Mardi 26 mars 2019 | Dernière mise à jour 14:38

Insolite Etude: odeurs corporelles et autoritarisme

Selon une récente étude, les personnes dégoûtées par les odeurs corporelles préfèreraient les dirigeants plus autoritaires.

La concomitance entre le rejet des mauvaises odeurs corporelles et la préférence pour les régimes autoritaires pourrait provenir d'un désir de protection contre la maladie, selon les chercheurs. (Photo d'archives)

La concomitance entre le rejet des mauvaises odeurs corporelles et la préférence pour les régimes autoritaires pourrait provenir d'un désir de protection contre la maladie, selon les chercheurs. (Photo d'archives)

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Les personnes facilement dégoûtées par les mauvaises odeurs corporelles semblent préférer les dirigeants perçus comme «autoritaires», tel Donald Trump, affirment des chercheurs qui reconnaissent cependant des «limites» à leur étude.

L'étude, publiée mercredi dans Royal Society Open Science, est le résultat de trois enquêtes en ligne dont l'une menée auprès de citoyens américains en octobre 2016, peu avant l'élection présidentielle qui a vu la victoire de Donald Trump face à Hillary Clinton. Le candidat républicain était «perçu comme porteur d'un message particulièrement autoritaire», notent les chercheurs.

L'étude a «montré que les gens qui étaient davantage dégoûtés par les mauvaises odeurs étaient plus désireux de voter pour Donald Trump que ceux qui y étaient moins sensibles», déclare Jonas Olofsson, du département de psychologie de l'Université de Stockholm, l'un des auteurs de l'étude.

Mais comment s'explique cette concomitance entre le rejet des mauvaises odeurs corporelles (transpiration, matières fécales, urine...) et la préférence pour les régimes autoritaires? Il pourrait s'agir d'un désir de protection contre la maladie, selon les chercheurs.

«L'odorat joue un rôle crucial pour détecter les agents pathogènes», déclare à l'AFP Marco Tullio Liuzza, de l'Université Magna Graecia de Catanzaro (Italie), co-auteur de l'étude. Or la transpiration ou les fèces par exemple «sont souvent associés à la présence de germes», relève l'étude.

Les chercheurs se sont demandés quel type d'organisation sociale recherchaient les personnes qui fuient les mauvaises odeurs. Leur hypothèse était qu'ils préféraient une société où les différents groupes, notamment ethniques, sont séparés. «Ce type de société réduit les contacts entre les groupes et au moins, en théorie, réduit les risques de tomber malade», déclare Jonas Olofsson.

Protection contre le risque de maladie

Pour tester leur hypothèse, les scientifiques se sont appuyés sur un «indicateur de dégoût des odeurs corporelles» (BODS) récemment développé. Ils disposaient également d'une échelle mesurant «l'autoritarisme de droite» (RWA). «Elle évalue les tendances des personnes à être conventionnelles, à accepter l'autorité et à être favorables à des politiques hostiles envers des groupes perçus comme déviants ou menaçant les valeurs traditionnelles», explique Marco Tullio Liuzza.

La première enquête, menée auprès d'internautes de divers pays et la seconde, réalisée auprès d'Américains, portaient sur leur perception des odeurs corporelles et leurs préférences politiques. Elle ont permis de montrer que le dégoût des odeurs et l'attirance pour les dirigeants autoritaires semblaient corrélés. La troisième étude a ajouté des questions sur les intentions de vote à la présidentielle de 2016. Elle a montré que les Américains facilement dégoûtés par les mauvaises odeurs avaient tendance à pencher pour Donald Trump.

«C'est intéressant car Donald Trump dit fréquemment que les gens le dégoûtent (...) Cela colle avec notre hypothèse que ses propres soutiens sont eux-mêmes facilement dégoûtés», déclare Jonas Olofsson. «Les positions très fermes de Trump contre l'immigration, notamment de groupes perçus comme culturellement différents, pourraient faire écho à un besoin implicite de protection contre les risques» de maladie, selon l'étude.

Les chercheurs admettent que leur étude présente «certaines limites», notamment le fait que les personnes interrogées ne sont pas issues d'échantillons représentatifs de la population. Elles font partie de la communauté en ligne des «Mechanical Turk workers», qui effectuent des tâches moyennant une petite rémunération.

Dans le cas présent, chaque participant a reçu 0,50 dollar par enquête. Concernant les intentions de vote pour la présidentielle, les participants se prononçaient à 36% pour Trump alors que les sondages le donnaient à 40%, «ce qui montre que »notre échantillon était représentatif à cet égard", affirme l'étude. (afp/nxp)

Créé: 28.02.2018, 01h45


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