Dimanche 12 juillet 2020 | Dernière mise à jour 21:30

Indonésie Amnesty accuse les forces de l'ordre de crimes

Dans un rapport publié lundi, l'ONG tient les forces de sécurité pour responsables du massacre d'au moins 95 civils depuis 2010 dans la province de Papouasie (est).

Selon Amnesty, 56 décès s'expliquent par l'usage excessif de la force par l'armée ou la police. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Des militants politiques et des participants à des manifestations pacifiques contre le gouvernement figurent parmi les victimes de ces exécutions, de même que des habitants prenant part à des rassemblements non politiques dans cette région la plus à l'est de l'Indonésie. Pas une seule affaire n'a fait l'objet d'une enquête pénale indépendante, déplore l'ONG.

«La Papouasie est le trou noir de l'Indonésie en matière de droits de l'homme. C'est une région où les forces de sécurité ont été autorisées depuis des années à tuer des hommes, femmes et enfants, sans perspective de devoir être tenu pour responsables» de leurs actes, affirme l'ONG. «Cette culture de l'impunité au sein des forces de sécurité doit changer et les responsables des morts du passé doivent répondre de leurs actes.»

Aucun porte-parole du gouvernement indonésien n'a pu être contacté dans l'immédiat pour réagir à ce rapport intitulé «Ne perdez pas votre temps, laissez-les simplement mourir: homicides en toute impunité en Papouasie». Ce dernier a été réalisé sur une période de deux ans. Ses auteurs ont interrogé des familles de victimes, témoins, groupes de défense des droits de l'homme, militants politiques et organisations ecclésiastiques.

Rébellion armée

De nombreux Papous, peuple ancestral de Papouasie occidentale, réclament l'indépendance, comme la Papouasie Nouvelle-Guinée. L'autre moitié de cette grande île l'a obtenue en 1975 après avoir été une colonie australienne. Le Mouvement de la Papouasie libre (OPM) mène une rébellion armée depuis le rattachement controversé de cette région riche en ressources naturelles à l'Indonésie en 1963, après le retrait du colonisateur néerlandais.

Amnesty observe que 39 décès sont liés à des activités politiques pacifiques incluant des rassemblements au cours desquels le drapeau papou de l'indépendance - interdit - a été exhibé. Les 56 autres décès s'expliquent par l'usage excessif de la force par l'armée ou la police, lors d'événements n'ayant aucun lien avec l'indépendance, selon l'ONG. (afp/nxp)

Créé: 02.07.2018, 07h42

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.