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Le premier pape sud-américain en mission au Brésil

Apôtre d'une Eglise missionnaire et proche des pauvres, François, le premier pape sud-américain de l'histoire, est attendu lundi soir dans un Brésil en plein chambardement religieux et colère sociale.

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Le pape argentin, qui effectue son premier voyage à l'étranger depuis son élection, a quitté Rome lundi peu avant 9 heures. Fidèle à sa réputation de simplicité, il a grimpé la passerelle en portant lui-même son bagage à main, un gros cartable noir, avant de s'engouffrer dans l'avion sans se retourner vers les photographes.

"J'arrive au Brésil dans quelques heures et mon cœur est déjà plein de joie car je serai bientôt avec vous pour célébrer les 28èmes Journées mondiales de la Jeunesse" (JMJ), a tweeté le pape après son départ.

Jusqu'à 1,5 million de jeunes pèlerins du monde entier sont attendus à cette occasion. C'est la première fois que ce Jésuite argentin âgé de 76 ans foulera le sol du Nouveau monde depuis qu'il a succédé en mars à Benoît XVI à la tête d'une Eglise en crise, minée par les scandales de pédophilie.

Au Brésil, plus grand pays catholique au monde, il va tenter de revigorer une Eglise affaiblie et déboussolée par la forte poussée des Eglises évangéliques pentecôtistes, omniprésentes et très actives dans les grandes villes et leurs périphéries déshéritées.

Le pape, qui s'est déjà élevé contre "la tyrannie de l'argent" et les élites irresponsables, tentera sans doute aussi de toucher la fibre des jeunes Brésiliens qui ont manifesté massivement en juin, parfois violemment, contre l'indigence des services publics et la corruption dans le pays.

Il est attendu vers 16 heures (21 heures suisses)à l'aéroport international de Rio, où il sera accueilli par la présidente Dilma Rousseff.

Le souverain pontife saluera la foule dans le centre de Rio à bord d'une jeep découverte. Puis se rendra à une réception de bienvenue au Palais de Guanabara, en présence de Dilma Rousseff, du maire Eduardo Paes et du très critiqué gouverneur Sergio Cabral, pour l'un des rares rendez-vous protocolaires à son programme.

Visite dans une favela

Dans la lignée des premiers pas de son pontificat, en faveur de la simplicité et d'une "Eglise pauvre pour les pauvres", le pape François se rendra pendant son séjour dans une favela et dans une unité hospitalière pour toxicomanes au crack. Il rencontrera des détenus.

Des athées et les militants d'Anonymous Rio, ont appelé à manifester dès son arrivée devant le palais du gouverneur contre les dépenses publiques engagées pour les JMJ (plus de 30 millions d'euros).

Anonymous, l'un des fers de lance de la fronde sociale de juin, a convoqué pour vendredi une seconde manifestation sur la plage de Copacabana, en plein Chemin de croix des JMJ.

"Ce n'est pas contre l'Eglise catholique. Ce sera un cri de plus contre la corruption et pour des services publics dignes", a expliqué le groupe sur Facebook.

Le Vatican affiche sa tranquillité. Mais les autorités sont sur les dents. 30.000 policiers et militaires vont veiller à la sécurité du pape et des JMJ, la "plus grande opération sécuritaire de l'histoire de Rio".

Dès dimanche, des milliers de jeunes pèlerins arborant les drapeaux de leurs pays ont envahi joyeusement la promenade de la célèbre plage de Copacabana. La samba des kiosques se mêlait aux airs religieux des haut-parleurs. Des joggeurs bodybuildés slalomaient torse nu entre de débonnaires nonnes argentines.

"Nous avons un pape jésuite éternellement simple et humble qui est en train de révolutionner l'église catholique", se félicitait Antonio Prada, un Vénézuélien de 27 ans. Pour Adilson Sena, 60 ans, loueur de chaises pliantes et de parasols, "nos dirigeants devraient être plus proches du pape et investir plus pour le pays".

"Le pape est humble. Je crois qu'il va penser que c'était trop pour lui", dit-il, en désignant le gigantesque podium monté pour le souverain pontife.

"Le gouvernement a érigé une façade pour montrer le meilleur du Brésil. Mais derrière cette façade, les gens meurent à l'hôpital", soulignait Edina Maria Perreira Lima. Cette cuisinière à la retraite, souffrant de problèmes d'estomac qu'elle n'a pas les moyens de traiter, est contente que le pape vienne apporter un message de paix.

Même si, comme désormais 28% des Brésiliens, elle a rejoint une Eglise évangélique, parce qu'on "y parle plus de Dieu alors que les catholiques parlent plus de ses Saints". (afp/nxp)

Créé: 22.07.2013, 11h35

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