Mercredi 19 juin 2019 | Dernière mise à jour 21:45

Violences Un double attentat à la voiture piégée au Liban fait 42 tués

Deux voitures piégées ont explosé à quelques minutes d'intervalle à Tripoli, la grande ville du nord du Liban. Un nouveau bilan parle d'au moins 42 morts et 500 blessés, selon le ministre de la Santé.

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Les attaques visaient deux mosquées sunnites à Tripoli, la capitale du nord du pays, théâtre de fréquentes violences entre partisans et opposants du régime syrien.

Elles sont intervenues une semaine après une attaque similaire qui a fait le 15 août 27 tués et 120 blessés dans la banlieue chiite de Beyrouth, fief du Hezbollah. Ce puissant mouvement chiite libanais combat aux côtés des troupes du régime syrien du président Bachar al-Assad.

Ces nouvelles violences risquent d'exacerber les tensions confessionnelles au Liban, déjà fortes en raison du conflit syrien qui divise profondément le pays entre pro et anti-Assad. Mercredi l'armée libanaise a dit être désormais en «guerre totale» contre le «terrorisme».

Les déflagrations, qui ont eu lieu à quelques minutes d'intervalle, ont visé deux mosquées sunnites, l'une dans le centre, l'autre près du port. Les lieux de culte ont été endommagés par ces attaques qui se sont produites le jour de la prière hebdomadaire.

Slogans hostiles au Hezbollah

A la suite des attentats, des centaines de personnes en colère se sont rassemblées près de la mosquée al-Taqwa et ont scandé des slogans hostiles au Hezbollah chiite et au régime Assad.

Le Hezbollah est engagé depuis des mois dans la guerre en Syrie voisine aux côtés du régime de Damas, contre les rebelles. Il est accusé par ses rivaux au Liban d'avoir entraîné le pays dans une vague de violences qui a touché son propre bastion.

Le parti chiite a lié le double attentat à Tripoli à l'explosion qui a frappé son fief dans la banlieue sud de Beyrouth. Il estime que ces attaques font partie d'un «plan pour plonger le Liban dans le chaos et la destruction».

Tripoli est régulièrement le théâtre d'affrontements entre sunnites, qui soutiennent en majorité la rébellion syrienne, et alaouites, favorables au régime Assad.

Vers une nouvelle guerre?

Le ministre libanais de la Défense, Fayez Ghosn, a appelé au calme. «Les auteurs de la dissension ne veulent pas que les Libanais vivent en paix une seule minute, ils veulent que la machine à tuer fauche la vie d'innocents dans tout le Liban», a réagi l'ex-Premier ministre sunnite et rival du Hezbollah, Saad Hariri.

«Il est clair qu'il y a une volonté de déclencher une guerre confessionnelle au Liban pour détourner l'attention de ce qui se passe en Syrie», a de son côté estimé Hilal Khachane, chef du département de sciences politiques à l'Université américaine de Beyrouth. «Je ne crois pas que le Liban plongera dans une guerre confessionnelle», a-t-il toutefois ajouté.

Les autorités syriennes ont de leur côté dénoncé un «lâche acte terroriste». Plusieurs pays ont condamné les violences. Le Conseil de sécurité et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon ont «condamné fermement» de son côté le double attentat et ont appelé les Libanais à la retenue.

Et la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Catherine Ashton, s'est elle déclarée «horrifiée» par ces attaques.

Ces attentats sont les plus spectaculaires et les plus meurtriers à Tripoli depuis la fin de la guerre civile (1975-1990). Ils ravivent le douloureux souvenir des attaques à la voiture piégée perpétrées durant ce conflit, à un moment où le Liban n'a pas de gouvernement depuis cinq mois, en raison des divisions liées au conflit syrien. (afp/nxp)

Créé: 23.08.2013, 13h24

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