Samedi 4 juillet 2020 | Dernière mise à jour 16:18

Affaire Sarkozy Alexandre Djouhri sera extradé vers la France

Alexandre Djouhri est un protagoniste clé de l'enquête française sur le financement libyen présumé de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

Alexandre Djouhri, qui vit en Suisse, affirme être tombé dans un traquenard au Royaume-Uni.

Alexandre Djouhri, qui vit en Suisse, affirme être tombé dans un traquenard au Royaume-Uni. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Le tribunal londonien de Westminster a ordonné mardi l'extradition vers la France de l'homme d'affaires Alexandre Djouhri. Il s'agit du protagoniste clé de l'enquête française sur le financement libyen présumé de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

«J'ai ordonné votre extradition vers la France», a déclaré le juge, ajoutant que M. Djouhri avait sept jours pour faire appel avant que l'ordre d'extradition ne soit exécuté. M. Djouhri a immédiatement annoncé que c'était son intention.

«Ils m'ont tendu un traquenard judiciaire, il n'est pas question de fuite. J'ai une résidence, je vis en Suisse, je paie mes impôts. Ils ont monté un traquenard pour m'arrêter ici», a-t-il déclaré à la presse avant son entrée dans le tribunal, vêtu d'un costume et d'un manteau sombres et s'appuyant sur une canne.

Mandat d'arrêt européen

Convoqué à plusieurs reprises par la justice française, l'intermédiaire de 60 ans avait été arrêté en janvier 2018 à l'aéroport londonien de Heathrow, en provenance de Genève, en vertu d'un mandat d'arrêt européen émis par la justice française, notamment pour «détournements de fonds publics» et «corruption».

Son nom était apparu en particulier lors de la vente suspecte en 2009 d'une villa située à Mougins, sur la Côte d'Azur, à un fonds libyen géré par un dignitaire du régime de Kadhafi.

M. Djouhri, familier des réseaux de la droite française et proche de l'ex-secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant, est soupçonné d'avoir été, derrière plusieurs prête-noms, le véritable propriétaire de la villa et de l'avoir cédée à un prix surévalué, ce qui aurait pu permettre de dissimuler d'éventuels versements occultes.

«Pas un fugitif»

Lors de sa comparution en janvier devant la juge Vanessa Baraitser, il s'était dit «victime de deux magistrats» français, citant le juge d'instruction Serge Tournaire et le procureur du parquet national financier (PNF) Patrice Amar.

«En faisant croire à la justice anglaise, faussement, que j'étais un fugitif, le parquet national financier s'est fourvoyé et est dans l'incapacité de justifier son mandat d'arrêt», avait-il accusé un peu plus tôt.

Sa défense avait avancé que M. Djouhri avait été sollicité de manière informelle - par téléphone - par les enquêteurs, et qu'il avait lui-même proposé une rencontre à Genève, sans résultats. Ses avocats avaient affirmé que la loi helvétique ne le contraignait pas à répondre à ces sollicitations ou à se rendre en France.

«Un mandat d'arrêt, c'est quand un type est en fuite et la fuite, il faut la constater. Or M. Djouhri n'était pas en fuite puisqu'il n'a jamais fait l'objet d'une convocation dans les règles», avait déclaré auprès de l'AFP l'un de ses avocats, Me Eric Dupond-Moretti.

«Contexte politique fort»

Deuxième axe de défense, ses avocats avaient souligné le «contexte politique fort» de cette demande d'extradition, en rappelant l'affaire du financement libyen présumé de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

Cette affaire vaut à l'ex-président français d'être mis en examen pour «corruption passive», «financement illégal de campagne électorale» et «recel de détournement de fonds publics libyens». Il n'a pas le droit de se rendre en Libye ni de rencontrer neuf protagonistes, dont Alexandre Djouhri.

La défense de M. Djouhri l'avait donc présenté comme une cible «évidente» pour des enquêteurs cherchant à atteindre M. Sarkozy par procuration, tout en essayant de discréditer cette enquête. Les avocats d'Alexandre Djouhri avaient également mis en avant, à Londres, sa santé fragile pour contester la demande d'extradition des autorités françaises.

Son coeur bat «anormalement vite», avait témoigné le docteur Alan Mitchell, mandaté par la défense, estimant que «le stress» était «un des facteurs responsables de ce rythme cardiaque trop rapide». L'homme d'affaires avait dû être soigné à deux reprises en prison, avec un défibrillateur, selon le docteur Mitchell. Il a aussi subi l'implantation d'un défibrillateur sous-cutané. (ats/nxp)

Créé: 26.02.2019, 13h37

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.