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Etats-Unis Bolton, un va-t-en-guerre pour conseiller Trump

Le futur conseiller à la sécurité nationale du président est un néoconservateur connu pour ses positions très dures à l'égard de l'Iran ou de la Russie.

John Bolton le 24 février 2017 au CPAC, dans le Maryland.

John Bolton le 24 février 2017 au CPAC, dans le Maryland. Image: Keystone

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En images, les décisions de Trump à la Maison Blanche 2 Dès son intronisation, le nouveau président a signé des décrets souvent controversés qui tranchent avec l'administration Obama. Sa présence à la Maison Blanche continue de faire des remous auprès des citoyens.

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John Bolton, le futur conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, est un néoconservateur connu pour ses positions très dures à l'égard de l'Iran ou de la Russie, voire va-t-en-guerre contre la Corée du Nord.

Cet avocat de formation de 69 ans aux fines lunettes et à l'épaisse moustache blanche ne mâche pas ses mots: durant son passage mouvementé de 18 mois comme ambassadeur des Etats-Unis aux Nations unies sous la présidence de George W. Bush en 2005-2006, il avait marqué l'organisation mondiale sans toujours faire preuve de diplomatie.

Son nom avait été cité pour devenir secrétaire d'Etat ou conseiller à la sécurité nationale -- déjà -- aux débuts de la présidence Trump. Laissé de côté, John Bolton, un des chefs de file des «faucons» unilatéralistes au sein des républicains, ne s'est pas privé, depuis l'arrivée du milliardaire à la Maison Blanche début 2017, de dispenser ses conseils sur ses dossiers fétiches, l'Iran et la Corée du Nord, profitant de la tribune que lui offre son poste de chroniquer sur Fox News, la chaîne préférée du président.

Il tient donc sa revanche, au moment où Donald Trump semble vouloir mettre son équipe de politique étrangère au diapason avec son slogan «America First», «l'Amérique d'abord».

«L'ambassadeur Bolton représente le pire de l'aventurisme américain en politique étrangère», a réagi Diplomacy Works, un centre de réflexion, d'anciens de l'administration démocrate de Barack Obama, dénonçant son goût pour «l'interventionnisme militaire».

Au contraire, le sénateur républicain Lindsey Graham a salué le choix présidentiel, «une bonne nouvelle pour les alliés de l'Amérique et une mauvaise nouvelle pour les ennemis de l'Amérique». Ses positions seront-elles aussi tranchées à la tête de l'équipe chargée d'aider Donald Trump a forger sa politique de sécurité nationale? Et seront-elles suivies par le président?

Frappes «légitimes» contre Pyongyang?

Comme le futur chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo et l'ambassadrice à l'ONU Nikki Haley, John Bolton fait partie de ceux qui plaident pour «sortir de l'accord iranien» signé en 2015 par les grandes puissances avec Téhéran pour l'empêcher de se doter de l'arme nucléaire.

Une position qui va dans le sens des promesses de campagne de Donald Trump, qui menace de s'en retirer si ce texte n'est pas renforcé. Il est aussi un partisan déclaré des guerres «préventives» -- il fut l'un des artisans de l'invasion de l'Irak en 2003. Une position qui résonne fortement à l'approche du sommet historique entre Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

Le futur conseiller n'a pas caché son scepticisme quant aux possibilités de dissuasion nucléaire classique avec Pyongyang, «comme avec l'Union soviétique au temps de la guerre froide». «Cette position est profondément biaisée», a-t-il dit récemment sur Twitter, plaidant plutôt de montrer les muscles de l'armée américaine aux Nord-Coréens.

Dans une tribune fin février dans le Wall Street Journal, il s'est fait encore plus clair: «il est parfaitement légitime pour les Etats-Unis de répondre» à «la menace» représentée par une Corée du Nord nucléaire «en frappant les premiers», a-t-il écrit. «Combien de temps doit attendre l'Amérique avant d'agir pour éliminer cette menace?»

Pas sur la même longueur d'onde sur Moscou

Sur la Russie et son président fraîchement réélu Vladimir Poutine, John Bolton, partisan de sanctions beaucoup plus larges que celles, symboliques, récemment annoncées par l'administration américaine, risque en revanche de ne pas être sur la même longueur d'onde que le président, plus rarement enclin à critiquer Moscou.

Né le 20 novembre 1948 dans un milieu modeste de la banlieue de Baltimore, dans le Maryland, John Bolton, diplômé de la prestigieuse université de Yale, s'était fait remarquer durant ses études par ses positions anticommunistes, notamment pendant la guerre du Vietnam.

Avant sa nomination à l'ONU, il avait occupé différents postes gouvernementaux sous les présidences de Ronald Reagan et de George Bush père. Au département d'Etat, il avait été chargé des relations avec les organisations internationales (1989-1993). Avant cela, il avait travaillé au ministère de la Justice (1985-1989) et à l'agence américaine pour le développement USAID (1981-1983). (afp/nxp)

Créé: 23.03.2018, 01h45

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