Dimanche 7 juin 2020 | Dernière mise à jour 08:41

Afghanistan L'armée reprendra son offensive contre les talibans

Mardi soir, après des attentats qui ont ensanglanté le pays, le président afghan a annoncé la reprise des combats contre les talibans.

Des attentats ont endeuillé l'Afghanistan, mardi.

Des attentats ont endeuillé l'Afghanistan, mardi. Image: Keystone

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Le président afghan Ashraf Ghani a annoncé mardi soir la reprise de l'offensive des forces gouvernementales contre les talibans. Cette annonce intervient quelques heures après deux attaques qui ont tué des dizaines de civils à Kaboul et dans l'est du pays.

«J'ordonne aux forces de sécurité de mettre fin à leur posture de défense active, de retourner à leur posture offensive et de reprendre leurs opérations contre l'ennemi», a annoncé Ashraf Ghani lors d'une allocution télévisée.

Les attaques de mardi ont été revendiquées un peu plus tard par le groupe Etat islamique (EI). Ashraf Ghani a accusé à la fois l'EI et les talibans. «Aujourd'hui nous avons été témoins d'attaques terroristes par les talibans et Daech contre un hôpital à Kaboul et des funérailles dans le Nangarhar, ainsi que d'autres attaques dans le pays», a-t-il dit.

Hôpital attaqué

Au moins quatorze personnes, dont des nouveau-nés et des infirmières, ont été tuées dans l'attaque d'un hôpital par trois hommes armés à Kaboul. Le bâtiment se trouve à Dasht-e-Barchi, un quartier de l'ouest de Kaboul habité par la minorité chiite Hazara, plusieurs fois prise pour cible par la branche afghane de l'EI ces dernières années.

«Nous savions que nous étions attaqués et nous nous sommes donc enfuis du bâtiment», a raconté à l'AFP un pédiatre sur place. «L'hôpital était rempli de patients et de médecins et c'était la panique totale à l'intérieur», a-t-il ajouté sous le couvert de l'anonymat. «Nous demandons à toutes les parties d'arrêter d'attaquer les hôpitaux et les soignants», a réagi le vice-ministre de la Santé Maheed Majroh.

Explosion pendant des funérailles

Quelques heures plus tard, au moins 24 personnes ont été tuées et 68 blessées par un kamikaze qui s'est fait exploser pendant les funérailles d'un commandant de police dans la province de Nangarhar, selon les autorités locales.

Les combattants de l'EI ont été considérablement affaiblis dans leur bastion du Nangarhar par les forces afghanes, américaines et les talibans ces derniers mois, mais ils restent capables de mener des attaques dans les centres urbains.

Amir Mohammad, blessé par la «forte» explosion, a raconté que «des milliers de personnes assistaient à la cérémonie». «J'ai ouvert les yeux et vu tous ceux qui étaient autour de moi couverts de sang», a-t-il ajouté.

Processus de paix mis à mal

Les forces de sécurité afghanes s'étaient engagées, depuis plusieurs mois, à se contenter de se défendre face aux attaques talibanes, afin d'encourager l'ouverture de négociations de paix avec les insurgés. Les talibans ont, eux, intensifié leur offensive contre l'armée et la police afghanes à travers le pays depuis la signature d'un accord avec Washington fin février.

Selon Ashraf Ghani, la reprise des opérations offensives par les forces de sécurité est nécessaire pour «défendre le pays, protéger nos compatriotes et infrastructures, et pour repousser les attaques et menaces des talibans et de tous les autres groupes terroristes.» Ces violences remettent encore en cause le futur d'un processus de paix déjà au bord du gouffre, alors que le pays, en guerre depuis 40 ans, doit aussi faire face à la propagation du coronavirus.

Des milliers de soldats américains ont quitté ce pays depuis la signature de l'accord avec les talibans, alors que la milice islamiste a intensifié ses offensives contre les forces afghanes.

Dans l'accord, les insurgés se sont engagés à ne plus viser les forces américaines et de l'Otan, mais pas les forces locales. Les talibans ont à cet égard démenti avoir participé aux deux attaques de mardi. (ats/nxp)

Créé: 12.05.2020, 21h51

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