Dimanche 17 novembre 2019 | Dernière mise à jour 23:29

Amérique du Sud Le Chili bannit le Kinder Surprise

Le pays est dans la région un des premiers consommateurs de boissons sucrées, de glaces et de pain.

Les aliments mauvais pour la santé n'auront plus le droit au Chili d'être accompagnés d'un jouet.

Les aliments mauvais pour la santé n'auront plus le droit au Chili d'être accompagnés d'un jouet. Image: youtube.com

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Le Kinder Surprise? Interdit. La boîte pour enfants «Happy meal» de McDonald's? Privée de jouet à l'intérieur. Le Chili, inquiet de voir ses habitants en surpoids, appliquera à partir de lundi prochain une législation alimentaire très stricte.

«Nous avons une société vraiment malade, il était nécessaire d'avoir des politiques publiques très fortes», explique à l'AFP Samuel Duran, président du Collège des nutritionnistes du Chili.

Le Chili, considéré comme un modèle de croissance en Amérique latine, est aussi, dans la région, un des premiers consommateurs de boissons sucrées, de glaces et de pain.

Ces dix dernières années, le diabète y a explosé, avec 80% de cas supplémentaires. Aujourd'hui plus de 60% des Chiliens (et un tiers des enfants de moins de six ans) sont en surpoids.

Pour protéger les enfants

La loi qui entre en vigueur lundi aura mis cinq ans à être approuvée, plus quatre années pour laisser le temps à l'industrie agro-alimentaire, qui a fait un intense lobby, de s'adapter.

Elle promet de révolutionner les étiquettes des produits vendus dans les magasins, qui montreront du doigt les aliments riches en graisses saturées, sucres, sodium et calories.

Son objectif est avant tout de protéger les enfants, en interdisant la vente dans les écoles des aliments mauvais pour la santé. Et ces derniers n'auront plus le droit d'être accompagnés d'un jouet, sonnant le glas du Kinder Surprise ou du «Happy meal» de McDonald's.

Si le fast-food américain pourra reformuler son menu pour enfants pour y ôter le jouet, pour l'Italien Ferrero, il est impensable de proposer un oeuf au chocolat sans rien dedans, ce qui le privera donc du marché chilien.

Le fabricant a dit qu'il se réservait le droit de saisir la justice nationale et internationale, au motif que la loi «affecte la réputation d'un de ses produits les plus populaires».

Le chocolatier italien, qui a lancé son fameux produit en 1972, est déjà interdit de commercialisation aux Etats-Unis, en raison d'une réglementation de 1938 qui interdit l'association d'une denrée alimentaire avec toute autre substance (un jouet dans ce cas).

Les autres aliments jugés nocifs au Chili devront, eux, s'adapter: 8000 devront changer leur emballage.

Des céréales pas idéales

L'idée, en mettant en garde contre les niveaux de graisses ou de sucres, est de permettre aux consommateurs de connaître rapidement la composition d'un produit en faisant fi de la communication le vantant comme bon pour la santé.

«C'est très différent de consommer quelque chose en connaissance de cause que de le faire en étant trompé, en pensant que l'on consomme un aliment sain ou que l'on donne un aliment sain à ses enfants», souligne le sénateur Guido Girardi, principal promoteur de la législation.

Il cite comme exemple le petit-déjeuner, où beaucoup de parents servent des céréales à leurs enfants en pensant que c'est bon pour eux, alors que celles-ci contiennent généralement «40% de sucre et des quantités énormes de sel».

La publicité de ces produits néfastes sera bannie des programmes pour enfants et les fabricants devront enlever des emballages tout élément destiné à attirer leur attention, comme des dessins ou des autocollants.

Révolution alimentaire

Derrière la hausse brutale du surpoids et de l'obésité au Chili, il y a une révolution du régime alimentaire, avec une consommation qui privilégie désormais les aliments transformés, mais aussi une vie plus sédentaire.

Et si, dans les années 1970, les autorités luttaient contre la malnutrition infantile, maintenant c'est le surpoids qu'elles combattent.

La croissance économique et l'absence de politiques publiques adéquates ont poussé de plus en plus de familles à donner des aliments transformés aux enfants, explique le médecin Roberto del Aguila, consultant pour l'Organisation panaméricaine de la Santé.

Le danger se trouve particulièrement en milieu scolaire: les élèves d'écoles publiques y dépensent un dollar par jour en bonbons.

Très riches en sucres, les sodas sont également très prisés.

«Une grande partie des mauvaises habitudes alimentaires adoptées par les Chiliens est due à ce qu'on appelle la +Cocacolonisation+ du monde, c'est-à-dire la consommation massive de boissons sucrées et d'autres produits alimentaires avec des indices élevés de graisses saturées», souligne le diabétologue Manuel Garcia de los Rios. (afp/nxp)

Créé: 21.06.2016, 07h27

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.