Mardi 7 avril 2020 | Dernière mise à jour 19:38

Afrique Bénin: situation confuse après les législatives

Après des élections législatives contestées, de violents heurts ont éclaté et le pouvoir est accusé de vouloir arrêter l'ex-président.

La capitale économique, Cotonou, est bloquée.

La capitale économique, Cotonou, est bloquée. Image: AFP

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De violents heurts ont éclaté au Bénin et la capitale économique, Cotonou, était bloquée quelques heures après l'annonce des résultats des élections législatives. Le scrutin a été marqué par un fort taux d'abstention et par l'absence de l'opposition.

Les opposants béninois se sont soulevés craignant l'arrestation imminente de l'ancien chef de l'Etat, Boni Yayi (1996-2006). Ce dernier avait appelé au boycottage des élections, puis avait lancé un ultimatum lundi pour demander au président Patrice Talon d'interrompre le processus électoral, qualifié de «coup d'Etat institutionnel».

Les manifestants ont scandé des slogans hostiles à Patrice Talon, promettant de «le faire partir», avant d'être dispersés par des jets de gaz lacrymogène. Ils ont mis le feu à une station-service proche du palais présidentiel et ont incendié des commerces privés et des banques.

Des soldats armés, des chars, et d'importants effectifs de police ont été déployés à travers la ville, et particulièrement dans le quartier de Cadjehoun, d'où s'échappaient d'épaisses fumées noires, et autour des grands sièges des médias. La capitale économique du pays s'est vidée en une heure, face à ces manifestations impromptues.

Deux «intouchables»

Le président Patrice Talon est accusé d'avoir amorcé un tournant autoritaire, dans ce pays modèle de démocratie en Afrique de l'Ouest, où se multiplient les intimidations et les arrestations contre les opposants. Lors des élections de dimanche, seuls deux partis proches du pouvoir étaient en lice, et internet a été coupé pendant près de 24 heures.

Lundi soir, alors que les résultats des législatives se faisaient attendre, son prédécesseur Boni Yayi, avait appelé le peuple «à se défendre». De son côté, le ministre de l'Intérieur, Sacca Lafia, a démenti toute intention d'arrêter l'ancien président, qui garde un fort soutien au sein de la classe populaire du pays. Pour de nombreux experts, l'opposition béninoise a choisi de mettre en avant les anciens chefs d'Etat Nicéphore Soglo (1991-1996) et Boni Yayi (2006-2016) car ils sont «intouchables».

Mercredi matin, la commission électorale a annoncé les résultats préliminaires des législatives, marquée par une participation d'à peine 23%. Le taux de participation à des élections n'était jamais descendu sous la barre des 50% depuis que le Bénin est entré en démocratie en 1990.

L'opposition n'a pu présenter de candidats, officiellement pour des raisons administratives. Seuls deux partis proches du pouvoir se sont affrontés et se partageront les 83 sièges du nouveau Parlement. (ats/nxp)

Créé: 01.05.2019, 23h40

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