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Libye Aucune revendication sur l'attentat de Tripoli

L'ambassade de France à Tripoli, en Libye, a été visée par un attentat à la voiture piégée, mardi. Selon des sources de l'ambassade, deux gardes auraient été blessés. Aucune revendication n'a été formulée.

Laurent Fabius sur BFMTV

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Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a affirmé mardi que les autorités françaises n'avaient reçu «aucune revendication» de l'attentat contre l'ambassade de France à Tripoli.

«C'est une atteinte très, très grave aux intérêts français», a déclaré Jean-Marc Ayrault, à l'issue d'une rencontre avec les députés socialistes, ajoutant qu'il ne disposait d'«aucune revendication, aucune information» sur cet attentat.

Un attentat à la voiture piégée a visé mardi l'ambassade de France à Tripoli. Deux gendarmes français ont été blessés dans cette attaque, qui a importé la violence au cœur de la capitale libyenne, jusque-là moins affectée par l'instabilité.

«Cet attentat aurait pu être absolument un carnage. Il s'en est fallu de quelques minutes: si le personnel avait été là, cela aurait été un drame épouvantable», a déclaré sur BFMTV le ministre français des affaires étrangères Laurent Fabius, avant de partir pour Tripoli. Selon lui, l'un des deux gendarmes a été «sérieusement» blessé.

Cet «acte odieux» «vise non seulement la France mais l'ensemble des pays qui luttent contre les groupes terroristes», a-t-il dit. «Cet attentat était fait pour tuer. La France ne cédera pas», a martelé le chef de la diplomatie française.

Sécurité renforcée

Paris a décidé d'envoyer sur place un groupement du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) et de renforcer les mesures de sécurité dans la zone. Les activités du Centre culturel français à Tripoli et de la «petite école» ont notamment été suspendues.

Le président François Hollande, dont le pays a participé à l'opération militaire internationale contre le régime Kadhafi, a pour sa part dénoncé «avec la plus grande fermeté» cet attentat. Il attend de la Libye que «toute la lumière soit faite sur cet acte inacceptable».

Déstabilisation de la Libye

Le ministre libyen des affaires étrangères Mohammed Abdel Aziz, qui s'est rendu sur place, a lui aussi condamné «fermement cet acte que nous considérons comme un acte terroriste contre un pays frère qui a appuyé la Libye durant la révolution» de 2011.

Il a annoncé la formation d'une commission franco-libyenne pour enquêter sur l'attaque, refusant de donner toute indication sur les motifs ou les auteurs de cet attentat, qui n'a pas été revendiqué.

«Nous sommes dans une période cruciale et certains veulent déstabiliser la Libye», a déclaré le vice-Premier ministre libyen, Awad al Barasi, qui s'est rendu sur place.

«Nous sommes confrontés à plusieurs menaces et ennemis. Il est trop tôt pour le moment de désigner une quelconque partie», a renchéri le chef de la police de Tripoli, Mahmoud al-Chérif.

Deux explosions

L'attentat a été commis vers 7h. Des habitants vivant dans le quartier de l'ambassade, ont dit avoir entendu deux explosions. «La première était très puissante, la seconde plus petite», a raconté un témoin. Selon Mahmoud al-Chérif, «un engin explosif a été dissimulé dans une voiture garée devant la porte même de l'ambassade».

Le mur d'enceinte s'est partiellement effondré, ainsi qu'une partie de la façade du bâtiment de deux étages situé dans une rue étroite. Deux voitures garées devant l'ambassade ont été calcinées, d'autres endommagées. L'explosion a également percé une canalisation d'eau.

Selon un correspondant de l'AFP sur place, il ne restait d'un véhicule garé devant l'entrée de l'ambassade que le moteur et un bout de carcasse calcinée. Un profond cratère était visible devant la porte de la chancellerie.

Selon un des voisins, légèrement blessé au visage, qui habite en face de l'ambassade, la voiture a été sans doute garée quelques minutes avant l'explosion.

L'instabilité persiste

C'est la première fois qu'une représentation étrangère à Tripoli est visée par une attaque depuis la mort de Mouammar Kadhafi et la chute de son régime, en octobre 2011.

Dix-huit mois plus tard, le nouveau pouvoir libyen éprouve toujours les plus grandes difficultés à imposer son autorité sur un pays où d'importantes quantités d'armes sont en circulation et où les milices armées agissent souvent à leur guise.

A cela s'ajoute un contexte régional marqué par le conflit au Mali où l'armée française est intervenue à la demande des autorités de Bamako, à la suite d'une offensive islamiste vers le Sud en janvier.

Les groupes armés jihadistes maliens ont menacé en représailles de s'attaquer aux intérêts français. (afp/nxp)

Créé: 23.04.2013, 07h56

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