Samedi 17 août 2019 | Dernière mise à jour 16:00

Mort de supporters Le verdict d'un procès déclenche des violences en Egypte

Au moins un manifestant a été tué samedi au Caire dans de nouvelles violences, après un verdict dans le procès d'une tragédie du football, qui a également provoqué des troubles à Port-Saïd (nord-est).

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Un tribunal de Port-Saïd, siégeant au Caire pour des raisons de sécurité, a confirmé 21 condamnations à mort prononcées en janvier et annoncé 24 condamnations à des peines de prison -dont cinq à perpétuité- ainsi que 28 acquittements.

Le 1er février 2012, après une victoire du club Al-Masry de Port-Saïd sur Al-Ahly, célèbre club de la capitale, des centaines de supporters locaux avaient attaqué la tribune d'Al-Ahly. Les violences avaient fait 74 morts, en majorité des supporters cairotes, le bilan le plus lourd de l'histoire du football égyptien.

Supporters «très en colère»

Au Caire, des supporters d'Al-Ahly, dénonçant des peines trop clémentes et l'acquittement de plusieurs policiers, ont incendié un club de la police et le siège de la Fédération égyptienne de football. «Au début, on était content quand on a entendu les 21 condamnations à mort. On fêtait ça et on n'a pas entendu le reste du verdict», concernant les condamnations moins sévères et les acquittements, a déclaré un «Ultra», le surnom des supporters d'Al-Ahly.

«Ensuite, on est devenu très en colère», a-t-il ajouté. Les «Ultras» d'Al-Ahly sont réputés pour leur soutien actif à la révolte populaire qui a provoqué la chute de Hosni Moubarak début 2011. Près de la place Tahrir, des heurts, sporadiques depuis de semaines, ont repris entre des manifestants et la police, faisant un mort -un homme asphyxié par des gaz lacrymogènes-, selon les services de secours.

Un correspondant a également vu un homme mort, sans qu'il soit possible de dire s'il agissait de la même personne.

Peines capitales dénoncées

A Port-Saïd, sur le canal de Suez, des centaines de manifestants ont bloqué le trafic des ferries qui permettent de traverser le canal pour dénoncer à l'inverse la confirmation des peines capitales, prononcées principalement contre des supporters d'Al-Masry.

Les manifestants ont brûlé des pneus, déployé une banderole réclamant «l'indépendance pour Port-Saïd» et scandé «invalides, invalides!» pour qualifier les décisions du tribunal. L'organisme qui gère le canal a toutefois fait savoir que le transit des cargos n'était pas affecté sur cet axe vital du transport maritime international.

Plusieurs policiers faisaient partie des prévenus: deux officiers de haut grade ont écopé de 15 ans de prison, mais sept autres membres de la police ont été acquittés. La police avait été mise en cause pour sa passivité, et nombre d'Egyptiens pensent que l'affaire a été fomentée par d'anciens partisans de Hosni Moubarak afin d'attiser les tensions dans le pays.

Climat tendu

«Ces verdicts ne touchent pas ceux qui ont réellement perpétré le crime, les chefs du ministère de l'Intérieur et les membres du conseil militaire» au pouvoir au moment de l'affaire, a estimé le Mouvement du 6-Avril, une organisation de jeunes pro-démocratie.

Les condamnations à mort de janvier avaient déjà provoqué une flambée de colère à Port-Saïd, où une quarantaine de personnes avait péri dans des affrontements avec la police. Les tensions avaient repris depuis une semaine dans cette ville.

Le président islamiste Mohamed Morsi a dû appeler l'armée au secours de la police pour tenter de ramener le calme à Port-Saïd. Ces violences ont alourdi le climat en Egypte, qui connaît une transition politique chaotique jalonnée de violences, deux ans après la chute de Hosni Moubarak et près de neuf mois après l'élection de Mohamed Morsi, fortement contesté par une partie de la population.

Vendredi, le chef de la police anti-émeute en Egypte a été limogé après une grève sans précédent dans les rangs des policiers, qui dénonçaient leur manque d'équipement face aux manifestants violents et estimaient faire les frais de conflits politiques. Le pays, où la justice vient d'annuler l'organisation de législatives prévues fin avril pour non-conformité avec la Constitution, est également en proie à de graves difficultés économiques. (afp/nxp)

Créé: 09.03.2013, 18h09

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.