Lundi 18 novembre 2019 | Dernière mise à jour 01:25

Brexit L'accord trouvé passera-t-il devant le parlement?

Un contrat réglant les modalités du divorce entre Londres et Bruxelles a été annoncé ce jeudi matin par les deux parties. Mais il doit passer la rampe devant les députés.

La devise réagit

La livre sterling montait jeudi face au dollar, et face à l'euro dans une moindre mesure, atteignant de nouveaux sommets en cinq mois peu après l'annonce d'un accord sur le Brexit.

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Un accord sur le Brexit a été annoncé ce jeudi par Jean-Claude Juncker et le Premier ministre britannique Boris Johnson, juste avant un sommet européen et à l'issue de longues journées de tractations épineuses.

«Nous en avons un!», a lancé le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker sur son compte Twitter, alors que Boris Johnson se vantait d'«un excellent nouvel accord».

Jean-Claude Juncker, qui avait appelé le Premier ministre britannique dans la matinée, a qualifié l'accord d'«équitable et équilibré». Il a recommandé aux dirigeants des 27, qui commencaient à arriver à Bruxelles pour le sommet, de donner leur feu vert.

Dans la foulée de ces annonces, la livre a gagné 1% face au dollar, les milieux économiques redoutant les conséquences potentiellement dévastatrices d'un «no deal» le 31 octobre.

La ratification en question

Cet accord devra encore être ratifié par les parlements britannique et européen. Au Royaume-Uni, il devra notamment recevoir le soutien du petit parti nord-irlandais DUP, qui a rejeté jeudi le compromis sur l'accord de divorce.

Le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier a donné une conférence de presse visible ci-dessous, avant de s'entretenir avec les Etats membres.

Les négociateurs européens et britanniques ont encore travaillé d'arrache-pied depuis mercredi, pour leur deuxième nuit d'affilée. L'optimisme était revenu la semaine dernière à la suite d'un rapprochement entre Dublin et Londres.

Il s'agit du deuxième accord trouvé entre Londres et Bruxelles pour mettre en oeuvre le résultat du référendum britannique de juin 2016. Le premier, négocié par Theresa May, avait été rejeté à trois reprises par le parlement britannique.

Les unionistes récalcitrants

Boris Johnson, qui veut coûte que coûte un divorce à la fin du mois, a appelé les députés britanniques à approuver cet accord lors d'une séance parlementaire exceptionnelle samedi.

La mission de Boris Johnson devant son parlement sera délicate, car il n'a plus de majorité, et devra compter sans le soutien du DUP, qui fait partie d'une coalition parlementaire avec son Parti conservateur.

Ce parti unioniste nord-irlandais a douché l'optimisme en déclarant qu'il ne pouvait pas «soutenir ce qui est proposé sur les questions des douanes et du consentement (de l'exécutif nord-irlandais au projet de Brexit). Il a également regretté» un manque de clarté sur la TVA«, à savoir le régime de taxe qui sera appliqué en Irlande du Nord.

Le petit parti, qui compte 10 députés à la Chambre des Communes, affirme cependant qu'il «continuera à travailler avec le gouvernement pour parvenir à un accord raisonnable qui fonctionne pour l'Irlande du Nord et protège l'intégrité économique et constitutionnelle du Royaume-Uni».

Les travaillistes appellent à rejeter l'accord

Le chef du parti travailliste, principale formation d'opposition au Royaume-Uni, a appelé les députés britanniques à «rejeter» l'accord de Brexit entre Londres et l'Union européenne, rendant improbable l'adoption par le Parlement du texte, auquel s'oppose également le parti nord-irlandais DUP.

Cet accord «ne rassemblera pas le pays et doit être rejeté. La meilleure façon de résoudre le Brexit est de donner à la population le dernier mot lors d'un vote populaire», a déclaré Jeremy Corbyn, leader du Labour, qui a carrément qualifié cet accord de «pire encore que celui trouvé par Theresa May».

(afp/nxp)

Créé: 16.10.2019, 20h50

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