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Pourparlers L'Iran envisage de prolonger les négociations nucléaires

En cas d'absence d'accord politique d'ici dimanche soir, Téhéran évoque une prolongation des discussions pendant six à douze mois, aux conditions précises de l'accord intérimaire de Genève de novembre 2013.

John Kerry (à gauche) s'entretient avec Catherine Ashton, ancienne responsable de la diplomatie européenne et le minnistre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif

John Kerry (à gauche) s'entretient avec Catherine Ashton, ancienne responsable de la diplomatie européenne et le minnistre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif Image: Keystone

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L'Iran envisage de prolonger les négociations nucléaires pendant six à douze mois, aux conditions précises de l'accord intérimaire de Genève de novembre 2013, en cas d'absence d'accord politique d'ici dimanche soir, a déclaré une source iranienne à Vienne.

«Nous sommes toujours concentrés pour parvenir à un accord politique d'ici ce soir (dimanche, ndlr), ce qui permettra de travailler sur les détails et les annexes, mais si cet après-midi ou ce soir on n'y arrive pas, la solution est qu'on réfléchisse à une extension de l'accord intérimaire de Genève. Cela peut être pour une durée de six mois ou d'un an», a déclaré ce diplomate.

Problème de plus de dix ans

Dans cette crise qui empoisonne la communauté internationale depuis plus d'une décennie, Américains, Européens et Iraniens s'accordent tous à reconnaître que des «divergences importantes» subsistent pour parvenir à une solution historique le 24 novembre au soir.

Le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, a reconnu qu'il restait «de grosses divergences, (...) de graves divergences» avec l'Iran, tout en assurant que tout le monde «travaillait dur» pour aboutir. Et pour la première fois, un responsable du département d'Etat a admis que Washington envisageait d'autres «options» qu'un accord complet lundi soir.

«C'est l'heure de vérité», a lancé le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier dans la capitale autrichienne, où il s'est entretenu séparément avec M. Kerry et avec le ministre iranien Mohammad Javad Zarif.

Accord complet «physiquement impossible»

Une source proche de la délégation iranienne a aussi admis auprès de l'AFP que «le fossé rest(ait) encore important», réclamant «maintenant une décision politique» de tous les gouvernements impliqués.

Mais selon une source européenne, conclure un accord complet lundi apparaît désormais «physiquement impossible», car «aucun progrès significatif» n'a été réalisé.

«Même si on arrive à un accord politique, les annexes techniques ne seront pas prêtes. Or dans notre esprit, rien ne sera agréé tant que tout ne sera pas agréé y compris les annexes», a relevé ce diplomate.

Le groupe «5+1» (Chine, Etats-Unis, France, Russie, Royaume-Uni et Allemagne) et l'Iran s'efforcent de sceller un accord qui mettrait fin à 12 ans de tensions.

Volonté d'exclure les débouchés militaires

La communauté internationale exige que l'Iran réduise ses capacités nucléaires afin d'exclure tout débouché militaire. Téhéran, qui soutient que son programme nucléaire est strictement pacifique, revendique son droit à une filière nucléaire civile complète et demande la levée des sanctions économiques qui l'asphyxient.

Entre l'Iran et le «5+1», les points d'achoppement sont connus : rythme de levée des sanctions d'une part, capacités iraniennes à enrichir de l'uranium de l'autre.

Les tractations, qui s'emballent depuis vendredi, se font principalement entre les deux acteurs clés, John Kerry et Mohammad Javad Zarif. Les deux ministres, qui affichent une bonne entente, ont eu quatre longs face-à-face depuis jeudi soir, sous l'égide de la négociatrice européenne Catherine Ashton.

M. Kerry a aussi multiplié les appels téléphoniques à ses homologues des pays arabes, de la Turquie et au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui se méfie d'un accord international avec la République islamique.

Outre un possible accord général politique qui serait suivi de discussions sur les détails techniques, des experts envisagent aussi un simple règlement provisoire. Ce qui signifierait un nouveau report de la date limite pour négocier.

Pas de prolongation

Un diplomate américain a confié à l'AFP qu'il était pour l'instant «prématuré de discuter avec les Iraniens d'une prolongation» des pourparlers.

En revanche, un règlement provisoire pourrait faire le jeu de ceux qui dans les deux camps, occidental et iranien, sont opposés à une sortie de crise avec l'Iran.

Des élus américains sont favorables à un nouveau train de sanctions contre Téhéran, et à partir de janvier les opposants républicains à Barack Obama contrôleront l'ensemble du Congrès, entravant la marge de manoeuvre du président démocrate.

Un échec à Vienne fragiliserait aussi le président iranien modéré Hassan Rohani, qui joue une grande partie de sa crédibilité dans le succès de cette ouverture vers les grandes puissances.

Accentuant de nouveau la pression sur Téhéran, le chef de la diplomatie britannique Philip Hammond avait rappelé vendredi que l'Iran aurait «énormément à gagner» à un accord.

Un tel accord redonnerait du souffle à l'économie iranienne, en particulier grâce à la levée de l'embargo occidental sur le pétrole. Il ouvrirait aussi la voie à une normalisation des relations entre l'Iran et l'Occident, voire à des coopérations sur l'Irak et la Syrie. (afp/nxp)

Créé: 23.11.2014, 09h06

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