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Défense L'Iran protège ses sites nucléaires

L'agence officielle iranienne a déclaré lundi que des manœuvres antiaériennes avaient été lancées pour protéger «en particulier les sites nucléaires». Une décision qui nourrit les spéculations affirmant que l'Iran serait en possession de l'arme atomique.

Le réacteur d'une centrale d'origine russe construite au sud de l'Iran. Beaucoup de pays soupçonnent l'Iran de masquer le volet militaire de son programme nucléaire par son programme civil.

Le réacteur d'une centrale d'origine russe construite au sud de l'Iran. Beaucoup de pays soupçonnent l'Iran de masquer le volet militaire de son programme nucléaire par son programme civil. Image: AFP

Pressions sur Israël

Israël est soumis à des pressions redoublées des Etats-Unis et des Européens pour ne pas attaquer l’Iran et donner une chance aux sanctions internationales censées contraindre Téhéran à renoncer à son programme nucléaire.

Cette campagne tous azimuts s’est traduite ces derniers jours notamment par l’envoi en Israël de Tom Donilon, le conseiller pour la sécurité nationale du président américain, Barack Obama.

M. Donilon s’est entretenu pendant deux heures dimanche avec le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, et a rencontré lundi le ministre de la Défense, Ehud Barak, dont "la position de faucon" dans la crise iranienne inspire, selon le quotidien Haaretz, l’inquiétude des Américains.

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L’Iran a multiplié lundi les signes de fermeté face aux sanctions et menaces visant son programme nucléaire controversé. Alors qu’une délégation de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) arrivait à Téhéran, l’Iran lançait d’importantes manoeuvres anti-aériennes.

Sous la menace de frappes militaires israéliennes, l’Iran a lancé de «grandes manoeuvres pour renforcer la défense anti-aérienne» de ses sites «sensibles et en particulier nucléaires», selon l’agence officielle IRNA citant le commandement de la défense anti-aérienne. Ces exercices de quatre jours ont lieu dans «la moitié sud du pays», bordant notamment le Golfe.

Baptisées «Sarollah» (»vengeance de Dieu»), ces manoeuvres mettent en oeuvre une large panoplie de missiles, les systèmes radar et l’aviation de l’Iran. Elles visent à renforcer la coordination entre les diverses forces du régime.

Livraisons de pétrole

Téhéran a par ailleurs menacé de couper ses ventes de pétrole à six nouveaux pays européens en réponse au renforcement des sanctions décidé en janvier par l’Union européenne. Après avoir déjà annoncé dimanche l’arrêt de ses exportations vers la France et la Grande- Bretagne, les deux pays les plus en pointe dans les sanctions anti- iraniennes, l’Iran a désormais dans son collimateur l’Italie, l’Espagne, la Grèce, l’Allemagne, le Portugal et les Pays-Bas.

L’arrêt des livraisons vers Londres et Paris est largement symbolique. Ces deux pays n’achètent en effet quasiment plus de brut iranien, mais cette décision a provoqué une hausse du pétrole sur le marché mondial.

Un arrêt brutal des exportations vers l’Italie, l’Espagne et la Grèce, qui absorbent l’essentiel du pétrole vendu par l’Iran à l’Europe (500'000 barils/jours en 2011, soit 20% des exportations iraniennes) pourrait en revanche avoir des répercussions plus importantes, tant pour ces pays que sur les marchés, selon les experts.

En janvier, l’UE avait notamment décrété un embargo contre le pétrole et la banque centrale iraniens. Elle espère ainsi forcer Téhéran à donner les garanties que réclame la communauté internationale sur la nature pacifique de son programme nucléaire.

Pressions occidentales sur Israël

Après quatre mois d’hésitations, l’Iran a fini de son côté par donner son feu vert la semaine dernière à une reprise des discussions sur son programme nucléaire proposée en octobre par les grandes puissances. Téhéran a insisté sur sa volonté de relancer «rapidement» les négociations au point mort depuis un an.

Américains et Européens ont alors multiplié les pressions sur Israël au cours des derniers jours afin de convaincre l’Etat hébreu de ne pas mettre ses menaces à exécution afin de laisser aux sanctions et la diplomatie le temps de faire leur effet.

Visite d’experts de l’AIEA

C’est dans ce contexte que la délégation de l’AIEA, menée par son directeur adjoint Herman Neckaerts, devrait discuter des «solutions diplomatiques à la question nucléaire», selon les rares informations fournies lundi par la presse iranienne. Sa mission de 48 heures, la deuxième en moins d’un mois, vise à éclaircir plusieurs aspects du programme nucléaire iranien.

En dépit des démentis de Téhéran, la communauté internationale s’inquiète d’une possible dimension militaire de ce programme. Ce dernier a déjà été condamné par six résolutions de l’ONU dont quatre assorties de sanctions que les pays occidentaux ont ensuite renforcées unilatéralement.

Mais ni les sanctions ni les menaces militaires ne feront renoncer l’Iran à ses «droits légitimes» en matière nucléaire, a réaffirmé le 11 février le président Mahmoud Ahmadinejad. A l’appui de sa détermination, Téhéran a annoncé un accroissement de 50% de sa capacité d’enrichissement d’uranium et le démarrage de sa deuxième usine d’enrichissement à Fordo, au sud de Téhéran, deux sujets au coeur de son conflit avec la communauté internationale. (afp/nxp)

Créé: 20.02.2012, 15h14

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