Jeudi 2 juillet 2020 | Dernière mise à jour 11:12

Etats-Unis Un jeune Noir tué par la police près de Ferguson

La région de Ferguson, dans le Missouri, a de nouveau été le théâtre de tensions entre les forces de l'ordre et la communauté afro-américaine après le décès d'un Noir de 18 ans tué par un policier mardi soir.

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La fusillade a eu lieu dans une station-service à Berkeley, une commune limitrophe de Ferguson où des émeutes avaient éclaté le mois dernier. Elles étaient intervenues après la décision d'un grand jury de ne pas poursuivre un policier blanc ayant tué cet été Michael Brown, un jeune Noir de 18 ans sans arme.

Les autorités locales ont toutefois écarté ce mercredi 24 décembre toutes similitudes avec ce drame. «Notre ville est différente de Ferguson, la majorité de notre administration est noire, la majorité de nos policiers sont noirs», a dit le maire de Berkeley, Theodore Hoskins. «Ce jeune homme volait à l'étalage et la vidéo montre qu'il a pointé un pistolet en direction du policier».

Selon le chef de la police du comté de Saint-Louis, John Belmar, le suspect âgé de 18 ans a «pointé un pistolet dans la direction du policier qui a sorti son arme de service et tiré apparemment trois fois».

«A priori une balle a touché le suspect, une autre une voiture et une troisième n'a pas été retrouvée», a expliqué M. Belmar mercredi. Un homme qui accompagnait la victime a pu prendre la fuite.

Arme récupérée par la police

«Nous ne pensons pas que le suspect se soit servi de son pistolet (...)», a-t-il souligné, expliquant que les enquêteurs avaient retrouvé sur place un pistolet 9 millimètres dont le numéro de série avait été effacé. Les services d'urgence dépêchés sur place ont constaté son décès une heure après l'incident vers 00h15 (07h15 en Suisse).

L'officier de police, en service à Berkeley depuis six ans, avait répondu à un appel radio pour un vol à l'étalage. Il avait ensuite engagé une discussion avec les deux hommes.

L'identité du policier n'a pas été précisée, mais il a été mis en congé administratif. Un procureur de Saint-Louis a été saisi de l'affaire et les enquêteurs ont interrogé deux témoins.

Deux policiers blessés

La police a diffusé un extrait de la vidéo de surveillance de la station-service sur lequel figure une voiture de police en arrière-plan. Mais elle ne permet pas de suivre la scène avec précision.

«Quand quelqu'un pointe un pistolet vers un policier, on ne dispose pas de beaucoup de temps», a justifié M. Belmar. «J'imagine que la plupart d'entre nous se seraient sentis en état de danger imminent (...) et l'officier a fait un usage proportionné de la force».

Après la fusillade, deux à trois cents personnes, selon le chef de la police, se sont rendues aux abords de la station-service pour manifester leur colère. D'importants renforts policiers ont été dépêchés sur place.

«Trois engins explosifs, probablement des fusées de feux d'artifice, ont été lancés» en direction de la station, a encore dit M. Belmar, précisant qu'un policier blessé avait été hospitalisé en urgence. Un autre policier a été blessé et quatre personnes ont été interpellées pour agression. M. Belmar a nié que la police ait aspergé les manifestants de gaz lacrymogène.

«Ils ne diront rien»

Le jeune Noir n'a pas été formellement identifié par les autorités. Mais les médias locaux, qui s'appuient sur le témoignage d'une femme se présentant comme sa mère, l'ont identifié comme Antonio Martin âgé de 18 ans.

«Sa copine m'a dit que la police leur avait cherché des ennuis», a affirmé Toni Martin. «Quand il a essayé de se lever et de s'enfuir en courant, ils ont commencé à lui tirer dessus. Ils ne diront rien. Ils ne vont même pas me laisser voir mon bébé», a-t-elle encore dit.

Deux tués récents

Le drame de Ferguson, survenu en août à quelques kilomètres de là, avait provoqué une émotion considérable dans le pays, notamment dans la communauté afro-américaine. Un policier avait tiré douze fois contre le jeune Noir non armé. L'impunité qui lui avait ensuite été accordée par la justice avait déclenché des dizaines de manifestations aux Etats-Unis.

D'autres drames récents du même type ont attisé la colère de la communauté noire, qui s'estime victime de racisme de la part de la police. La situation s'est encore envenimée avec l'assassinat samedi de deux policiers new-yorkais au total, tués en plein jour dans leur voiture de patrouille, dans un geste manifeste de revanche. (ats/nxp)

Créé: 24.12.2014, 21h21

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