-à-terre. Il préférerait que les membres du clan Ben Ali soient un jour jugés sur leur sol natal.

Le chômage, absent des statistiques sous le «miracle économique» de l’époque Ben Ali, a ainsi explosé au grand jour et ravage aujourd’hui des régions entières du pays. La moyenne nationale est de 19%, mais le taux peut atteindre les 50% à l’intérieur du pays, dans des zones laissées en déshérence pendant des décennies.

Outre ces problèmes économiques, l’ébauche de démocratie est aussi un facteur à risque. De nombreux membres influents de l’ancien parti au pouvoir ont intégré des formations en vue, alors que des islamistes, autrefois dans la résistance et vainqueurs des élections législatives, sont confrontés à la mise en place du pouvoir.

Les Tunisiens attendent donc toujours, impatiemment mais en même temps désabusés, de récolter les dividendes de leur révolution.

La révolution tunisienne en images

La révolution un an après

Créé: 14.01.2012, 07h32

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