Vendredi 28 février 2020 | Dernière mise à jour 08:55

Nucléaire Kim promet une «action sidérante» contre les USA

Pyongyang a annoncé la fin du moratoire sur les essais nucléaires et annoncé une action «sidérante» contre les Etats-Unis. Les USA ont réagi avec modération.

Devant le comité central de son Parti des travailleurs, Kim a indiqué clairement que la Corée du Nord était prête à continuer à vivre sous un régime de sanctions internationales pour préserver sa capacité nucléaire.
Vidéo: AFP

Pas de discours de Nouvel An

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un semble avoir décidé de ne pas prononcer son discours de Nouvel An mercredi. Selon des analystes, il s'agit d'un choix visant à éviter d'admettre des erreurs dans sa politique diplomatique avec Washington.

Kim prononce ce discours chaque année depuis 2013, une tradition héritée de son grand-père, Kim Il Sung. Au cours de ce moment clé du calendrier politique nord-coréen, il passe en revue le passé et présente ses objectifs. Le texte intégral du discours est publié dans le journal officiel Rodong Sinmun.

Cette année, il n'y a pas eu de retransmission de ce discours par la télévision officielle nord-coréenne, ni le matin, ni même à midi. A la place, la télévision a diffusé la lecture par M. Kim d'un long discours lors de la session plénière du comité central du Parti des Travailleurs (au pouvoir) qui s'est tenue pendant quatre jours, un discours dans lequel
il menaçait de faire la démonstration d'une «nouvelle arme stratégique».

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Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a annoncé mercredi la fin du moratoire sur les essais nucléaires et de missiles balistiques intercontinentaux. Il a promis une action «sidérante» contre les Etats-Unis, qui ont toutefois réagi avec modération.

«Nous n'avons aucune raison de continuer à être liés unilatéralement par cet engagement», a indiqué mercredi l'agence d'Etat nord-coréenne KCNA, rapportant des propos de M. Kim aux dignitaires du Parti des travailleurs (au pouvoir). «Le monde va découvrir dans un proche avenir une nouvelle arme stratégique que détient la Corée du Nord».

M. Kim avait déclaré en 2018 que la Corée du Nord n'avait plus besoin d'essais nucléaires et d'essais de missiles balistiques intercontinentaux. Ces dernières années, Pyongyang a effectué six essais nucléaires et lancé des missiles capables d'atteindre l'intégralité du territoire continental des Etats-Unis.

Marche arrière ?

Les déclarations de M. Kim rapportées mercredi semblent infirmer la diplomatie nucléaire des deux dernières années, le président américain Donald Trump évoquant régulièrement la «promesse» que lui aurait faite le dirigeant nord-coréen.

«Nous avons bien signé un contrat qui parle de dénucléarisation. C'était la phrase numéro un, cela a été fait à Singapour. Je pense que c'est un homme de parole», a réaffirmé mardi M. Trump, faisant référence au premier sommet historique entre les deux dirigeants à Singapour en 2018. Mais les pourparlers semblent dans une impasse depuis l'échec d'un nouveau sommet Kim-Trump à Hanoï en février 2019.

Action «sidérante»

Devant le comité central du Parti des travailleurs, M. Kim a indiqué clairement que la Corée du Nord était prête à continuer à vivre sous un régime de sanctions internationales pour préserver sa capacité nucléaire.

«Les Etats-Unis formulent des exigences contraires aux intérêts fondamentaux de notre Etat et adoptent un comportement de voyou», a-t-il dit. Ils ont «conduit des dizaines d'exercices militaires conjoints (avec la Corée du Sud) que le président (Donald Trump) avait personnellement promis d'arrêter», a envoyé au Sud de l'équipement militaire de haute technologie et a renforcé les sanctions contre le Nord, a ajouté le dirigeant nord-coréen.

«Nous ne vendrons jamais notre dignité», a-t-il assuré, promettant une action «sidérante pour faire payer (aux Etats-Unis) le prix de la douleur subie par notre peuple».

Modération américaine

Comme M. Trump, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a réagi avec modération, déclarant: «nous voulons la paix, pas l'affrontement». «Nous voulons continuer à laisser ouverte la possibilité que le dirigeant de la Corée du Nord fasse le choix qui est le meilleur, à la fois pour lui-même et pour son peuple».

«Si le président Kim a renié ses engagements pris auprès du président Trump, c'est profondément décevant. J'espère qu'il ne suivra pas ce chemin», a-t-il ajouté. Le ministère sud-coréen en charge de l'unification a pour sa part affirmé qu'un test d'arme stratégique «n'aiderait pas les négociations sur la dénucléarisation».

Pas de discours de Nouvel An

Pour la première fois depuis 2013, M. Kim n'avait pas prononcé mercredi en fin d'après-midi son traditionnel discours de Nouvel An. Selon des analystes, il s'agit d'un choix à dessein pour éviter d'admettre des erreurs dans sa politique diplomatique avec Washington. Depuis des mois, Pyongyang réclame un assouplissement des sanctions internationales qui lui sont imposées en raison de ses programmes d'armement nucléaire et de missiles balistiques, mais l'administration Trump estime que la Corée du Nord doit d'abord faire davantage de gestes concrets.

«Jeu dangereux»

Pour Harry Kazianis, du groupe de réflexion conservateur américain Center for the National Interest, «Kim Jong Un joue un jeu géopolitique dangereux».

«La Corée du Nord a pour ainsi dire placé un ICBM (missile balistique intercontinental, ndlr) sur la tempe de Donald Trump dans l'espoir d'obtenir les deux concessions auxquelles elle tient le plus: un assouplissement des sanctions et une garantie de sécurité», a-t-il estimé.

«Il parie que la menace d'une nouvelle démonstration de sa capacité à frapper le territoire américain avec une arme nucléaire poussera l'Amérique à faire davantage de concessions», a expliqué le chercheur.

Mais selon lui il est peu probable que cette stratégie soit efficace, car il est vraisemblable que Washington répliquera avec «plus de sanctions, une présence renforcée en Asie de l'Est et plus de menaces du genre 'feu et fureur' sur le compte Twitter de Donald Trump».

En 2017, à une époque de très forte tension entre Pyongyang et Washington, M. Trump avait menacé de déchaîner «le feu et la fureur» sur la Corée du Nord. (ats/nxp)

Créé: 01.01.2020, 08h09

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