Dimanche 17 novembre 2019 | Dernière mise à jour 13:06

Diplomatie Les deux Corées reprennent les négociations

Malgré la reprise des pourparlers, Séoul a accusé son voisin de déployer de nouvelles forces maritimes et terrestres.

Les pourparlers ont repris dans l'après-midi dans le village frontalier de Panmunjom, où le cessez-le-feu de la guerre de 1950-1953 avait été signé.

Les pourparlers ont repris dans l'après-midi dans le village frontalier de Panmunjom, où le cessez-le-feu de la guerre de 1950-1953 avait été signé.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

La Corée du Nord et la Corée du Sud poursuivaient tard dimanche 23 août leurs pourparlers entamés la veille en vue d'éviter un conflit armé. Mais Séoul a accusé Pyongyang de saper les discussions en procédant à de nouveaux déploiements d'armements navals et terrestres.

Les discussions se poursuivaient après minuit (heure locale) dans la nuit de dimanche à lundi dans le village frontalier de Panmunjom, où fut signé le cessez-le-feu de la guerre de 1950-1953. Elles avaient repris dans l'après-midi de dimanche après avoir été suspendues au terme de dix heures de discussions infructueuses dans la nuit de samedi à dimanche.

Le ministère sud-coréen de la Défense a indiqué que le Nord avait doublé ses unités d'artillerie à la frontière et déployé 50 sous-marins hors de leurs bases militaires. «Le Nord adopte une attitude hypocrite alors que les discussions se poursuivent», a déclaré un responsable du ministère.

Des analystes estiment que la poursuite des négociations est un signe positif. La présidence sud-coréenne a indiqué que les deux parties «continueraient de réduire leurs divergences».

Alerte maximale

Mais le rapprochement des points de vue semble ardu. Les armées des deux pays sont en alerte maximale et déploient leurs armes le long de la frontière, où des échanges de tirs d'artillerie ont déjà eu lieu auparavant.

Pyongyang menace le Sud d'une attaque armée si Séoul n'éteint pas ses haut-parleurs à la frontière. Ils diffusent depuis une semaine à plein volume des messages de propagande vers le Nord.

Séoul exige au préalable des excuses de Pyongyang pour l'explosion d'une mine antipersonnel qui a mutilé deux soldats sud-coréens lors d'une patrouille à la frontière début août. Le Nord dément toute implication dans ces explosions, tandis que le Sud n'acceptera pas un compromis qui pourrait donner l'impression de céder à la belligérance de Pyongyang.

«Les deux parties pourraient effectuer une déclaration dans laquelle est exprimée une forme de 'regret' sans explicitement désigner le Nord comme la partie responsable», a déclaré Jeung Young-Tae, analyste à l'Institut coréen de l'unification nationale à Séoul. «Mais je ne pense pas qu'une déclaration aussi vague va fonctionner cette fois-ci», a-t-il ajouté. L'expert a insisté sur le fait que le cas des deux soldats sud-coréens mutilés, qui ont perdu leurs jambes, était devenu un problème émotionnel dans le Sud.

Au plus haut niveau

«C'est pourquoi je pense que le meilleur résultat de cette rencontre sera un accord pour une autre rencontre de haut niveau à l'avenir, telles des discussions au niveau du ministère de la Défense», a-t-il encore ajouté.

En dépit des précédentes annonces belliqueuses de Pyongyang qui sont restées pour l'essentiel des menaces, l'ultimatum du Nord a fait monter les tensions au plus haut niveau depuis des années. Le Nord a repositionné des unités d'artillerie, tandis que avions de chasse sud-coréens et américains ont effectué des exercices de simulation de bombardement.

Les négociations à Panmunjom sont dirigées par le conseiller sud-coréen à la sécurité nationale, Kim Kwan-Jin, et son homologue nord-coréen, Hwang Pyong-So, un proche collaborateur de Kim Jong-Un. Il s'agit des discussions intercoréennes au plus haut niveau depuis près d'un an, ce qui reflète la gravité de la situation.

Surveillance internationale

Le secrétaire général de l'ONU, le Sud-Coréen Ban Ki-Moon, a salué la décision de reprise des négociations. Il a appelé les deux pays à «redoubler» d'efforts et «à faire en sorte que la reprise des discussions ouvre la voie à une désescalade».

Pour l'heure, les habitants sud-coréens, rompus à la rhétorique agressive du Nord, ne semblaient guère s'émouvoir de ce nouvel épisode orageux entre les deux pays. Techniquement, ils sont en conflit depuis 65 ans, car la guerre de Corée (1950-53) a pris fin avec un simple cessez-le-feu qui n'a jamais été formalisé par un traité de paix en bonne et due forme. (ats/nxp)

Créé: 23.08.2015, 21h17

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.