Samedi 22 septembre 2018 | Dernière mise à jour 18:55

Allemagne Attaquée, Merkel défend le compromis avec la CSU

La chancelière allemande est sous le feu des critiques après avoir accepté la création de centres pour migrants à la frontière afin d'éviter une crise politique.

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Angela Merkel a défendu mercredi le compromis conclu avec ses alliés de la CSU bavaroise sur la politique migratoire. Elle a répondu aux critiques des sociaux-démocrates, partenaires de sa coalition gouvernementale, et aux attaques de l'AfD qui réclame sa démission.

Mardi soir, le Parti social-démocrate (SPD) d'Andrea Nahles a fait part de son scepticisme sur ce plan qui prévoit la création de centres de transit à la frontière avec l'Autriche. Les migrants ayant déjà demandé l'asile dans un autre pays de l'Union européenne y seraient maintenus en attendant la conclusion d'accords bilatéraux sur leur renvoi.

Prenant la parole mercredi au Bundestag, la chancelière allemande a souligné que les Allemands avaient besoin d'être rassurés. «Il faut mettre de l'ordre dans toutes les formes de migration afin que les gens voient que la loi est appliquée et respectée», a lancé la chancelière allemande sous les applaudissements des députés conservateurs mais aussi les quolibets des élus du parti d'extrême droite l'Alternative pour l'Allemagne (AfD).

Accord du SPD nécessaire

Les migrants qui viennent en Allemagne pour avoir une vie meilleure doivent pouvoir contribuer au développement de la société allemande «par l'étude et le travail», a-t-elle ajouté. «Il nous faut une loi sur l'immigration pour les travailleurs qualifiés, afin que tout le monde s'y retrouve. Sinon, il nous sera impossible de combattre le trafic d'êtres humains.»

Le SPD a demandé du temps pour étudier le compromis entre les deux partis conservateurs, l'Union chrétienne-démocrate (CDU) de Merkel et l'Union chrétienne-sociale (CSU) de son ministre de l'Intérieur Horst Seehofer. L'accord du SPD est nécessaire pour éviter un éclatement de la coalition tripartite difficilement mise en place à Berlin à la mi-mars, près de six mois après les législatives.

Les sociaux-démocrates sont hostiles à l'idée de camps fermés pour les migrants, comme l'a redit mercredi le ministre des Affaires étrangères Heiko Maas. Il a plaidé pour «une politique migratoire humanitaire et réaliste».

Pas une menace pour la coalition

Dans une interview à la chaîne de télévision ARD, qui devait être diffusée mercredi soir, la chancelière précise que les migrants ne pourront être retenus plus de 48 heures dans les centres de transit à la frontière autrichienne. Elle ajoute que les différends comme celui qui vient d'opposer la CDU à la CSU sur l'immigration ne menacent pas vraiment, selon elle, la survie de la coalition.

A l'extrême droite, la co-présidente de l'AfD, Alice Weidel, a réclamé la démission d'Angela Merkel. Elle a présenté l'accord CDU-CSU comme «un ramassis de lieux communs qu'on veut nous vendre comme une 'solution européenne'».

Pour mettre l'accord en place, il faudra conclure des accords bilatéraux avec d'autres Etats européens, à commencer par l'Autriche. Jeudi, Horst Seehofer, également président de la CSU, doit rencontrer le chancelier autrichien Sebastian Kurz. Le même jour, le Premier ministre hongrois Viktor Orban, également anti-immigration, est attendu à Berlin. (ats/nxp)

Créé: 04.07.2018, 17h03

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