Lundi 23 septembre 2019 | Dernière mise à jour 01:32

Nigeria Deux prêtres et 16 fidèles tués dans une église

Un nouvel épisode d'affrontements intercommunautaires a fait au moins 18 morts, mardi matin, dans une église du Nigeria.

Image prétexte

Image prétexte Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Deux prêtres catholiques et au moins 16 fidèles ont été tués dans le centre du Nigeria, où les affrontements intercommunautaires se multiplient ces derniers mois, a-t-on appris auprès de la police mardi. L'attaque qui a visé une église est attribuée à des éleveurs.

Une trentaine d'hommes armés ont surgi tôt mardi dans la chapelle du village de Mbalom alors qu'une messe de funérailles était célébrée, a déclaré le patron de la police de l'Etat de Benue, Fatai Owoseni à la presse. Ces «bandits suspectés d'être des éleveurs ont tué deux révérends pères».

«Nous avons récupéré 16 corps (de fidèles) et ceux des deux prêtres sur les lieux de l'attaque», a ajouté M. Owoseni. La police «fouille toute la zone» pour retrouver les coupables et les traduire en justice, a-t-il encore souligné.

«Abattues de sang-froid»

Le diocèse de Makurdi, capitale de l'Etat de Benue, a confirmé l'attaque et la mort des prêtres Joseph Gor et Felix Tyolaha dans un communiqué condamnant les violences.

Selon Terhemen Angor, un habitant de Mbalom, l'office venait de démarrer vers 5h30 locales (6h30 en Suisse) à l'église St Ignatius «quand des tirs rapprochés ont commencé à résonner». «Les gens ont commencé à courir et à crier», a-t-il raconté à l'AFP, affirmant qu'une vingtaine de personnes avaient été «abattues de sang-froid», et de nombreuses autres blessées.

Les assaillants ont ensuite attaqué le village, «pillant plus de 60 maisons, des terres agricoles et des greniers alimentaires», a-t-il raconté. La population terrorisée a fui vers des localités voisines, ajoute-t-il.

Tournure identitaire

Les Etats du centre du Nigeria sont régulièrement touchés par des affrontements meurtriers pour l'accès à la terre et à l'eau entre agriculteurs sédentaires de confession chrétienne et éleveurs nomades, majoritairement peuls et musulmans, accusés de saccager les fermes agricoles avec leurs troupeaux.

Ce conflit séculaire pour les ressources, aggravé par l'explosion démographique dans le pays le plus peuplé d'Afrique (180 millions d'habitants) prend depuis plusieurs mois une tournure identitaire et religieuse. Le gouvernement du président Muhammadu Buhari a déployé l'armée dans plusieurs Etats, dont celui de Benue, pour tenter d'endiguer les violences intercommunautaires.

Selon l'agence locale de secours (SEMA), ce conflit a fait plus de 175'000 déplacés dans l'Etat de Benue depuis le début de l'année, dont 80'000 enfants, qui vivent pour la plupart dans des camps. Selon un rapport de septembre 2017 de l'International Crisis Group, plus de 2500 personnes ont ainsi été tuées au Nigeria en 2016. (ats/nxp)

Créé: 25.04.2018, 00h20

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.