Dimanche 12 juillet 2020 | Dernière mise à jour 21:30

Mexique L'annonce du massacre des étudiants suscite la colère

De violentes manifestations ont éclaté dans la nuit de samedi à dimanche au Mexique, après l'annonce par les autorités du massacre de 43 étudiants. Des protestataires s'en sont pris au palais présidentiel.

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A Mexico, une vingtaine de manifestants, certains le visage dissimulé, ont martelé la porte principale du palais présidentiel à l'aide de barrières métalliques et y ont mis brièvement le feu. Ils n'ont toutefois pas pu entrer dans le bâtiment, que le président Enrique Peña Nieto utilise pour des cérémonies officielles, a constaté ce dimanche 9 novembre l'AFP. Les agents de sécurité présents n'ont pas réagi.

Ces individus ont aussi écrit sur la porte: «Nous les voulons vivants», en référence aux 43 étudiants disparus depuis une attaque conjointe de policiers et de membres du crime organisé à Iguala le 26 septembre (Etat du Guerrero, sud).

Le groupe de personnes masquées avait quitté le principal cortège d'une manifestation forte de milliers de personnes, qui s'était jusqu'alors déroulée de manière pacifique. Au moins deux personnes ont néanmoins été blessées au moment de sa dispersion, selon une chaîne de télévision locale.

Véhicules incendiés

A Chilpancingo, capitale du Guerrero, plus de 300 jeunes, la plupart le visage dissimulé, ont brisé plusieurs vitres du gouvernement régional samedi soir et incendié une dizaine de véhicules, dont un de la police fédérale, sans intervention des forces de sécurité. Là encore, les manifestants exigeaient de revoir les étudiants vivants.

Vendredi, le ministre mexicain de la Justice, Jesus Murillo Karam, a annoncé que trois membres présumés d'un groupe criminel ont avoué avoir tué plus de 40 étudiants, brûlé leurs cadavres puis jeté les restes dans une rivière.

Version contestée

Le scénario du massacre a toutefois été contesté par les parents de ces jeunes, qui ont considéré que les aveux de ces suspects n'avaient pas valeur de preuves.

«Il semble que le gouvernement fédéral, avec une grande irresponsabilité, préfère clore l'affaire (sur) la base de témoignages» mais «il n'y a rien de certain», a affirmé l'oncle d'un disparu, Meliton Ortega. Au total 74 personnes - fonctionnaires, policiers, criminels présumés - ont été arrêtées depuis le début de l'affaire.

Identification difficile

Selon le récit des suspects ayant avoué, rapporté par le ministre de la Justice, les étudiants ont été livrés par des policiers municipaux entre les villes d'Iguala et de Cocula. Ils auraient été transportés la nuit de leur disparition dans des véhicules vers une décharge proche de Cocula où une quinzaine d'entre eux sont arrivés déjà morts par asphyxie.

«Les détenus ont indiqué avoir tué les survivants, les avoir jetés dans la partie basse de la décharge avant de brûler leurs corps» qu'ils avaient aspergés d'essence, a précisé Jesus Murillo Karam. Les suspects ont ensuite concassé les restes avant d'en remplir des sacs en plastique et de les jeter dans une rivière.

«Le niveau élevé de dégradation par le feu rend très difficile l'extraction de l'ADN qui permettrait l'identification. Cependant nous ne ménagerons pas nos efforts pour épuiser toutes les possibilités scientifiques», a affirmé le ministre.

Collusion avec le crime organisé

Confronté à sa plus grave crise depuis son accession à la présidence en 2012, Enrique Peña Nieto a promis que tous les responsables de cet «horrible crime» seraient arrêtés. Selon les autorités fédérales, les étudiants ont été attaqués à l'instigation de l'ancien maire d'Iguala, José Luis Abarca, et son épouse, Maria de Los Angeles Pineda, soeur de trois narcotrafiquants notoires.

Cette affaire a jeté une lumière crue sur la collusion des autorités avec le crime organisé. Pour l'historien Lorenzo Meyer, «l'important désormais est de voir comment va réagir la société mexicaine. Va-t-elle demeurer apathique comme elle l'a été durant des années, habituée à ce que les choses soient ce qu'elles sont ?»

«Si cela ne provoque pas un choc parmi nous, plus rien ne pourra y parvenir», a-t-il ajouté.

(ats/nxp)

Créé: 09.11.2014, 16h41

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