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Etats-Unis Les tensions se manifestent de nouveau à Ferguson

Après que deux policiers aient été blessés à la fin d'une manifestation, une centaine de jeunes s'est rassemblée devant le poste de police. Alors que des habitants ont organisé une veillée aux chandelles.

Plusieurs personnes ont tenu une veillée aux chandelles près du poste de police de Ferguson.

Plusieurs personnes ont tenu une veillée aux chandelles près du poste de police de Ferguson. Image: Tannen Maury/Keystone

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Les images de la nouvelle fusillade à Ferguson

Les images de la nouvelle fusillade à Ferguson Deux policiers ont été blessés par des tirs ce 12 mars dans la ville, théâtre d'émeutes l'été dernier après la mort d'un jeune Noir tué par un policier.

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Ferguson était à nouveau sous tension après des tirs contre des policiers et une nouvelle manifestation le jeudi 12 mars tandis que les polices du Missouri et du comté de St Louis ont été chargées du maintien de l'ordre dans cette petite ville du centre des Etats-Unis.

Une centaine de jeunes manifestants se sont rassemblés jeudi soir devant le poste de police de Ferguson, scandant des slogans et bloquant par moment la rue principale.

Plus tôt dans la soirée, une veillée aux chandelles de 45 minutes avait réuni une cinquantaine de personnes qui ont lancé un appel au calme, alors qu'une traque était toujours en cours pour retrouver le ou les tireurs ayant blessé deux policiers mercredi.

Jeudi, la municipalité de Ferguson avait annoncé que la police du comté de St Louis et la police des routes du Missouri prenaient, à partir de 18h (heure locale), «le commandement de la sécurité» dans la ville.

Deux policiers blessés

Ces deux corps de police avaient déjà relevé la police municipale, accusée de brutalité, après les émeutes qui avaient suivi le 9 août dernier la mort d'un jeune Noir non armé, Michael Brown, tué par un policier blanc.

Mercredi soir, quelque 150 personnes s'étaient déjà rassemblées devant le poste de police local de cette ville qui a connu de nombreuses émeutes depuis la mort du jeune Brown.

Elles entendaient saluer la démission quelques heures plus tôt de Thomas Jackson, le chef de la police de la ville accusé une semaine auparavant, dans un rapport accablant du ministère de la Justice, de pratiques racistes quasiment routinières.

Lors de la dispersion de la manifestation, «trois ou quatre tirs» sont alors partis en direction des quelque 40 policiers encore stationnés, a raconté lors d'une conférence de presse dans la matinée Jon Belmar, chef de la police du comté de St-Louis.

Deux policiers ont été touchés au visage et à l'épaule mais avaient pu jeudi quitter l'hôpital.

Le ou les auteurs des tirs étaient toujours recherchés vendredi

En milieu de matinée jeudi, une équipe du SWAT, l'équivalent du GIGN français, avait été filmée en train de perquisitionner une maison voisine du poste de police et interpeller trois personnes, selon le journal St Louis Post-Dispatch. Une récompense de 10.000 dollars (9.500 euros) a été proposée pour toute information sur les tueurs.

Le responsable policier a insisté à de nombreuses reprises sur le fait qu'il était «très difficile» d'assurer le maintien de l'ordre tout en protégeant le droit de chacun de manifester. «J'espère que chacun comprend cela, nous marchons sur des oeufs», a-t-il dit.

Réactions des parents de Michael Brown et des politiques

De leur côté, les parents de Michael Brown ont condamné ces «tirs insensés», en dénonçant les actes «d'agitateurs isolés qui essayent de pervertir un mouvement pacifique et non-violent».

La «violence contre la police est inacceptable», a également réagi le président Barack Obama sur le compte Twitter de la Maison Blanche. Le «chemin de la justice est un de ceux sur lesquels nous devons marcher tous ensemble», écrit-il.

Le ministre de la Justice Eric Holder a pour sa part condamné une «attaque lâche et répugnante» en évoquant un «voyou cherchant à semer la discorde».

«Ce qui s'est passé hier soir est de l'embuscade pure», a-t-il dit devant la presse en présentant un projet pilote de son ministère.

Un projet pour rétablir la confiance perdue

Le projet, «Construire la confiance et la justice», entend rétablir la confiance perdue entre les «communautés» et les représentants de l'Etat, mais surtout la police et la justice, mise à mal par de récents faits divers dans tout le pays.

Six villes pilotes ont été choisies -- Birmingham (Alabama), Fort Worth (Texas), Gary (Indiana), Minneapolis (Minnesota), Pittsburgh (Pennsylvanie) et Stockton (Californie) -- pour ce projet visant à «réduire la discrimination et rétablir la confiance entre police, justice et administrés là où elle s'est perdue», a ajouté le ministre Eric Holder

Ces villes «seront à la pointe de nos efforts pour s'attaquer à des questions urgentes pour les communautés du pays», a-t-il redit.

Démissions en cascade parmi la police de Ferguson

Le ministère de la Justice avait publié mercredi dernier un rapport dévastateur montrant l'inégalité de traitement réservé par la police aux Noirs par rapport aux Blancs à Ferguson, ville à majorité noire mais dont quasi tous les responsables sont des Blancs.

Une série de cinq démissions en cascade, plus un licenciement, avait suivi dont celle du chef de la police de Ferguson.

Jeudi, la municipalité a salué le travail de la police ces sept derniers mois et notamment les deux policiers blessés. La «violence ne sera pas tolérée», dit-elle, en affirmant qu'elle conduit des mesures «au plus haut niveau pour que la ville reparte d'un nouveau pied». (afp/nxp)

Créé: 13.03.2015, 09h32

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