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Mexico Violents affrontements au Mexique lors de la manifestation

Des heurts ont eu lieu alors que des milliers de mexicains défilaient pour les étudiants disparus. Trois détenus affirment que les jeunes ont été enlevés puis brûlés.

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Des heurts se sont produits ce jeudi soir 20 novembre entre des groupes de manifestants et la police anti-émeute face au Palais national, au centre de Mexico, à l'issue d'une journée de protestation massive contre le gouvernement après la disparition et le probable massacre de 43 étudiants.

Jets de pierres et cockails Molotov

Postés devant le siège protocolaire du gouvernement, les policiers ont dispersé à l'aide de gaz lacrymogène et de jets d'eau, des manifestants qui leur jetaient des pierres et des pétards, puis des cocktails Molotov, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Protégés par des boucliers, les policiers ont avancé vers la foule pour la disperser et l'obliger à sortir de la place centrale.

Vêtues de noir, des dizaines de milliers de personnes avaient défilé pacifiquement auparavant pour réclamer justice pour les 43 étudiants disparus fin septembre dans le sud du Mexique et la démission du président Enrique Peña Nieto.

«On les a emmenés vivants, vivants nous les voulons», ont scandé les manifestants.

Selon trois détenus, les jeunes ont été enlevés, puis tués, leurs cadavres brûlés avant que leurs restes concassés soient jetés dans une rivière. Mais jusqu'à présent les autorités n'ont aucune trace identifiable des étudiants.

«Vous n'êtes pas seuls!»

Trois cortèges étaient partis de trois points du centre de la ville où ont été accueillis des caravanes de parents des disparus qui avaient parcouru le Mexique pour réclamer le retour de leurs enfants.

Au passage des parents des jeunes disparus et de leurs compagnons de l'école normale d'Ayotzinapa, dans l'Etat de Guerrero, la foule scandait: «Vous n'êtes pas seuls». Mais la manifestation était surtout combative: «Dehors Peña!» fut l'un des mots d'ordre les plus repris. «Il n'y a plus de peur, le Mexique s'est réveillé», criait encore la foule.

En ce jour anniversaire du déclenchement de la révolution mexicaine de 1910, les autorités avaient renoncé aux traditionnels défilés militaires pour laisser les rues à la protestation et à la douleur.

Mais déjà dans la matinée, des violences avaient marqué le début de cette journée de protestation près de l'aéroport international de Mexico, sans qu'ait été signalé de blessés sérieux.

Scandale politique

Les autorités ont célébré l'anniversaire par une traditionnelle mais discrète cérémonie de remise de médaille au camp militaire du Champ de Mars, à l'ouest de la capitale.

En pleine tourmente politique en raison de l'affaire des disparus et le scandale de la luxueuse maison de son épouse, le président Peña Nieto a averti lors de cette cérémonie qu'il entendait agir avec fermeté contre la violence.

«Certes le Mexique est meurtri. Mais le seul chemin pour soulager cette douleur est celui de la paix et de la justice», a dit le président. Le ministre de la Défense, le général Salvador Cienfuegos a de son côté averti: la violence mène à «l'ingouvernabilité», «l'instabilité» et ne peut que générer des «rancoeurs inconciliables».

Manifestation dans tout le pays

Des manifestations de solidarité regroupant des milliers de personnes et montrant que la mobilisation ne faiblit pas se sont déroulées dans plusieurs autres villes du Mexique, notamment dans l'Etat de Guerrero, à Puebla et Morelos(centre), à Chihuahua (nord), et Oaxaca (sud). Des rassemblements se sont aussi tenus dans plusieurs villes des Etats-Unis et en Amérique latine, notamment en Bolivie et au Salvador.

L'affaire des disparus a déclenché la plus grave crise depuis des décennies au Mexique, selon les spécialistes. Elle a jeté une lumière crue sur un cas de collusion ouverte entre une autorité municipale, sa police et un groupe criminel.

«Il y a beaucoup d'indignation. Ce que nous vivons ce n'est que la partie émergée de l'iceberg, qui nous démontre qu'en-dessous les choses sont pourries», selon l'analyste Erubiel Tirado, de l'Université ibéroaméricaine de Mexico.

(afp/nxp)

Créé: 21.11.2014, 07h19

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