Mardi 20 août 2019 | Dernière mise à jour 14:09

Mali L'armée française s'est emparée de Kidal

La France s'est emparée mercredi de la dernière grande ville du nord du Mali sous contrôle des islamistes. Cette nouvelle avancée pourrait ouvrir la voie à des négociations avec des tribus touareg disposées à collaborer.

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Des «éléments français ont été mis en place cette nuit à Kidal», dans l'extrême nord-est du Mali, a affirmé le colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l'état-major des armées françaises. L'armée française était toutefois bloquée en fin d'après-midi à l'aéroport de Kidal par une tempête de sable, a annoncé de son côté le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian.

Selon une source de sécurité malienne, les principaux responsables des groupes islamistes se sont réfugiés dans le massif des Ifoghas, montagnes au nord de Kidal. Ils se trouvent près de la frontière algérienne. Kidal était le fief d'Ansar Dine, dirigé par Iyad Ag Ghaly, groupe islamiste armé allié à Al-Qaïda au Maghreb islamique.

Des dissidents d'Ansar Dine, le Mouvement islamique de l'Azawad (MIA), avaient cependant récemment affirmé tenir Kidal avec les rebelles touareg du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA).

«Solution pacifique»

Le MIA a assuré rejeter le terrorisme et prôner une «solution pacifique» à la crise. «Les Français ont rencontré des membres du MNLA et aussi le secrétaire général du MIA, Algabass Ag Intalla, ainsi que des notables locaux», a affirmé un membre de l'administration locale. Mais les deux groupes ont aussi affirmé leur hostilité à la présence de soldats maliens. Ils craignent des exactions contre les communautés arabe et touareg.

La France a également officiellement appelé Bamako à «engager sans plus attendre des discussions avec les représentants légitimes des populations du Nord et les groupes armés non terroristes reconnaissant l'intégrité du Mali». A Paris, Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, a lui affirmé que les forces françaises quitteraient «rapidement» le Mali, ajoutant que c'est «aux pays africains de prendre le relais».

En Suisse, le Conseil fédéral a accepté que les avions de pays étrangers engagés dans l'intervention militaire pourront survoler le pays. L'autorisation s'étend également aux appareils transportant des munitions et des armes.

Dernière étape?

Des observateurs estiment également que la reprise de Gao, Tombouctou et Kidal pourrait ouvrir la porte à la négociation politique réclamée par Paris.

«Nous entrons dans une dernière étape» et «il est nécessaire maintenant d'entrer en pourparlers avec les tribus touareg qui sont disposées à collaborer avec la France et le Mali pour leur reconnaître leurs droits légitimes et, partant, une vraie reconnaissance politique des pays de la région», estime Pascal Le Pautremat, universitaire et spécialiste de la région.

Désormais, «le véritable enjeu, c'est la lutte contre les groupes islamistes dans le cadre d'une très forte coopération avec tous les pays de la région, Mali, Tchad, Niger et Algérie», explique l'expert.

Tombouctou: manuscrits déplacés

S'agissant de la ville de Tombouctou, plusieurs témoignages ont fait état de la destruction d'une partie des précieux manuscrits. La ville faisait figure de capitale intellectuelle et spirituelle de l'islam en Afrique subsaharienne aux XVe et XVIe siècles.

Toutefois, la plupart d'entre eux ont été placés en lieu sûr, a déclaré le responsable du projet de conservation des manuscrits de Tombouctou à l'université du Cap, en Afrique du Sud. Selon lui, les conservateurs et archivistes avaient commencé à déplacer les documents vers Bamako avant l'arrivée des islamistes à Tombouctou l'an dernier.

Mardi, un journaliste avait constaté que le sol de l'Institut des hautes études et de recherches islamiques Ahmed Baba, à Tombouctou, était jonché de cendres et de rares fragments de manuscrits. (afp/nxp)

Créé: 30.01.2013, 07h50

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