Dimanche 12 juillet 2020 | Dernière mise à jour 11:14

Royaume-Uni Boris Johnson tente sans panache d'éteindre l'incendie

Parfois bafouillant, le Premier ministre britannique a parlé de «distraction» pour excuser le comportement de son conseiller pendant le confinement.

«Il est correct de dire que c'est une distraction», a concédé mercredi Boris Johnson.

«Il est correct de dire que c'est une distraction», a concédé mercredi Boris Johnson. Image: Keystone

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Attaqué frontalement par les députés, le Premier ministre britannique Boris Johnson a tenté mercredi d'éteindre l'incendie provoqué par les déplacements de son conseiller Dominic Cummings en plein confinement. Un scandale ravageur pour la popularité de son camp.

«Je comprends totalement l'indignation du public», a déclaré le premier ministre, mitraillé de questions par des députés, y compris de son Parti conservateur, devant lesquels, parfois bafouillant, il a tenté de défendre sa position devant le comité de liaison de la Chambre des communes.

«Il est correct de dire que c'est une distraction», a-t-il concédé. Mais dans ce cas, «il est temps désormais de passer à autre chose» et de se concentrer sur la lutte contre le coronavirus.

Absence d'excuses

Dominic Cummings a assuré s'être rendu chez ses parents à Durham (nord), à 400 kilomètres de Londres, parce qu'il craignait d'être contaminé par le coronavirus et cherchait une solution de garde pour son enfant. Ses explications n'ont pas convaincu.

Son absence d'excuses et de regrets a été particulièrement mal vue, ainsi qu'un second déplacement d'une quarantaine de kilomètres en voiture, censé vérifier qu'il pouvait conduire en toute sécurité car sa vue avait été affectée par le virus.

Ravages

A la une des journaux depuis cinq jours, cette affaire fait des ravages dans l'opinion – même si, selon Boris Johnson, certaines des accusations sont «totalement fausses». Un sondage publié mercredi montre que le soutien du public au Parti conservateur a chuté de neuf points en une semaine, atteignant désormais 44%. Le principal parti d'opposition, le Labour, a gagné cinq points à 38%.

Au sein même du camp tory, près d'une quarantaine de députés demandent le départ de M. Cummings et un secrétaire d'Etat a démissionné mardi.

«L'affaire Cummings semble avoir vraiment atteint l'opinion publique et a eu rapidement des conséquences négatives sur le soutien au gouvernement en général et au Premier ministre en particulier», a estimé Tim Bale, professeur en politique à l'université Queen Mary de Londres. Cela risque de «déclencher et renforcer une inquiétude partagée de longue date par les électeurs que le Parti conservateur se soucie plus de ses riches amis que des gens ordinaires».

Même si le très influent conseiller a reçu le soutien de Boris Johnson, venu deux fois devant la presse pour le défendre, les sondages montrent qu'une très large majorité des Britanniques estiment qu'il a enfreint les règles du confinement et qu'il devrait quitter son poste.

Cummings a «déconné»

Même la soeur du Premier ministre, Rachel Johnson, s'en est mêlée, affirmant mercredi à ITV qu'à la place de M. Cummings, elle aurait reconnu avoir «déconné».

L'affaire donne «le sentiment qu'il y a deux types de règles, pour ceux au pouvoir et le reste d'entre nous», a déclaré mercredi à la BBC un pasteur qui a demandé, sans succès, au gouvernement d'annuler les amendes infligées aux personnes n'ayant pas respecté le confinement pour des motifs de garde d'enfant.

Elle montre aussi le poids de M. Cummings auprès de Boris Johnson, au moment où le premier ministre opère un assouplissement du confinement. Un tournant délicat pour le chef du gouvernement, accusé d'avoir tardé à réaliser l'ampleur de la pandémie et à instaurer des mesures pour empêcher sa propagation. «Il est clair que le Premier ministre a besoin de M. Cummings», note le Times. (ATS/Le Matin)

Créé: 27.05.2020, 19h12

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