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Tourisme sexuel Déploiement de forces après le lynchage à Madagascar

Les forces de l'ordre malgaches ont quadrillé samedi l'île touristique de Nosy Be, deux jours après le lynchage de trois hommes, soupçonnés par une foule en colère de l'assassinat d'un enfant et de pratiques pédophiles.

Les forces de l'ordre patrouillent sur l'île de Nosy Be (nord-ouest de Madagascar) ce samedi pour procéder à de nouvelles arrestations dans le cadre de l'enquête sur le lynchage perpétré par une foule d'habitants en furie contre trois hommes, dont un Français et un Franco-Italien, jeudi.

Les forces de l'ordre patrouillent sur l'île de Nosy Be (nord-ouest de Madagascar) ce samedi pour procéder à de nouvelles arrestations dans le cadre de l'enquête sur le lynchage perpétré par une foule d'habitants en furie contre trois hommes, dont un Français et un Franco-Italien, jeudi. Image: AFP

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Les forces de l’ordre malgaches ont annoncé samedi l’arrestation au total de 19 personnes sur l’île touristique de Nosy Be, au surlendemain du lynchage de trois hommes, dont deux Européens. Ils étaient soupçonnés par une foule en colère de l’assassinat d’un enfant et de pratiques pédophiles.

Des patrouilles, à pied et en pick-up, quadrillaient Hell-Ville, la petite capitale de l’île, où la situation était redevenue très calme.

«Au total il y a eu 19 arrestations», a indiqué la gendarmerie locale, précisant que le manque de coopération de la population ne facilitait pas sa tâche. Par précaution, six Français ont été évacués vers la capitale Antananarivo parce qu’ils avaient peur.

L’objectif était d’arrêter tous ceux qui ont participé aux lynchages et aux émeutes de mercredi et jeudi, et ceux qui ont des photos des lynchages dans la mémoire de leur téléphone portable, a précisé un gendarme.

Touristes et habitants de l’île pouvaient cependant se déplacer librement, après la fin du couvre-feu imposé pendant la nuit par les autorités locales par mesure de précaution.

Un «joro», cérémonie rituelle visant a conjurer le sort, qui était prévu samedi pour libérer Nosy Be du mal qui l’a rongée ces derniers jours, a été annulé.

Simulacre de procès

Trois hommes ont été lynchés et leurs corps brûlés jeudi par la population locale. La foule les tenait pour responsables du meurtre de Chaino, un enfant de huit ans, porté disparu depuis près de six jours et retrouvé mutilé sur une plage dans la nuit de mercredi à jeudi.

La population s’est fait justice après un simulacre de procès des deux premières victimes, un Français qui faisait de fréquents séjours à Madagascar et un Franco-Italien dont le visa était expiré.

La troisième victime, un Malgache qui est l’oncle de l’enfant, a été exécutée et brûlée jeudi soir. Les autorités et de nombreux habitants de l’île avaient jusque-là expliqué que les deux Européens étaient accusés par la foule de «trafic d’organes», une accusation restée très vague et que rien n’est venu étayer.

Tourisme sexuel

Le climat était particulièrement tendu sur l’île, d’autant que les gendarmes avaient tué deux personnes mercredi en ouvrant le feu pour se protéger d’émeutiers venus réclamer qu’on leur livre le kidnappeur de l’enfant, dont on n’avait pas encore retrouvé le corps. Comptant environ 40’000 habitants, dont 700 Français, Nosy Be est la principale destination touristique de Madagascar. Célèbre pour ses plages aux eaux cristallines, l’île est plus tristement réputée pour être un haut lieu du tourisme sexuel. (ats/nxp)

Créé: 05.10.2013, 21h21

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