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Egalité Femmes-Hommes L'après-#MeToo doit s'organiser

De nombreuses leaders appelaient à s'organiser et continuer la mobilisation pour l'égalité, lors de la conférence United State of Women.

La scène du United State of Women Summit, à Los Angeles, acceuillait de nombreux intervenants et personnalités, samedi 5 mai 2018.

La scène du United State of Women Summit, à Los Angeles, acceuillait de nombreux intervenants et personnalités, samedi 5 mai 2018. Image: Keystone

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La fondatrice du mouvement #MeToo, Tarana Burke, a estimé samedi que le temps était venu pour les victimes d'abus sexuels de «s'organiser» pour fournir des ressources nécessaires à toutes les victimes.

«Me Too (moi aussi), ce sont deux mots magiques qui ont galvanisé le monde», a-t-elle commenté lors d'une table ronde à la conférence United State of Women Summit à Los Angeles. «Nous sommes au moment où il faut définir une stratégie. Il faut s'organiser. L'amplification a eu lieu» a eu lieu, a-t-elle ajouté.

«Le travail qui doit avoir lieu maintenant, c'est: qu'est-ce qui se passe une fois qu'on a dit #MeToo», insiste-t-elle. Elle a appelé à soutenir lors d'élections les candidats qui «essaient de rendre nos communautés moins vulnérables». Et ajoutait «Que ce soit les agressions sur les campus universitaires ou les abus sexuels contre des enfants ou le travail sur le harcèlement sexuel, nous devons passer de la conversation à l'action», a-t-elle ajouté.

Post-colonial

Lors de la même table ronde, la militante Leanne Guy a déclaré que les femmes amérindiennes étaient les plus touchées par les violences sexuelles. «Ca a commencé avec la colonisation et ça a continué depuis», a-t-elle ajouté, soulignant que samedi était une journée nationale d'attention au problème de la disparition de femmes amérindiennes, aux Etats-Unis ou ailleurs dans les Amériques, notamment au Mexique.

L'ex-première dame Michelle Obama, accueillie comme une rock-star par un parterre de plus de 5000 personnes, presque toutes des femmes, a appelé quant à elle les femmes à ne pas attendre une candidate miracle qui «nous sauverait». Au passage, elle laissant entendre à nouveau qu'elle ne comptait pas se présenter à la présidence américaine.

«Ca n'a pas d'importance qui se présente», a-t-elle déclaré sur la scène du théâtre Shrine, appelant chaque femme à agir sans attendre dans sa famille, à son travail, dans sa communauté pour faire avancer la cause des femmes.

Une majorité de femmes blanches ont voté pour Donald Trump à la dernière élection. «Au vu de notre dernière élection, à quoi peuvent rêver les jeunes filles si nous en sommes encore là? Si les femmes sont toujours méfiantes les unes envers les autres? Si nous ne sommes pas à l'aise avec l'idée d'une femme présidente comparé à ».... a-t-elle élaboré, faisant allusion à l'actuel président américain.

«La question ce n'est pas cette personne qui nous pensons va nous sauver», assure-t-elle, «car si cette personne échoue à changer le monde, alors on pourrait se dire que tout combat vers plus d'égalité doit s'arrêter». «C'est comme dire, Oh on a voté pour Barack Obama et il n'a pas mis fin au racisme», a-t-elle dit à propos de son époux l'ex-président.

Personnalités

Des personnalités comme Jane Fonda, la militante et féministe Dolores Huerta, l'ex-conseillère du président Barack Obama Valerie Jarrett se sont succédé sur la scène, appelant les femmes à s'engager pour défendre leurs droits.

«Une fille sur trois et un garçon sur cinq va être victime d'abus sexuel d'ici leur 18e anniversaire», a de son côté fait valoir l'ex-championne de gymnastique Jeanette Antolin, dénonçant une «épidémie» de crimes sexuels pédophiles, aux côtés de trois autres ex-sportives de haut niveau agressées par le médecin Larry Nassar dans l'un des scandales les plus retentissants de l'histoire du sport aux Etats-Unis.

«De plus en plus de femmes parlent et sont crues mais il y a encore un long chemin à parcourir», et il est «crucial de mettre face à leurs responsabilités ceux qui ont commis des abus (sexuels), les ont permis ou ont fermé les yeux», a renchéri la gymnaste olympique Aly Raisman, une autre victime.

Plus de 5000 personnes - essentiellement des femmes - étaient présentes au théâtre Shrine, au sud de Los Angeles, pour cette conférence qui doit durer jusqu'à dimanche.

La place des hommes

Ted Bunch, le fondateur de l'association A Call to Men, a rappelé l'importance de faire intervenir les hommes dans la lutte contre le sexisme.

«Je les invite toujours (les hommes) à la table», pas pour les condamner mais pour les faire participer à la réflexion, a-t-il expliqué lors d'une discussion sur le mouvement Time's Up, fondé par des vedettes comme Reese Witherspoon et Natalie Portman, qui lutte contre le harcèlement et les agressions sexuelles au travail.

Le United State of Women a été organisé pour la première fois en juin 2016. (afp/nxp)

Créé: 06.05.2018, 01h14

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