Mardi 22 mai 2018 | Dernière mise à jour 02:57

Etats-Unis Le banquier turc écope de 32 mois de prison

Pour avoir installé un trafic pour contourner les sanctions contre l'Iran, le banquier turc Mehmet Atilla a écopé de 32 mois de prison.

Mehmet Atilla, âgé de 47 ans, est l'ex-directeur général adjoint de la banque publique turque Halkbank.

Mehmet Atilla, âgé de 47 ans, est l'ex-directeur général adjoint de la banque publique turque Halkbank. Image: AFP

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Mehmet Atilla, 47 ans, ex-directeur général adjoint de la banque publique turque Halkbank jugé coupable de fraude bancaire et de conspiration pour violer les sanctions, a été condamné par le juge fédéral Richard Berman à 32 mois de prison. Le banquier étant incarcéré à New York depuis son arrestation en mars 2017, la peine restant à purger devrait se limiter à 18 mois, alors que l'accusation réclamait jusqu'à 20 ans d'incarcération.

Selon la transcription de l'audience de mercredi, le juge Berman a donné en partie raison à la défense en estimant qu'Atilla n'avait joué qu'un «rôle mineur» dans ce trafic. Il a aussi souligné qu'Atilla apparaissait «moins coupable» que Reza Zarrab, qui fut le témoin-clé de l'accusation pendant les cinq semaines de procès du banquier, très suivi en Turquie.

Zarrab, un homme d'affaires turco-iranien célèbre en Turquie, qui avait pris Ankara par surprise à l'automne dernier en acceptant de plaider coupable dans cette affaire et de coopérer avec la justice américaine, avait décrit en détail à la barre l'instauration, à partir de 2012, d'un complexe schéma impliquant trafic d'or et livraisons fictives de nourriture entre l'Iran, la Turquie et Dubaï.

Erdogan était au courant

Ce trafic a permis à Téhéran, alors étouffé par les sanctions internationales, de percevoir malgré tout des milliards en devises en échange de ses hydrocarbures. Zarrab a notamment raconté comment le ministre turc de l'Economie d'alors, Zafer Caglayan, et le directeur général de la banque Halkbank, Suleyman Aslan, l'avaient aidé à monter ce trafic, avec la bénédiction de Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre.

Les avocats de la défense avaient présenté Atilla --seul sur le banc des accusés alors que le ministre Caglayan et sept autres personnes ont été inculpées dans cette affaire-- comme le bouc-émissaire de la justice américaine: il n'aurait été, selon eux, que l'exécutant honnête des consignes de ses supérieurs. Ils avaient aussi souligné qu'Atilla n'avait pas personnellement bénéficié de ce trafic, plaidant pour une peine la plus limitée possible.

Un «simulacre de procès», pour la Turquie

Aussi clémente que soit la sentence, le ministère turc des Affaires étrangères a réagi mercredi en réaffirmant qu'Atilla était «innocent». Il a dénoncé un «simulacre de procès», organisé sur la base de «preuves trafiquées et de fausses déclarations fabriquées par l'organisation terroriste de Fethullah Gülen», ennemi juré d'Erdogan réfugié aux Etats-Unis.

Le président Erdogan a plusieurs fois qualifié les poursuites contre Atilla de «complot» contre la Turquie, et l'affaire a contribué à tendre les relations turco-américaines. «Si Atilla devait être déclaré criminel, cela reviendrait presque à déclarer que la République turque est criminelle», affirmait-t-il encore lundi. Quant à Zarrab, sous la protection du FBI depuis qu'il a plaidé coupable, il attend encore de connaître sa peine. (ats/nxp)

Créé: 16.05.2018, 23h52

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