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Vietnam A la recherche des restes des soldats américains

Depuis 1973, plus de 1000 dépouilles de soldats américains ont pu être retrouvées au Vietnam, mais 1600 restent encore portées disparues.

L'agence américaine DPAA est active dans le monde entier pour récupérer des soldats américains - 72'000 tués pendant la Seconde Guerre mondiale, 7700 lors de la guerre de Corée et 126 datant de l'époque de la Guerre froide...
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Dix-sept ans après son père, Tycoria Johnson est venue, elle aussi, arpenter la jungle vietnamienne à la recherche de fragments d'os ou de dents de soldats américains tués pendant la guerre et dont les corps restent introuvables.

Une mission éprouvante pour elle car son père n'est jamais revenu de son dernier voyage en terre vietnamienne en 2001. Il est mort dans un accident d'hélicoptère en tentant de localiser les restes de l'un des 1600 soldats portés disparus. «Sa mission n'était pas terminée donc je voulais le faire pour lui, pour pouvoir dire qu'il l'a finie», raconte la jeune femme de 26 ans, membre de l'US Air Force et habituellement stationnée au Japon.

Son équipe, mandatée par l'agence militaire DPAA, était à la recherche du corps d'un pilote dont l'avion s'est écrasé lors d'une mission de nuit dans la province centrale de Quang Ngai en 1966. Née sous la pression des épouses de prisonniers de guerre américains qui demandaient le retour de leurs maris, l'agence concentre aujourd'hui ses efforts sur la rapatriement des corps.

Depuis 1973, plus de 1000 dépouilles de soldats américains ont pu être renvoyées vers les Etats-Unis, y compris des soldats tombés au Laos, au Cambodge et en Chine, selon les chiffres de la DPAA. Mais celle du pilote recherché par Tycoria Johnson et son équipe reste introuvable.

Course contre la montre

Ils sont toutefois parvenus à retrouver les corps de trois autres soldats, qui ont été renvoyés vers l'État américain du Delaware après une cérémonie à Danang, dans le centre du Vietnam.

La DPAA est active dans le monde entier pour récupérer des soldats américains - 72'000 tués pendant la Seconde Guerre mondiale, 7700 lors de la guerre de Corée et 126 datant de l'époque de la Guerre froide... Sa zone d'intervention est large: l'agence a ramené des restes humains de Papouasie-Nouvelle-Guinée, de Chine, de Pearl Harbor et d'ex-Union soviétique.

«Le temps est notre plus grand ennemi (...) parce que les témoins vieillissent et meurent, il est important pour nous d'accélérer le rythme et notre amplitude d'action», estime Kelly McKeague, le directeur de la DPAA.

Beaucoup de corps sont en pleine jungle ou parfois sur des terrains qui voient de nouvelles constructions s'installer dans un pays en plein boom économique. Et l'acidité des sols qui ronge les os abîme les restes.

300'000 corps

Pour M. McKeague, il est impossible d'estimer le temps nécessaire pour récupérer au Vietnam tous les corps de soldats américains car il ne reste que des «cas complexes». Et des centaines d'autres sont considérés comme irrécupérables. Cela reste toutefois une goutte d'eau comparée aux quelque 300'000 corps de Vietnamiens qui n'ont toujours pas été retrouvés, faute de financements et de tests ADN disponibles.

«Nous avons besoin du soutien de la communauté internationale, y compris des Américains», estime Le Thanh Tung, le directeur de l'Office vietnamien pour la recherche de personnes disparues, qui travaille avec la DPAA pour aider à récupérer les restes américains.

Désespérées et se sentant abandonnées, des familles vietnamiennes se tournent aujourd'hui vers des voyants pour les guider vers les lieux où se trouvent les corps de leur proche. Certaines finissent par creuser des tombes qu'ils laissent vides pour avoir un lieu pour honorer leurs morts.

Dans les bureaux de la DPAA à Hanoï, où traîne une cannette de bière Budweiser datant de l'époque de la guerre, une bouteille d'après rasage et des mitrailleuses déterrées, Tycoria Johnson est persuadée que sa démarche est essentielle pour permettre le deuil. «Savoir que nous pouvons aider les autres, c'est ce qui rend cette mission extraordinaire pour moi». (afp/nxp)

Créé: 27.04.2018, 06h52

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