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Intervention au Mali L'armée française détruit la maison d'un chef islamiste

L'aviation française a bombardé des positions islamistes à Kidal et sa région, dans l'extrême nord-est du Mali, détruisant notamment la maison du chef du groupe armé Ansar Dine.

La maison de Iyad Ag Ghaly (à gauche) à Kidal aurait été détruite.

La maison de Iyad Ag Ghaly (à gauche) à Kidal aurait été détruite. Image: AFP

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La France en guerre au Mali

La France en guerre au Mali Engagée depuis le 18 janvier au Mali, l'armée française progresse vers le nord du Mali, reprenant aux Islamistes plusieurs villes qu'ils occupent depuis neuf mois.

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L'aviation française a bombardé des positions islamistes à Kidal et sa région, dans l'extrême nord-est du Mali. Elle a notamment détruit la maison du chef du groupe armé Ansar Dine (Défenseurs de l'islam), a-t-on appris dimanche de sources concordantes.

«Il y a eu des frappes aériennes dans la région de Kidal (1500 km de Bamako). Ces frappes ont notamment touché la maison de Iyad Ag Ghaly à Kidal et un camp militaire dans la même ville», a déclaré une source malienne de sécurité, dont le témoignage a été confirmé par des habitants de la région.

«Il y a aussi eu des tirs de l'aviation française à l'ouest de Kidal, non loin du village natal de Iyad Ghaly», a déclaré de son côté un élu local. Kidal et sa région sont le fief d'Ansar Dine. Dirigé par Iyad Ag Ghaly, ex-militaire et ex-figure des rébellions touareg des années 1990 au Mali, ce groupe est apparu au grand jour en 2012. Il a été renforcé par des combattants qui étaient des membres actifs de la branche maghrébine d'Al-Qaïda.

Kidal avait été la première ville conquise par les rebelles touareg et les groupes islamistes en mars 2012. Les rebelles touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) avaient ensuite été évincés de la région par leurs anciens alliés.

Gao, conquis par les soldats

«Les forces maliennes et françaises libèrent Gao», la principale ville du nord du Mali, a annoncé le ministère français de la Défense dans un communiqué, précisant que des membres des forces spéciales s'étaient emparés dans la nuit de l'aéroport et d'un pont stratégique à Gao, à 1200 km au nord-est de Bamako.

Paris a précisé que des contingents africains, formés de militaires nigériens et tchadiens, arrivaient sur zone pour prendre le relais des forces françaises. «Les forces françaises et africaines maîtrisent à 100% la ville de Gao. Il y a une liesse populaire, tout le monde est content», a indiqué une source de sécurité malienne.

Mais de premiers témoignages font aussi état d'actes de pillage. «Il n'y a pas de combat à proprement parler» dans la région de Gao, selon un porte-parole de l'état-major français, «mais sporadiquement, des opérations de harcèlement avec des éléments terroristes qui ouvrent le feu sur nos positions après s'être abrités dans des zones urbaines».

L'entourage du ministre de la Défense français Jean-Yves Le Drian a jugé par ailleurs «plausible» le bilan de quelques centaines de combattants islamistes tués depuis le début de l'intervention française au Mali donné par le quotidien français Le Monde, citant des sources militaires.

Implication américaine

Les positions des islamistes à Gao ont été à plusieurs reprises pilonnées par l'aviation française. Cette dernière devrait bientôt recevoir l'appui d'avions-ravitailleurs américains, le Pentagone ayant répondu favorablement à une requête de Paris en ce sens faite il y a plus de deux semaines.

Cette décision, annoncée samedi par le secrétaire américain à la Défense Léon Panetta à M. Le Drian, marque une montée en puissance de l'implication des Etats-Unis dans le conflit malien. La veille, le président Barack Obama avait appelé son homologue français François Hollande pour lui exprimer son soutien.

L'armée américaine dispose d'une flotte sans équivalent de plus de 400 avions-ravitailleurs KC-135. La France de son côté mobilise déjà une partie importante de ses 14 avions-ravitailleurs vieillissants pour ses missions aériennes au Mali. Washington a jusqu'à présent fourni des gros-porteurs C-17, ainsi qu'un soutien en matière de renseignement via les satellites et sans doute des drones.

La ville de Gao était un bastion des islamistes du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), qui y ont commis de nombreuses exactions, dont des amputations de personnes accusées de vol.

Négocier la libération d'un otage

C'est ce groupe islamiste qui a dit samedi vouloir négocier la libération d'un otage français qu'il détient depuis deux mois. «Le Mujao est prêt à négocier la libération de l'otage Gilberto», a déclaré Walid Abu Sarhaoui, porte-parole du Mujao, en référence au Français Gilberto Rodriguez Leal, enlevé en novembre 2012 dans l'ouest du Mali.

Le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a répondu en refusant «les logiques de chantage». «La France fera tout pour leur liberté», a-t-il ajouté, en évoquant les sept otages français au Sahel. Interrogé pour savoir si cette volonté affichée de négociation était liée à l'intervention militaire française, le porte-parole du Mujao a simplement répondu: «Nous voulons négocier. Pour la guerre, entre musulmans, nous pouvons nous comprendre», sans autre précision.

Une déclaration qui peut être interprétée comme une ouverture pour des négociations avec Bamako et qui survient deux jours après l'annonce d'une scission au sein d'Ansar Dine (Défenseurs de l'islam), un autre des groupes islamistes du Nord du Mali.

(afp/nxp)

Créé: 27.01.2013, 10h42

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