Jeudi 23 janvier 2020 | Dernière mise à jour 04:48

Australie Plus de 5000 dromadaires sauvages abattus

Les autorités ont dû se résoudre à tuer ces animaux pour protéger les réserves d'eau alors que l'Australie vit une sécheresse sans précédent.

Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Des tireurs à bord d'hélicoptères ont abattu plus de 5000 dromadaires sauvages en Australie lors d'une campagne visant à réduire la menace que ces animaux constituent pour la population dans le contexte de la sécheresse qui sévit dans l'intérieur du pays, ont annoncé mardi les autorités.

Des responsables locaux de l'Etat d'Australie-méridionale avaient affirmé que des troupeaux «extrêmement importants», en quête d'eau et de nourriture, s'approchaient de plus en plus des zones habitées, menaçant les réserves de ces villages en plus de provoquer des dégâts et de constituer un danger pour les automobilistes.

L'immense île-continent a vécu en 2019 son année la plus chaude et sèche, ce qui a non seulement entraîné de dramatiques feux de forêt qui font toujours rage dans certaines régions, mais aussi des pénuries d'eau dans nombre de localités.

«Espèce nuisible»

Cette campagne d'abattage de cinq jours a pris fin dimanche dans les territoires de l'Anangu Pitjantjatjara Yankunytjatjara (APY), vaste zone d'administration locale (LGA) gérée par les aborigènes dans l'extrême nord-ouest de l'Australie-méridionale, a précisé Richard King, directeur général des territoires de l'APY, où vivent environ 2300 personnes.

«Nous comprenons les préoccupations des défenseurs de la cause animale, mais il y a beaucoup de désinformation quant aux réalités de la vie pour les animaux sauvages non endémiques, dans un des endroits les plus arides et reculés de la Terre», a déclaré Richard King dans son communiqué.

«En temps que gardiens de cette terre, nous devons gérer une espèce nuisible qui a été introduite de façon à protéger les précieuses réserves d'eau pour les populations et protéger en priorité la vie de tout le monde, y compris des jeunes enfants, des personnes âgées, et de la flore et de la faune indigènes.»

Réserves d'eau contaminées

Richard King a expliqué que des dromadaires affaiblis se retrouvaient souvent piégés dans des puits au point d'y mourir, contaminant des réserves d'eau précieuses pour les habitants et la faune sauvage. «La sécheresse qui dure, qui n'est pas difficile à gérer pour la faune indigène, génère des situations de grave détresse pour les dromadaires sauvages», a-t-il dit. Des responsables de l'APY ont précisé que plus de 5000 dromadaires avaient été abattus. Des médias mentionnent eux 10'000 bêtes tuées.

Les dromadaires ont été introduits en Australie dans les années 1840 par les colons, qui les utilisaient pour l'exploration ou pour transporter des marchandises et des biens, avant la construction de lignes de chemin de fer.

20'000 bêtes importées

Environ 20'000 bêtes furent importées d'Inde en une soixantaine d'années. Evoluant en liberté dans l'arrière-pays (l'Outback) et sans prédateur naturel, ils se sont reproduits et sont considérés comme un nuisible qui contamine les sources d'eau et met en péril des zones fragiles ainsi que la faune et la flore indigènes.

L'Australie serait désormais le pays comptant la plus vaste population de dromadaires sauvages au monde, avec certaines estimations officielles faisant état d'un million de bêtes dans les étendues désertiques du centre. (afp/nxp)

Créé: 14.01.2020, 11h47

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.