Vendredi 18 octobre 2019 | Dernière mise à jour 07:48

Brésil Le Brésil va commémorer le coup d'Etat de 1964

Le président brésilien, admirateur de la dictature, a ordonné lundi une commémoration du coup d'Etat militaire de 1964.

Image d'archive de Jair Bolsonaro.

Image d'archive de Jair Bolsonaro. Image: AFP

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Le président du Brésil Jair Bolsonaro a ordonné lundi que soient organisées dans les casernes «les commémorations qui se doivent» pour le 55e anniversaire du coup d'Etat du 31 mars 1964 qui avait installé une dictature militaire de 21 ans, a annoncé son porte-parole.

«Notre président a ordonné au ministère de la Défense d'organiser les commémorations qui se doivent liées au 31 mars 1964», a déclaré à la presse Otávio Régo Barros au palais présidentiel de Planalto. Interrogé sur ce que recouvraient ces célébrations, il a répondu: «ce que les commandants choisiront dans leurs garnisons, et dans le contexte dans lequel elles doivent être réalisées».

M. Bolsonaro, ex-capitaine chez les parachutistes et dont le gouvernement comprend huit militaires parmi les 22 ministres, est un admirateur déclaré de la période de la dictature. «Le président ne considère pas le 31 mars 1964 comme un coup d'Etat militaire», a précisé le porte-parole. «Il considère que la société rassemblée, sentant le danger que le pays était en train de vivre», a réussi ce jour-là en unissant «des civils et des militaires, à récupérer le pays et le remettre en marche». Sans cela, «aujourd'hui nous aurions ici un type de gouvernement qui ne serait bon pour personne», a-t-il ajouté.

Déclarations polémiques

Thuriféraire du régime militaire au Brésil, Jair Bolsonaro a également, depuis sa prise de fonctions le 1er janvier, cautionné les autres dictatures latino-américaines, comme celles du Paraguayen Alfredo Stroessner (1954-1989) et du Chilien Augusto Pinochet (1973-1990).

Ces régimes participaient au Plan Condor, une coordination répressive en Amérique du sud, aux côtés de ceux d'Argentine, Bolivie, Uruguay et Brésil. Avant la visite de M. Bolsonaro à Santiago la semaine dernière, le Frente Amplio de Chile (opposition, gauche) avait demandé au président Sebastian Pinera de déclarer le chef d'Etat brésilien persona non grata, car porteur d'un «discours de haine» et admirateur du régime Pinochet.

Jair Bolsonaro ne s'en est jamais caché, et a bâti une partie de sa popularité sur ce goût de l'autorité, multipliant les déclarations polémiques. En juin 2016, il avait affirmé à la radio Jovem Pan: «l'erreur de la dictature a été de torturer sans tuer».

434 assassinats

Lors de la séance de la Chambre des députés où a été votée en avril 2016 la destitution de la présidente Dilma Rousseff (ex-guérillera torturée par les militaires), M. Bolsonaro avait dédié son vote au colonel qui était le chef du renseignement sous la dictature, accusé d'au moins six assassinats sous la torture. «A la mémoire du colonel Carlos Alberto Brilhante Ustra, la terreur de Rousseff (...), je vote oui!». En 2011, Mme Rousseff avait interdit à tous les corps de l'armée quelque commémoration que ce soit de la dictature.

Selon la Commission nationale de la vérité, il y eut durant la dictature brésilienne 434 assassinats et des centaines de détentions arbitraires et de tortures d'opposants. Des documents déclassifiés aux Etats-Unis l'année dernière ont montré que l'élimination de dissidents se décidait au palais présidentiel.

A la suite de l'éviction du président Joao Goulart en 1964, cinq généraux se sont succédé jusqu'en 1985 à la tête de la junte, qui a maté le congrès et l'a réorganisé autour d'un parti officiel (Arena) et d'une opposition contrôlée (MDB).

Le régime s'est durci en 1968 avec l'interdiction des manifestations, la censure et le jugement des prisonniers politiques par des tribunaux militaires. Des opposants et des artistes ont été arrêtés et beaucoup se sont exilés, comme les musiciens Gilberto Gil et Caetano Veloso. (afp/nxp)

Créé: 26.03.2019, 03h40


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