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Séismes Plus de 4 milliards de dollars pour reconstruire le Népal

Le Népal recevra 4,4 milliards de dollars pour se reconstruire après les récents séismes.

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Les donateurs internationaux, Inde et Chine en tête, ont promis ce jeudi 25 juin d'octroyer 4,5 milliards de dollars pour la reconstruction du Népal après les séismes du printemps. Le gouvernement de Katmandou a de son côté promis une «tolérance zéro» envers la corruption.

Le Népal estime avoir besoin de 6,7 milliards de dollars pour se rétablir après le séisme qui a tué plus de 8800 personnes, détruit un demi-million de logements et jeté à la rue des milliers d'habitants manquant d'eau et de nourriture.

L'appel aux dons a été «un grand succès», récoltant 2,2 milliards de dollars de prêts et 2,2 milliards de dons, a commenté jeudi le ministre des Finances népalais, Ram Sharan Mahat, à l'issue de la réunion des donateurs.

Un milliard de l'Inde

Par la voix de sa ministre des affaires étrangères Sushma Swaraj, l'Inde a promis un milliard de dollars pour la reconstruction, dont un quart sous forme d'aide. Elle n'a pas donné de détail pour le reste.

Son voisin et rival chinois s'est pour sa part engagé à fournir une assistance représentant trois milliards de yuans (483 millions de dollars). Les deux puissances asiatiques se sont historiquement livré à une lutte d'influence au Népal et tous deux se sont fortement impliqués dans l'assistance aux victimes après le séisme.

La Banque mondiale avait promis dès mardi 500 millions de dollars tandis que la Banque Asiatique de développement (BAD) s'est engagée à hauteur de 600 millions, le Japon 260 millions, les Etats-Unis 130 et l'Union européenne 100. Ces engagements portent à trois milliards de dollars l'aide promise au Népal.

La Suisse était également représentée à Katmandou. Immédiatement après le séisme, la Suisse avait débloqué cinq millions de francs pour l'aide d'urgence. Berne a également prévu d'engager 25 millions de francs jusqu'à la fin 2017 pour la reconstruction, un montant qui pourrait encore être revu à la hausse si nécessaire, a indiqué le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

Tolérance zéro

Le gouvernement veut centraliser toute l'aide dans un nouvel organisme public pour coordonner la reconstruction, mais certains donateurs internationaux s'inquiètent de voir les fonds mal utilisés en raison d'une bureaucratie envahissante et d'un manque d'organisation.

Le Premier ministre Sushil Koirala a exhorté les donateurs réunis à Katmandou à «travailler avec nous, le gouvernement du Népal» tout en promettant une «tolérance zéro contre la corruption». «En toute bonne foi, je vous assure que nous mettrons tout en œuvre pour que l'aide atteigne ses bénéficiaires car nous sommes redevables devant nos citoyens», a-t-il déclaré en ouverture de cette conférence.

Une personne sur dix sans toit

Le Népal, l'un des pays les plus pauvres du monde, a un besoin urgent d'aide pour reconstruire les logements, les écoles et hôpitaux détruits ou endommagés par le séisme du 25 avril et la puissante réplique du 12 mai.

Une personne sur dix se retrouve sans toit depuis le séisme. L'économie a été durement touchée par la catastrophe, la croissance annuelle étant désormais attendue à 3% seulement, son rythme le plus faible depuis huit ans.

Absence de projet détaillé

Certains experts pointent une absence de projet détaillé pour mener cet effort. «Il manque une stratégie claire (...) Le gouvernement doit exposer un plan crédible de mise en œuvre des projets de reconstruction avec un calendrier», a dit Chandan Sapkota, économiste de la BAD au Népal, avant la conférence.

Dans un message vidéo aux délégués, le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim a souligné que «l'argent sera important pour reconstruire un Népal plus résilient (...) mais ce n'est pas qu'une question d'argent». Selon lui, «la façon dont ses fonds sont dépensés est tout aussi importante».

La communauté internationale avait ainsi promis plusieurs milliards de dollars d'aide à Haïti après le séisme qui avait ravagé le pays en janvier 2010. Mais ces promesses s'étaient peu concrétisées, les donateurs retardant leurs engagements en raison de craintes de corruption et de l'instabilité politique.

«Le suivi est extrêmement important: quand les promesses sont faites, le gouvernement formule ses projets en conséquence, mais si l'argent ne vient pas, tout est remis en cause», relève Poonam Khetrapal Singh, directeur de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l'Asie du sud-est.

(ats/nxp)

Créé: 25.06.2015, 17h33

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