Lundi 30 mars 2020 | Dernière mise à jour 16:21

Crash près de Téhéran Rohani promet de punir les coupables

Dans une spectaculaire volte-face, l'Iran a reconnu samedi avoir abattu «par erreur» un avion civil ukrainien et présenté ses excuses.

Vidéo: AFP

Principales réactions

Ukraine
«Nous attendons de l'Iran (...) que les coupables soient traduits en justice», «le paiement de compensations» et «le retour des corps des victimes», a écrit le président Volodymyr Zelensky sur Facebook.
«Nous espérons que l'enquête sera poursuivie sans retards délibérés et sans entraves. Nos 45 spécialistes doivent obtenir l'accès total» à l'ensemble des éléments de l'enquête, a-t-il ajouté.

Canada
«Notre priorité demeure de faire la lumière dans ce dossier dans un esprit de transparence et de justice», a affirmé le Premier ministre Justin Trudeau dans un communiqué.

«Il s'agit d'une tragédie nationale et tous les Canadiens sont dans le deuil. Nous continuerons de travailler avec nos partenaires à travers le monde pour veiller à ce qu'une enquête complète et approfondie soit menée», a-t-il assuré, ajoutant: «le gouvernement du Canada s'attend à la pleine collaboration des autorités iraniennes».


Royaume-Uni
Le Premier ministre britannique Boris Johnson a qualifié de «premier pas important» l'aveu de Téhéran.

«Nous avons maintenant besoin d'une enquête internationale complète, transparente et indépendante et le rapatriement de ceux qui sont morts», a ajouté le dirigeant conservateur, précisant que le Royaume-Uni allait collaborer avec ses partenaires internationaux à cette fin.


Afghanistan
L'Afghanistan appelle également à une «enquête exhaustive et transparente sur les causes du crash afin que les familles et leurs proches recoivent les réponses qu'ils attendent», a déclaré le ministre des Affaires étrangères Idress Zaman.

«Notre coeur va vers les familles et amis des âmes innocentes qui ont péri», a écrit le porte-parole du président Sediq Sediqqi, rappelant que «13 Afghans figurent parmi les victimes».


France
«Il est important de se saisir de ce moment pour redonner de l'espace à des discussions et des négociations» sur le dossier du nucléaire iranien, a estimé la ministre française des Armées Florence Parly.

«Les leçons que nous devons tirer de cette séquence dramatique que nous avons vécue depuis maintenant plusieurs jours, depuis la fin de l'année 2019, c'est qu'il faut mettre un terme à cette escalade», a-t-elle poursuivi.


Allemagne
La chancelière allemande Angela Merkel a salué les aveux iraniens et appelé à une enquête exhaustive.

«C'est bien que les responsables soient désormais connus et je crois que tout doit être fait, en commun avec les nations dont les citoyens (sont morts), pour trouver des solutions, élucider (les choses) de manière exhaustive et discuter des conséquences. Aujourd'hui un pas important a été fait», a-t-elle dit depuis Moscou.


Suède
Le Premier ministre suédois Stefan Löfven a parlé d'un «acte (...) qui doit être condamné et dont l'Iran doit assumer l'entière responsabilité, y compris à l'égard des personnes touchées».

«L'Iran a déclaré que l'avion avait été abattu par erreur. Cette déclaration constitue la base d'une enquête complète et transparente, qui doit faire la lumière sur toutes les circonstances entourant l'accident», a-t-il réclamé dans un communiqué.

«Nous exigeons que l'Iran coopère sans restriction à la poursuite de l'enquête, et que les pays touchés aient la possibilité de participer en utilisant leurs compétences nationales et soient pleinement informés de l'enquête», a-t-il ajouté.

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Crash d'un Boeing 737 à Téhéran

Crash d'un Boeing 737 à Téhéran Cent septante personnes ont péri dans le crash d'un Boeing 737 de la compagnie Ukraine International Airlines qui s'est écrasé mercredi matin après avoir décollé de Téhéran en direction de Kiev, selon le Croissant-Rouge iranien.

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L'Iran a reconnu samedi avoir abattu «par erreur» un avion civil ukrainien, tout en pointant toutefois la responsabilité de l'«aventurisme américain» dans ce drame ayant fait 176 morts. Le président iranien Hassan Rohani a promis à son homologue ukrainien de «traduire en justice» les coupables de la catastrophe du Boeing de ligne ukrainien abattu par un missile iranien, a annoncé samedi la présidence ukrainienne.

M. Rohani «a assuré que toutes les personnes impliquées dans la catastrophe aérienne seront traduites en justice», lors d'un entretien téléphonique avec le chef de l'Etat ukrainien Volodymyr Zelensky, selon le service de presse de ce dernier.

Le Moyen-Orient est le théâtre de fortes tensions entre les Etats-Unis et l'Iran, des ennemis jurés, surtout après l'élimination le 3 janvier du puissant général Qassem Soleimani, architecte de la stratégie iranienne au Moyen-Orient, dans un raid américain à Bagdad.

L'Iran a juré de venger sa mort et mercredi avant l'aube, le jour du vol fatal du Boeing 737, ses forces armées ont tiré des missiles sur des bases abritant des soldats américains en Irak, sans y faire de victimes.

Le vol PS752 de la compagnie Ukraine Airlines International (UAI) s'est lui aussi écrasé avant l'aube à l'ouest de Téhéran, très vite après son décollage. Les victimes sont essentiellement des Iraniens et des Canadiens, mais également des Afghans, des Britanniques, des Suédois et des Ukrainiens.

Une «grande tragédie»

Après avoir catégoriquement nié la thèse, privilégiée par plusieurs pays dont le Canada, selon laquelle l'avion aurait été touché par un missile, l'Iran a finalement reconnu l'avoir abattu.

«L'enquête interne des forces armées a conclu que de manière regrettable des missiles lancés par erreur ont provoqué le crash de l'avion ukrainien», a affirmé le président Hassan Rohani, parlant d'une «grande tragédie» et d'une «erreur impardonnable».

Selon l'agence de presse Fars, le guide suprême d'Iran Ali Khamenei a été prévenu vendredi qu'une erreur humaine était à l'origine de la catastrophe. Il a alors donné l'ordre que la vérité soit révélée.

Le chef de la diplomatie Mohammad Javad Zarif a exprimé des «excuses», tout en déplorant une «erreur humaine en des temps de crise causée par l'aventurisme américain (qui) a mené au désastre».

«Avion pris pour un missile»

Les forces armées ont expliqué dans un communiqué de l'état-major que l'appareil avait été pris pour une «cible hostile». Selon les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique d'Iran, l'avion semblait s'approcher d'un de leurs centres «militaires sensibles».

Le général de brigade Amirali Hajizadeh, commandant de la branche aérospatiale des Gardiens, a endossé la «responsabilité totale» du drame.

«J'aurais préféré mourir plutôt que d'assister à un tel accident. La nuit de l'accident (...) l'état d'alerte était au niveau guerre. Nous étions prêts pour un conflit total», à cause des menaces américaines, a-t-il indiqué dans une déclaration télédiffusée.

Le soldat chargé de tirer, a pris l'avion pour un «missile de croisière», a déclaré le général. Il a alors cherché à entrer en contact avec ses supérieurs pour «obtenir vérification de la cible» mais il n'a pas pu le faire car son système de communications a «apparemment été perturbé».

«Il avait 10 secondes» pour décider et il «a pris la mauvaise décision», a-t-il ajouté. Le missile a explosé près de l'appareil, selon lui.

Selon l'état-major, «le coupable» doit être traduit «immédiatement» en justice. Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a réclamé une «enquête complète et approfondie» qui établisse les responsabilités et le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exigé la punition des coupables et des compensations. Londres a qualifié de «premier pas important» l'aveu par l'Iran.

Pire catastrophe depuis 1988

Après le crash, une vidéo d'une vingtaine de secondes, qui montrerait le moment où un missile frappe l'appareil, a été largement diffusée sur les réseaux sociaux. On y voit un objet lumineux s'envoler rapidement vers le ciel et frapper ce qui semble être un avion.

Dès jeudi, Justin Trudeau a fait état d'«informations de sources multiples» selon lesquelles «l'avion a été abattu par un missile sol-air iranien».

Les appels à faire la vérité se sont ensuite multipliés, et l'Iran a promis une enquête «transparente».

Téhéran -avec qui Ottawa a rompu ses relations en 2012- a dit en outre attendre l'arrivée d'une équipe canadienne chargée de «s'occuper des affaires relatives aux victimes canadiennes».

Mais le chef de la diplomatie canadienne François-Philippe Champagne a affirmé que l'Iran avait délivré seulement deux visas à la douzaine de représentants canadiens attendus, précisant avoir «espoir qu'on pourra rapidement résoudre le cas des dix autres visas».

Après le drame, l'Iran a invité Boeing, le constructeur américain de l'avion, à participer à l'enquête, ainsi que les Américains, les Canadiens, les Français et les Suédois.

Il s'agit de la pire catastrophe connue par l'aviation civile en Iran depuis le drame de l'Airbus d'Iran Air (290 morts) que l'armée américaine avait assuré avoir abattu par erreur en 1988. (afp/nxp)

Créé: 11.01.2020, 18h08

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