Lundi 24 février 2020 | Dernière mise à jour 13:05

MALAYSIA AIRLINES L'avion aurait changé de cap après sa disparition

Les recherches se poursuivent pour retrouver le Boeing disparu. Selon l'armée malaisienne, l'avion aurait changé de cap en cours de route.

Le parcours de l'avion

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Le Boeing 777 disparu samedi avec 239 personnes à bord a volé pendant plus d'une heure après avoir disparu des écrans radar, selon l'armée malaisienne. Cela écarterait la thèse d'une désintégration.

L'appareil aurait en outre changé de trajectoire pour mettre le cap à l'ouest vers le détroit de Malacca, loin de l'endroit où il a adressé son dernier signal aux contrôleurs aériens civils, dit-on de source militaire à Kuala Lumpur.

«Il a changé de direction»

Au moment de sa disparition, le Boeing 777 se trouvait à mi-chemin entre la ville de Kota Bharu, sur la côte orientale malaisienne, et la pointe sud du Vietnam, à une altitude de 35'000 pieds (10'670 mètres). «Il a changé de direction après Kota Bharu et volé à plus basse altitude. Il est allé vers le détroit de Malacca», a dit un responsable militaire à Reuters.

Ces informations vont dans le même sens que celles de CNN, qui se base sur une source anonyme et haut placée au sein de l'armée malaisienne et selon laquelle l'avion aurait complètement dévié de sa trajectoire initiale. Si cette information se confirme, celle-ci pourrait aller dans le sens, selon un expert cité par CNN, d'une intrusion dans le cockpit visant à exiger cette manœuvre.

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Pas de traces de l'avion

Le détroit de Malacca, à l'ouest de Kuala Lumpur, sépare la Malaisie continentale de l'île indonésienne de Sumatra. Or, l'appareil avait pris après son décollage la direction du nord-est pour se rendre en Chine.

L'avion de la compagnie Malaysia Airlines, qui avait décollé de la capitale malaisienne à destination de Pékin, a disparu vendredi vers 18h30, soit samedi vers 01h30 locale. Les recherches auxquelles une dizaine de pays contribuent n'ont pas permis d'en retrouver trace.

Détecté 1h10 après sa disparition

D'après le chef d'état-major de l'armée de l'air Rodzali Daud, cité mardi par un journal malaisien, le Boeing a été détecté pour la dernière fois par un radar militaire environ 1h10 après sa disparition des écrans radars près de l'îlot de Pulau Perak, dans le nord du détroit de Malacca. Il volait alors à 9000 mètres, ajoute-t-il.

«Cette information est en train d'être vérifiée par le département de l'Aviation civile et l'équipe chargée des recherches», a-t-on indiqué de source proche de l'enquête. «Il y a beaucoup d'autres informations du même genre.»

L'heure donnée par Rodzali signifie que le vol MH370 aurait volé une heure et dix minutes à une altitude de croisière après avoir disparu des écrans de contrôle, sur une distance d'environ 500 km, avec un transpondeur éteint.

Hypothèses

La police malaisienne étudie toutes les hypothèses. «Peut-être que quelqu'un sur le vol a contracté une très forte assurance pour en faire profiter sa famille, ou alors quelqu'un qui devait beaucoup d'argent. Nous étudions toutes les possibilités», a déclaré le chef de la police Khalid Abu Bakar lors d'une conférence de presse.

La compagnie aérienne a quant à elle dit prendre au sérieux le témoignage d'une Sud-Africaine, qui assure, images à l'appui, avoir été invitée par le co-pilote à s'asseoir dans le cockpit avec une amie lors d'un vol qui a eu lieu il y a deux ans.

«Malaysia Airlines (est choquée) par ces allégations. Nous n'avons aucune confirmation de la validité des images et vidéos de l'incident allégué», souligne-t-elle dans un communiqué.

La CIA n'écarte pas l'acte terroriste

Le patron de l'agence américaine de renseignement, John Brennan, a indiqué qu'il y avait eu des informations faisant état de revendications après la disparition de l'avion tout en insistant sur le fait qu'elles n'avaient pas été confirmées.

«Il y a beaucoup de spéculations en ce moment, des revendications qui n'ont pas du tout été confirmées ou corroborées», a-t-il ajouté devant le centre de réflexion Council on Foreign Relations à Washington.Interrogé sur le fait de savoir s'il écartait la piste terroriste, il a répondu : «Non, je ne l'écarterais pas».

Interpol n'y croit pas

Quelques heures auparavant, Interpol avait semblé au contraire écarter cette hypothèse. «Plus nous avons d'informations, plus nous sommes portés à conclure qu'il ne s'agit pas d'un incident terroriste (...)», avait déclaré à Lyon, dans le centre de la France, Ronald K. Noble, secrétaire général d'Interpol.

L'annonce que deux passagers voyageant à bord du Boeing 777 avec des passeports volés étaient Iraniens avait provoqué des spéculations sur une attaque terroriste. Mais pour le responsable d'Interpol, il s'agit plus probablement «d'un trafic d'êtres humains».

Les deux Iraniens, identifiés par Interpol comme Pouria Nourmohammadi, âgé de 18 ans, et Seyed Mohammed Reza Delavar, 29 ans, cherchaient vraisemblablement à émigrer en Europe. Le plus âgé projetait de se rendre en Suède pour y demander l'asile, selon la police suédoise, et voyageait avec un passeport italien volé sous le nom de Luigi Maraldi.

Pas un membre d'un groupe terroriste

«Nous ne pensons pas vraisemblable qu'il soit membre d'un groupe terroriste et nous pensons qu'il essayait d'émigrer en Allemagne», a déclaré mardi le chef de la police malaisienne, Khalid Abu Bakar, à propos du plus jeune.

Les deux passeports, l'un appartenant à un Italien, l'autre à un Autrichien, avaient été volés en 2013 et 2012 en Thaïlande, plaque-tournante pour diverses organisations criminelles qui viennent notamment se fournir en faux documents.Selon la police thaïlandaise, un autre Iranien, «M. Ali», a organisé l'achat des billets des deux hommes par l'intermédiaire d'une agence de voyage de Pattaya, station balnéaire au sud de Bangkok.

«Réseau de trafiquants d'êtres humains»

M. Ali est soupçonné de faire partie d'un «réseau de trafiquants d'êtres humains» envoyant entre autres des ressortissants du Moyen-Orient «travailler dans des pays tiers, notamment en Europe», destination finale des deux passagers suspects, après Pékin, a précisé le patron de la police dans le sud du royaume, le général Panya Maman.

Plus de trois jours après la disparition de l'avion, des dizaines de navires, d'avions et d'hélicoptères de neuf pays (notamment Chine, Etats-Unis, Vietnam, Malaisie, Philippines, Singapour) participent aux recherches.La Chine, dont 153 ressortissants se trouvaient à bord de l'appareil, a annoncé le redéploiement de dix satellites à haute résolution pour l'aide à la navigation, l'observation des conditions météorologiques, les communications.La justice française a de son côté ouvert une enquête préliminaire pour homicides involontaires, en raison de la présence de quatre Français à bord de l'appareil.

Brusque disparition

Le vol MH370, parti de Kuala Lumpur à destination de Pékin avec 239 personnes à bord, a brusquement disparu des écrans radar dans les premières heures de samedi, quelque part entre la côte orientale de la Malaisie et le sud du Vietnam.Restées infructueuses, les recherches ont été étendues par la Malaisie lundi en mer de Chine méridionale de 50 milles marins (environ 90 km) à 100 milles de rayon autour du lieu où le contrôle aérien a perdu le contact avec l'appareil. Compte tenu des nouvelles pistes, elles pourraient s'étendre plus à l'ouest, au large de Malacca, dans les jours qui viennent.

Le Vietnam a annoncé mardi également l'extension de ses opérations «vers l'est et le nord-est», précisant avoir demandé l'aide des pêcheurs de la région.Egalement très mobilisés, les Etats-Unis ont envoyé deux destroyers transportant des hélicoptères et un avion de surveillance.

Le FBI et l'agence américaine de la sécurité dans les transports (NTSB) ont envoyé des techniciens et enquêteurs auxquels se sont joints des spécialistes de Boeing.Aucune trace de l'avion n'a été retrouvée. Les vérifications ont infirmé les espoirs soulevés par la découverte d'un possible radeau de survie -en fait une «couverture moisie pour enrouleur de câble»- ou d'une nappe de carburant qui s'est avérée être du fioul pour navire.

Les familles oscillent entre espoir et résignation

En attendant de connaître le sort de l'avion, les familles des passagers arrivées à Kuala Lumpur oscillaient entre espoir et résignation. Mardi, les familles chinoises ont refusé «l'aide financière» de 5000 dollars par personne que leur proposait la Malaysia Airlines.

«Tous les membres de la famille essayent de rester optimistes et espèrent qu'ils ont survécu (mais) nous nous préparons au pire», ont indiqué les proches de Catherine et Bob Lawton, un couple de quinquagénaires parmi les six Australiens sur le vol MH370. Le Boeing 777-200 transportait 239 personnes, dont deux enfants en bas âge.

Outre les 153 Chinois et quatre Français, se trouvaient à bord 38 Malaisiens, sept Indonésiens, six Australiens, trois Américains et deux Canadiens, ainsi que des Russes et des Ukrainiens.Si l'avion s'est abîmé en mer, il pourrait s'agir de la catastrophe aérienne la plus meurtrière d'un avion de ligne depuis 2001, date de l'accident d'un Airbus A300 d'American Airlines qui avait fait 265 morts aux Etats-Unis.

La situation en images sur une vidéo AFP:

) (ATS-AFPnxp)

Créé: 11.03.2014, 09h45

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